vendredi, novembre 28, 2003
"Ne cherchez pas à en savoir plus à mon propos"
Ainsi parlait Patrick O'Brian, auteur d'une série de romans maritimes assez connus (surtout outre-Manche et Atlantique), qui vient d'être portée à l'écran. A cause de ce film, la vie de cet auteur (décédé) est ramenée sur le devant de la scène, et ce n'est pas joli à voir : son fils, agacé de cette intrusion dans sa vie (puisqu'il s'agit du fait que son père a abandonné sa famille), explique ce qu'était l'homme en précisant qu'il ne faut jamais confondre l'oeuvre avec le personnage.
Ca vaut pour tous les écrivains : moins on en sait, mieux on se porte.
Voilà, c'était la petite dernière pour la route, bon week-end sans moi !
La caravane passe, les chiens aboient /
Ca vaut pour tous les écrivains : moins on en sait, mieux on se porte.
Voilà, c'était la petite dernière pour la route, bon week-end sans moi !
La caravane passe, les chiens aboient /
Nan !
Pas de livres récents de Barbara Cartland ! Elle est morte, crétin !
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Je pense que certains écrivains brésiliens sont bien agités du bocal
Car le roi, c'est Salomon, le livre commandé, c'est la Bible, et sous la bergère se cache peut-être une jeune psychopathe du XXIe siècle.
Maocyr Scliar (dans Le Monde, PDF, page 3 -- ça commence à me gonfler cette histoire de PDF, d'ailleurs) se paye un petit délire sur l'écriture de la Bible par une esclave du Roi Salomon. Ou alors, c'est le critique qui n'a rien compris.
J'aime bien quand Scliar s'amuse lui aussi à parler ponctuation à sa manière :
Elle ne savait ni lire ni écrire mais connaissait tous les signes graphiques, le point, la virgule -- qui la rendait toujours songeuse -- le point d'interrogation et d'exclamation -- qui lui donnaient des crises de rire... Mais ce qui lui plaisait vraiment, c'étaient les points de suspension. Elle savait qu'ils servaient à faire penser, le regard perdu, au monde, à la vie...
La caravane passe, les chiens aboient /
Maocyr Scliar (dans Le Monde, PDF, page 3 -- ça commence à me gonfler cette histoire de PDF, d'ailleurs) se paye un petit délire sur l'écriture de la Bible par une esclave du Roi Salomon. Ou alors, c'est le critique qui n'a rien compris.
J'aime bien quand Scliar s'amuse lui aussi à parler ponctuation à sa manière :
Elle ne savait ni lire ni écrire mais connaissait tous les signes graphiques, le point, la virgule -- qui la rendait toujours songeuse -- le point d'interrogation et d'exclamation -- qui lui donnaient des crises de rire... Mais ce qui lui plaisait vraiment, c'étaient les points de suspension. Elle savait qu'ils servaient à faire penser, le regard perdu, au monde, à la vie...
La caravane passe, les chiens aboient /
Montaigne se vent bien
Il faudrait inventer une nouvelle catégorie d'écrivains : ceux qui n'écrivent que des titres
I have writer's block. We've had a tough few months here in Nova Scotia. Our old cat died and one of the kittens we got to replace it died, my husband's grandmother died and then his elderly aunt died, I had a miscarriage and then my mother got sick. Recently, I've been blaming my writer's block on these unhappy events. The truth is, though, I often have writer's block. As much as I'd like to think it's an aberration there is clear evidence that it is not a new thing. A quick glance at my old Word files from months or even years ago reveals the crazy titles of dozens of short stories, short stories that I meant to write but didn't.
Stephany Aulenback bloggue chez Maud Newton et décrit avec acuité une situation similaire à la mienne, néanmoins je me vois obligée de protester : n'écrire que des titres d'oeuvres inexistantes n'est pas une preuve de vertige de la page blanche provoquée par des problèmes familiaux (quoique de l'extérieur j'admet que ça peut en avoir l'air, même pour ceux qui le vivent), c'est une nouvelle forme d'art conceptuelle. C'est juste dommage que je ne sois pas seule au monde dans ce cas : je me serais fait une réputation unique comme ça. Maintenant, évidemment, ce n'est plus aussi original.
La caravane passe, les chiens aboient /
Stephany Aulenback bloggue chez Maud Newton et décrit avec acuité une situation similaire à la mienne, néanmoins je me vois obligée de protester : n'écrire que des titres d'oeuvres inexistantes n'est pas une preuve de vertige de la page blanche provoquée par des problèmes familiaux (quoique de l'extérieur j'admet que ça peut en avoir l'air, même pour ceux qui le vivent), c'est une nouvelle forme d'art conceptuelle. C'est juste dommage que je ne sois pas seule au monde dans ce cas : je me serais fait une réputation unique comme ça. Maintenant, évidemment, ce n'est plus aussi original.
La caravane passe, les chiens aboient /
La directrice des éditions jeunesse Gallimard s'appelle Hedwige : ça ne s'invente pas !
Dernier article en date sur Harry Potter : le meilleur que j'ai jamais lu. Il parle de TOUT.
Dans le désordre :
-J.K., sa vie, son oeuve, ses goûts, ses bonnes actions, son refus de croire à la magie
-HP en latin permet de découvrir que ce n'est pas une langue si morte que ça
-HP fait lire les enfants
-HP fait fulminer les fondamentalistes et les Polonais
-Les fanfictions (ah, dommage qu'ils ne citent pas explicitemment quelques sites, faut vraiment tout faire soi-même : Fanfiction.net et Fiction Alley, le deuxième ayant ma préférence ; et il y en a plein d'autres)
-Les fanarts
-Les traductions pirates (moi la française, je ne l'ai pas vu passer sur internet, pourtant, j'ai réussi à dénicher l'allemande un jour)
-Jean-François Ménard est un génie. Et mieux enore, JFM est un dieu
-HP et les adultes (HP et moi, pour simplifier) : le transgénérationnel (!!!!!!!!!!!!!!!!!)
-HP et la maternelle (sans rire. Même que les petits se forcent à apprendre à lire pour lire HP)
-Un petit bout de Philip Pullman, parce que JK et Philip ne vont presque plus l'un sans l'autre
-HP et les jeux vidéos et les jeux de rôle (mouais...)
-Les messages, les clins d'oeil, les niveaux de lecture
-Les conneries de ceux qui n'ont pas lu les livres («La répartition des sexes est très stéréotypée, et on voit qu'Hermione doit beaucoup travailler pour parvenir au niveau de Harry, qui jouit de qualités innées. [...] Les élèves des différentes maisons, Poufsouffle, Serdaigle, Gryffondor et Serpentard, sont catégorisés comme les classes sociales de l'Ancien Régime, s'indigne l'universitaire. Surtout, l'auteur distingue très nettement la plèbe moldue et méprisable, de l'élite sorcière, qui bénéficie d'un don de naissance.»)
-HP va écraser le reste de la littérature jeunesse, sauf que HP a fait en sorte que toutes le grandes maisons d'édition créent leur collection jeunesse
- HP, ou la réhabilitation des écrivains pour la jeunesse
Ouf !
La caravane passe, les chiens aboient /
Dans le désordre :
-J.K., sa vie, son oeuve, ses goûts, ses bonnes actions, son refus de croire à la magie
-HP en latin permet de découvrir que ce n'est pas une langue si morte que ça
-HP fait lire les enfants
-HP fait fulminer les fondamentalistes et les Polonais
-Les fanfictions (ah, dommage qu'ils ne citent pas explicitemment quelques sites, faut vraiment tout faire soi-même : Fanfiction.net et Fiction Alley, le deuxième ayant ma préférence ; et il y en a plein d'autres)
-Les fanarts
-Les traductions pirates (moi la française, je ne l'ai pas vu passer sur internet, pourtant, j'ai réussi à dénicher l'allemande un jour)
-Jean-François Ménard est un génie. Et mieux enore, JFM est un dieu
-HP et les adultes (HP et moi, pour simplifier) : le transgénérationnel (!!!!!!!!!!!!!!!!!)
-HP et la maternelle (sans rire. Même que les petits se forcent à apprendre à lire pour lire HP)
-Un petit bout de Philip Pullman, parce que JK et Philip ne vont presque plus l'un sans l'autre
-HP et les jeux vidéos et les jeux de rôle (mouais...)
-Les messages, les clins d'oeil, les niveaux de lecture
-Les conneries de ceux qui n'ont pas lu les livres («La répartition des sexes est très stéréotypée, et on voit qu'Hermione doit beaucoup travailler pour parvenir au niveau de Harry, qui jouit de qualités innées. [...] Les élèves des différentes maisons, Poufsouffle, Serdaigle, Gryffondor et Serpentard, sont catégorisés comme les classes sociales de l'Ancien Régime, s'indigne l'universitaire. Surtout, l'auteur distingue très nettement la plèbe moldue et méprisable, de l'élite sorcière, qui bénéficie d'un don de naissance.»)
-HP va écraser le reste de la littérature jeunesse, sauf que HP a fait en sorte que toutes le grandes maisons d'édition créent leur collection jeunesse
- HP, ou la réhabilitation des écrivains pour la jeunesse
Ouf !
La caravane passe, les chiens aboient /
Bon, je crois que maintenant on est au courant qu'elle est lesbienne, mais vous savez qu'elle est auteur aussi ? Incroyable, les deux sont compatibles
«La pornographie, il y a un siècle, n’était pas le business qu’elle est devenue. C’était un moyen de satire politique. Nous vivons une période saturée par le sexe et la violence. Alors qu’au XIXe siècle tout était refoulé. L’homosexualité masculine faisait sans doute scandale, mais le désir lesbien n’était pas encore défini en tant que tel. Les femmes passaient pourtant beaucoup de temps ensemble, partageaient souvent le même lit. Les catégories étaient moins bien établies, et les interdits pesaient moins sur les personnes. Le fantasme était partout répandu, il pouvait naître de la vision d’un gant ou d’une bottine, tandis qu’aujourd’hui le corps est si exposé qu’il a perdu tout son pouvoir ancien de séduction.»
Sarah Waters parle de l'homsexualité au 19ème, et dans la foulée, son roman est complètement oublié dans l'article. Cherchez l'erreur.
La caravane passe, les chiens aboient /
Sarah Waters parle de l'homsexualité au 19ème, et dans la foulée, son roman est complètement oublié dans l'article. Cherchez l'erreur.
La caravane passe, les chiens aboient /
Il ne nous avait pas encore tout fait
Lors de la remise du prix de Flore à Pierre Mérot, Eléanor, vedette britannique du jeu de téléréalité «Nice People» diffusé au printemps, s’est faufilée dans la foule d’éditeurs, de journalistes et d’écrivains. La raison de sa présence? La collaboration prochaine de la jeune Anglaise avec Frédéric Beigbeder, directeur littéraire chez Flammarion, pour ce qui se voudrait un nouveau roman à la Bridget Jones.
(Vian le Nouvel Observateur)
La caravane passe, les chiens aboient /
(Vian le Nouvel Observateur)
La caravane passe, les chiens aboient /
Difficile de lutter contre l'oubli
J'ai parlé de ce livre sur ce blog le 13 Août, et il a sa première critique... le 27 novembre.
Pour un livre qui veut rappeler aux Français oublieux les grands auteurs anglais qu'ils ont un peu négligés, se faire oublier quelle ironie.
La caravane passe, les chiens aboient /
Pour un livre qui veut rappeler aux Français oublieux les grands auteurs anglais qu'ils ont un peu négligés, se faire oublier quelle ironie.
La caravane passe, les chiens aboient /
Pour le 1/4 de 7ème des 0,1 lecteurs et demi que ça intéresse
La précédente table de nuit (colonne de gauche, et avec des images, maintenant ! C'est qu'on commence à sortir de l'ère jurassique dans ce blog) est loin d'être terminée (mois très chargé par ailleurs : tu vois, Iok, aucune honte à avoir, ça arrive à tout le monde), et j'attaque la suivante. J'ai commencé à la mettre en place : beaucoup de littérature enfantine, parce que la période de Noël c'est le meilleur moment pour ça (et puis parce que Gibert a eu de nouveau chargement de livres d'occasion).
Edit : Définitivement actualisée.
La caravane passe, les chiens aboient /
Edit : Définitivement actualisée.
La caravane passe, les chiens aboient /
Les (més)aventures de Super-Hachette
Rappel : Super-Hachette = Editis = Anciennement VUP
Si vous avez manqué des épisodes, toutes les aventures palpitantes du gros navire menacé de sabordage, retracée par le Nouvel Obs. Pas toujours facile, facile d'être un requin de nos jours.
Plus sérieusement, cette histoire de distribution est très grave. Hachette est déjà le plus gros distributeur français : les relais H, c'est eux. Mais s'il garde le groupe Malesherbes, très gros groupe de distribution, il pourrait bien représenter la majorité de la distribution française. Ce qui veut dire, en clair, que si vous êtes un petit éditeur soit trop petit pour être lié à Hachette, soit trop indépendant pour accepter d'être diffusé par eux, soit en bisbille avec eux, vous pouvez tout simplement faire une croix sur votre métier : avec son monopole, Hachette pourra sans problème faire pression chez les libraires pour que vos livres ne soient plus pris et mis en vente. Il ne sert à rien de publier si vous n'êtes vendu nulle part...
La caravane passe, les chiens aboient /
Si vous avez manqué des épisodes, toutes les aventures palpitantes du gros navire menacé de sabordage, retracée par le Nouvel Obs. Pas toujours facile, facile d'être un requin de nos jours.
Plus sérieusement, cette histoire de distribution est très grave. Hachette est déjà le plus gros distributeur français : les relais H, c'est eux. Mais s'il garde le groupe Malesherbes, très gros groupe de distribution, il pourrait bien représenter la majorité de la distribution française. Ce qui veut dire, en clair, que si vous êtes un petit éditeur soit trop petit pour être lié à Hachette, soit trop indépendant pour accepter d'être diffusé par eux, soit en bisbille avec eux, vous pouvez tout simplement faire une croix sur votre métier : avec son monopole, Hachette pourra sans problème faire pression chez les libraires pour que vos livres ne soient plus pris et mis en vente. Il ne sert à rien de publier si vous n'êtes vendu nulle part...
La caravane passe, les chiens aboient /
L'elficologue II, l'écologie de l'âme
Quelle est la différence entre les lutins, les fées et les elfes ?
Les lutins sont des esprits de la Terre, des créatures familières. On peut faire alliance avec un lutin. On peut l'approcher et même jouer avec lui. Le jour où on le trahit, on ne risque guère plus qu'une baffe. Les fées représentent la quête éternelle, ce sont des marraines généralement bienveillantes. Si on rompt le pacte avec une fée, elle s'en va définitivement. Comme les lutins et les fées, les elfes remontent au plus lointain des âges, avant les hommes. Ce sont des esprits aériens, fuyants, qui ne viennent pas quand on les appelle.
Lorsque Stevenson écrivait, il faisait appel aux brownies, une race d'elfes domestiques. Pour les apprivoiser, il laissait un petit peu de tabac, un biscuit sur la table. Il ne les voyait jamais, mais quand il arrivait le matin, il disait : «Les brownies ont bien écrit.» Sans eux, il n'aurait sans doute pas pu rédiger l'Etrange Cas du docteur Jekyll et de Mr. Hyde.
[...]
Vous parliez de Stevenson, d'autres auteurs les ont-ils invoqués ?
On trouve énormément de traces d'elfes chez les romantiques allemands comme Ludwig Tieck ou Heinrich Heine ; chez les Anglo-Saxons comme Shakespeare, Walter Scott, ou encore en France avec Charles Nodier, Victor Hugo, Leconte de Lisle et Lamartine. Sans doute parce qu'un elfe est plus poétique qu'un lutin qui a un côté nain de jardin. Les écrivains évoquent souvent les sylphes, liés à l'art, au rêve, à la musique.
Et dans la fantasy qui fait les têtes de gondoles de nos jours ?
Je n'aime pas trop la fantasy. J'aime le Theodore Sturgeon du Crystal qui songe, le Henry James du Tour d'écrou et même l'esprit héroïque qu'on peut trouver dans Harry Potter. Je suis plutôt un lecteur de fantastique, d'Edith Wharton, des soeurs Brontë, des victoriennes qui ont écrit sur les fantômes. Le fantastique féminin victorien touche cette petite étincelle, ce petit décalage où tout s'ouvre. Le fantastique joue sur notre propre choix d'y croire ou de ne pas y croire. C'est l'esprit elfique, mettre sur une lisière évanescente. «Est-ce que je te fais peur ou pas peur ? Tu viens ou tu viens pas ?», demande l'elfe.
Nouvelle interview de Pierre Dubois à l'occasion de la sortie de son livre L'Encyclopédie des Elfes. Chaque fois que je lis ce que dit ou écrit cet homme, je me sens mieux. Il est magique :
Autrefois, quand un paysan labourait son champ, il laissait toujours un petit coin en friche pour les fées et les elfes. En même temps, c'était une réserve pour la faune et la flore. Les contes prônaient une certaine écologie de l'âme.
La caravane passe, les chiens aboient /
Les lutins sont des esprits de la Terre, des créatures familières. On peut faire alliance avec un lutin. On peut l'approcher et même jouer avec lui. Le jour où on le trahit, on ne risque guère plus qu'une baffe. Les fées représentent la quête éternelle, ce sont des marraines généralement bienveillantes. Si on rompt le pacte avec une fée, elle s'en va définitivement. Comme les lutins et les fées, les elfes remontent au plus lointain des âges, avant les hommes. Ce sont des esprits aériens, fuyants, qui ne viennent pas quand on les appelle.
Lorsque Stevenson écrivait, il faisait appel aux brownies, une race d'elfes domestiques. Pour les apprivoiser, il laissait un petit peu de tabac, un biscuit sur la table. Il ne les voyait jamais, mais quand il arrivait le matin, il disait : «Les brownies ont bien écrit.» Sans eux, il n'aurait sans doute pas pu rédiger l'Etrange Cas du docteur Jekyll et de Mr. Hyde.
[...]
Vous parliez de Stevenson, d'autres auteurs les ont-ils invoqués ?
On trouve énormément de traces d'elfes chez les romantiques allemands comme Ludwig Tieck ou Heinrich Heine ; chez les Anglo-Saxons comme Shakespeare, Walter Scott, ou encore en France avec Charles Nodier, Victor Hugo, Leconte de Lisle et Lamartine. Sans doute parce qu'un elfe est plus poétique qu'un lutin qui a un côté nain de jardin. Les écrivains évoquent souvent les sylphes, liés à l'art, au rêve, à la musique.
Et dans la fantasy qui fait les têtes de gondoles de nos jours ?
Je n'aime pas trop la fantasy. J'aime le Theodore Sturgeon du Crystal qui songe, le Henry James du Tour d'écrou et même l'esprit héroïque qu'on peut trouver dans Harry Potter. Je suis plutôt un lecteur de fantastique, d'Edith Wharton, des soeurs Brontë, des victoriennes qui ont écrit sur les fantômes. Le fantastique féminin victorien touche cette petite étincelle, ce petit décalage où tout s'ouvre. Le fantastique joue sur notre propre choix d'y croire ou de ne pas y croire. C'est l'esprit elfique, mettre sur une lisière évanescente. «Est-ce que je te fais peur ou pas peur ? Tu viens ou tu viens pas ?», demande l'elfe.
Nouvelle interview de Pierre Dubois à l'occasion de la sortie de son livre L'Encyclopédie des Elfes. Chaque fois que je lis ce que dit ou écrit cet homme, je me sens mieux. Il est magique :
Autrefois, quand un paysan labourait son champ, il laissait toujours un petit coin en friche pour les fées et les elfes. En même temps, c'était une réserve pour la faune et la flore. Les contes prônaient une certaine écologie de l'âme.
La caravane passe, les chiens aboient /
Et les verbes du 4ème groupe ?
Toujours eu honte de votre grammaire ? Peur que quelqu'un remarque que vous conjuguez tous vos verbes de la même manière (imparfait, passé simple, futur, conditionnel : pas de sectarisme, tous abonnés à la même terminaison -ai) ? Peur d'être associé à quelqu'un d'aussi allergique à la conjugaison que moi ?
Réjouissez-vous ! Internet n'a été inventé que pour vous venir en aide ! Maintenant, au moindre petit doute, allez faire conjuguer vos verbes, même ceux qui n'existent pas.
Parce qu'il faut bien que je blogguasse, que tu blogguasses, qu'il blogguât, que nous blogguassions, que vous blogguassiez, qu'ils blogguassent correctement.
(Via IokanaaN)
La caravane passe, les chiens aboient /
Réjouissez-vous ! Internet n'a été inventé que pour vous venir en aide ! Maintenant, au moindre petit doute, allez faire conjuguer vos verbes, même ceux qui n'existent pas.
Parce qu'il faut bien que je blogguasse, que tu blogguasses, qu'il blogguât, que nous blogguassions, que vous blogguassiez, qu'ils blogguassent correctement.
(Via IokanaaN)
La caravane passe, les chiens aboient /
Mon mec à moi...
Peut-on appeler "écrire" n'importe quelle tentative de représentation d'une ébauche de pensée par le biais de symboles graphiques incohérents couchés dans le désordre au mépris total de la grammaire, de la syntaxe, de l'orthographe et du souvenir de mon aïeule Germaine Philippin, institutrice de l'époque missionnaire, qu'une cédille oubliée décourageait aux larmes.
Pierre Desproges (Chroniques de la haine ordinaire)
Règles n°1 pour se re-soulever les zigomatiques en berne : aller faire un tour sur le site de Pierre Desproges.
Je vous ai déjà dis que j'étais amoureuse de Desproges depuis que j'étais petite ? Et jusqu'à ma dernière heure...
La caravane passe, les chiens aboient /
Pierre Desproges (Chroniques de la haine ordinaire)
Règles n°1 pour se re-soulever les zigomatiques en berne : aller faire un tour sur le site de Pierre Desproges.
Je vous ai déjà dis que j'étais amoureuse de Desproges depuis que j'étais petite ? Et jusqu'à ma dernière heure...
La caravane passe, les chiens aboient /
jeudi, novembre 27, 2003
Outre-blog
Je n'aime pas Don De Lillo. Posons ça en postulat de départ : j'ai commencé Mao II, je suis arrivée au tiers du livre, et j'ai eu l'impression qu'on se foutait de moi. Mais peut-être est-ce parce que Mao II est un sale bouquin de merde comparé au reste de la production delillienne. Pour le coup, je veux bien le croire, ce sont des choses qui arrivent plus souvent qu'on ne le croit.
Je vous renvoie donc à un amateur qui a trouvé 7 "bonnes" raisons de lire Outremonde. J'hésite entre la 3 et la 5 pour me décider à réessayer De Lillo :
5- Parce que le livre de Don DeLillo de la rentrée, c'est "Cosmopolis" et que sortir "Outremonde" dans le métro, ça donne un air décalé un je-ne-sais-quoi avant gardiste qui ne manquera pas de ravir votre voisine de droite qui s'affale dans son 20 minutes quotidien, page horoscope lunaire.
3- Parce que, Outremonde, c'est 900 pages bien tassées et qu'il est rare de trouver un objet qui puisse aussi élégamment remplacer un pavé en prévision d'une nouvelle révolte estudiantine qui poindrait le bout de son pif.
La caravane passe, les chiens aboient /
Je vous renvoie donc à un amateur qui a trouvé 7 "bonnes" raisons de lire Outremonde. J'hésite entre la 3 et la 5 pour me décider à réessayer De Lillo :
5- Parce que le livre de Don DeLillo de la rentrée, c'est "Cosmopolis" et que sortir "Outremonde" dans le métro, ça donne un air décalé un je-ne-sais-quoi avant gardiste qui ne manquera pas de ravir votre voisine de droite qui s'affale dans son 20 minutes quotidien, page horoscope lunaire.
3- Parce que, Outremonde, c'est 900 pages bien tassées et qu'il est rare de trouver un objet qui puisse aussi élégamment remplacer un pavé en prévision d'une nouvelle révolte estudiantine qui poindrait le bout de son pif.
La caravane passe, les chiens aboient /
Et merde !
Voilà. Ca m'apprendre à être trop confiante.
Finalement, las... La Muselivre ne vous fera pas (pas encore) de reportage depuis l'intérieur des gouffres insondables de l'édition : la Muselivre n'a pas eu son stage. Merci à la pétasse (non, je ne m'énerve pas, je gère très bien même) qui m'a fait croire que c'était du tout cru. Evidemment a dû passer derrière moi une postulante (ce sont toujours des filles -- toujours...) qui avait plus d'expérience que moi (Qui a dit que les stages était fait pour gagner cette expérience ? Grossière erreur, il faut être né avec) : elle ne l'emportera pas au paradis, parce que quand je la retrouverai, je ferai du compost avec ses entrailles à cette sal... Bon j'm'arrête là.
*dépression à un stade avancé*
La caravane passe, les chiens aboient /
Finalement, las... La Muselivre ne vous fera pas (pas encore) de reportage depuis l'intérieur des gouffres insondables de l'édition : la Muselivre n'a pas eu son stage. Merci à la pétasse (non, je ne m'énerve pas, je gère très bien même) qui m'a fait croire que c'était du tout cru. Evidemment a dû passer derrière moi une postulante (ce sont toujours des filles -- toujours...) qui avait plus d'expérience que moi (Qui a dit que les stages était fait pour gagner cette expérience ? Grossière erreur, il faut être né avec) : elle ne l'emportera pas au paradis, parce que quand je la retrouverai, je ferai du compost avec ses entrailles à cette sal... Bon j'm'arrête là.
*dépression à un stade avancé*
La caravane passe, les chiens aboient /
Compte à rebours
6 jours avant la sortie de HP en français et je commence à me faire agresser de partout par de la surpublicité indésirable. Jusqu'à présent, c'était resté assez sage, mais le grand jour arrive, tout le monde se déchaîne, alors je vais définitivement tordre le cou au problème : oui, Riri (en chiffres dans une dépêche à faire pleurer tant elle est bourrée de conneries -- The goblet of fire retraduit directement depuis le français en The cup of fire... -- et de coquilles -- matinseuros kézako ? --*soupir*) arrive, avec tambours, trompettes et prix indécent (28 €), pour faire lire vos ch'ti nenfants.
Pour savoir où et quand il sortira, vous pouvez aller jeter un petit coup d'oeil là (le plus intéressant étant bien sûr la librairie Gallimard qui ouvrira ses portes le 2 décembre au soir, soit une nuit plus tôt que tout le monde) et plus spécialement pour les FNACS (qui ouvriront pour beaucoup à minuit), là.
Pour finir, à l'occasion de cette sortie, une initiative sympa de la FNAC intitulée "Un enfant sur dix ne sait pas lire le best-seller de l'année" :
La Fnac lance, du 3 au 6 décembre prochain, une opération livre jeunesse, destinée à soutenir deux associations de lutte contre l'illettrisme. Durant trois jours, pour tout livre jeunesse acheté à la Fnac ou dans les Fnac Junior, 50 centimes d'euros seront reversés au profit de l'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) et de l'Association pour favoriser une école efficace (APFÉE).
Cette opération, intitulée « Un enfant sur dix ne sait pas lire le best-seller de l'année » , s'inscrit dans le cadre du plan de prévention de l'illettrisme initié par la Fnac. Ce plan, d'une durée de cinq ans, est destiné à soutenir des associations œuvrant dans la prévention de l'illettrisme chez les jeunes scolarisés.
Edit : En ce qui concerne la presse, ça ne se foule pas trop, puisque le Figaro se contente de traduire une interview anglaise de J.K Rowling *re-soupir*, et la republication, me semble-t-il de deux vieux articles sur le phénomène : HP vu par le directeur de collection littérature anglaise à la Pléiade (!) et «Que se passe-t-il dans la tête des gens – qu'ils soient hommes ou femmes, filles ou garçons, de confession, de culture et d'âge très divers – pour qu'ils se ruent sur ces livres ?» par l'auteur de Harry Potter, les raisons d'un succès (PUF), docteur en esthétique et agrégée de philosophie. Rien que ça !
Ah, oui, n'oublions pas le plus important : êtes-vous un Serpentard ou un Gryffondor ? Primordial de savoir ça pour le trois décembre !
Je suis pour ma part une très fière bad girl !

be sorted @ nimbo.net
La caravane passe, les chiens aboient /
Pour savoir où et quand il sortira, vous pouvez aller jeter un petit coup d'oeil là (le plus intéressant étant bien sûr la librairie Gallimard qui ouvrira ses portes le 2 décembre au soir, soit une nuit plus tôt que tout le monde) et plus spécialement pour les FNACS (qui ouvriront pour beaucoup à minuit), là.
Pour finir, à l'occasion de cette sortie, une initiative sympa de la FNAC intitulée "Un enfant sur dix ne sait pas lire le best-seller de l'année" :
La Fnac lance, du 3 au 6 décembre prochain, une opération livre jeunesse, destinée à soutenir deux associations de lutte contre l'illettrisme. Durant trois jours, pour tout livre jeunesse acheté à la Fnac ou dans les Fnac Junior, 50 centimes d'euros seront reversés au profit de l'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) et de l'Association pour favoriser une école efficace (APFÉE).
Cette opération, intitulée « Un enfant sur dix ne sait pas lire le best-seller de l'année » , s'inscrit dans le cadre du plan de prévention de l'illettrisme initié par la Fnac. Ce plan, d'une durée de cinq ans, est destiné à soutenir des associations œuvrant dans la prévention de l'illettrisme chez les jeunes scolarisés.
Edit : En ce qui concerne la presse, ça ne se foule pas trop, puisque le Figaro se contente de traduire une interview anglaise de J.K Rowling *re-soupir*, et la republication, me semble-t-il de deux vieux articles sur le phénomène : HP vu par le directeur de collection littérature anglaise à la Pléiade (!) et «Que se passe-t-il dans la tête des gens – qu'ils soient hommes ou femmes, filles ou garçons, de confession, de culture et d'âge très divers – pour qu'ils se ruent sur ces livres ?» par l'auteur de Harry Potter, les raisons d'un succès (PUF), docteur en esthétique et agrégée de philosophie. Rien que ça !
Ah, oui, n'oublions pas le plus important : êtes-vous un Serpentard ou un Gryffondor ? Primordial de savoir ça pour le trois décembre !
Je suis pour ma part une très fière bad girl !

be sorted @ nimbo.net
La caravane passe, les chiens aboient /
Une inconnue
Le Prix du Meilleur Premier Roman Etranger a été attribué à Lavinia Greenlaw, pour Quand Mary marchait sur l'eau (Joëlle Losfeld), qui a eu en tout et pour tout comme critique en France, ça (!!).
Comment ?! me direz-vous, un livre qui arrive à avoir un prix littéraire en France sans buzz médiatique ? Mais y a un problème, là !
Ouais, le livre doit probablement être très bon...
La caravane passe, les chiens aboient /
Comment ?! me direz-vous, un livre qui arrive à avoir un prix littéraire en France sans buzz médiatique ? Mais y a un problème, là !
Ouais, le livre doit probablement être très bon...
La caravane passe, les chiens aboient /
Plus de livres, moins de procès
Aujourd'hui, l'insécurité juridique est devenue trop forte pour que le métier d'éditeur puisse s'exercer dans de bonnes conditions
Le Syndicat National de l'Edition vient de publier un petit livre gratuit (Justice et édition/Plaidoyer pour une justice adaptée -- 92 pages) où les éditeurs expliquent pourquoi les procès à répétition qu'ils subissent depuis ces dernières années à propos de tout et n'importe quoi sont en train de mettre en danger la liberté d'expression, en particulier quand les petites maisons d'édition, qui ne peuvent pas gérer les frais d'un possible procès comme les grosses, finnissent par refuser de publier certains livres par peur de représailles.
Cette insécurité qui gagne l'édition est d'autant plus pesante qu'un fossé se creuse avec les autres médias. La presse et internet semblent à la fois plus libres et mieux armés pour se défendre
[...]
l'édition est un milieu fragile, économiquement vulnérable, politiquement sensible
[...]
A l'appui de ses propos, l'ouvrage cite les procès Gubler, Aubrac ou encore Yann Piat ainsi que des affaires plus récentes autour des livres "Dossier pédophilie. Le scandale de l'affaire Dutroux", "Rose bonbon", "Ben Laden. La vérité interdite", etc.
Concernant "La mafia des tribunaux de commerce" d'Antoine Gaudino (éd Albin Michel), il assure que cette enquête est passée 71 fois devant la justice pour répondre à l'accusation de diffamation, alors que deux rapports officiels ont confirmé les propos tenus par l'auteur. L'éditeur n'a rien gagné alors que livre est un best-seller.
La caravane passe, les chiens aboient /
Le Syndicat National de l'Edition vient de publier un petit livre gratuit (Justice et édition/Plaidoyer pour une justice adaptée -- 92 pages) où les éditeurs expliquent pourquoi les procès à répétition qu'ils subissent depuis ces dernières années à propos de tout et n'importe quoi sont en train de mettre en danger la liberté d'expression, en particulier quand les petites maisons d'édition, qui ne peuvent pas gérer les frais d'un possible procès comme les grosses, finnissent par refuser de publier certains livres par peur de représailles.
Cette insécurité qui gagne l'édition est d'autant plus pesante qu'un fossé se creuse avec les autres médias. La presse et internet semblent à la fois plus libres et mieux armés pour se défendre
[...]
l'édition est un milieu fragile, économiquement vulnérable, politiquement sensible
[...]
A l'appui de ses propos, l'ouvrage cite les procès Gubler, Aubrac ou encore Yann Piat ainsi que des affaires plus récentes autour des livres "Dossier pédophilie. Le scandale de l'affaire Dutroux", "Rose bonbon", "Ben Laden. La vérité interdite", etc.
Concernant "La mafia des tribunaux de commerce" d'Antoine Gaudino (éd Albin Michel), il assure que cette enquête est passée 71 fois devant la justice pour répondre à l'accusation de diffamation, alors que deux rapports officiels ont confirmé les propos tenus par l'auteur. L'éditeur n'a rien gagné alors que livre est un best-seller.
La caravane passe, les chiens aboient /
mercredi, novembre 26, 2003
Le complexe de l'homme moderne
Si l'on se réfère au seul post que j'ai jamais écrit en anglais, je suis un homme à 277 mots masculins contre 140 mots féminins.
Hein ?
Il y a quelques temps, des chercheurs israëliens ont mis au point un algorythme capable de déterminer le sexe d'un écrivain à partir des mots qu'il emploie et de leur récurrence : him, so, because, actually, everything, but, like, am, more, out, too, has, since sont donc des mots féminins et some, this, as, now, good, something, if, ever, is, the (!), well, in, sont des mots masculins (Notez que les femmes ont une tendance au narcissisme, puisqu'elles sont des fans de I am, et les hommes sont des altruistes, puisqu'ils ne parlent que de l'autre, he is... Ahem !)
Une petite maligne s'est amusée à tester 10 hommes écrivains et 10 femmes écrivains, avec évidemment les surprises que l'on imagine. Toujours selon cette méthode (et la même petite maligne), Charlotte Brontë est bien une femme, et Emily Brontë est bien un homme : qui en doutait ? ;-))
Vous pouvez essayer ici, mais seulement avec des textes en anglais (avec trois possibilité de catégories : fiction, nonfiction, blog entry). La méthode est sensée fonctionner dans 80 % des cas. Je confirme, puisqu'elle a démontré brillamment que j'étais un homme qui s'ignorait.
La caravane passe, les chiens aboient /
Hein ?
Il y a quelques temps, des chercheurs israëliens ont mis au point un algorythme capable de déterminer le sexe d'un écrivain à partir des mots qu'il emploie et de leur récurrence : him, so, because, actually, everything, but, like, am, more, out, too, has, since sont donc des mots féminins et some, this, as, now, good, something, if, ever, is, the (!), well, in, sont des mots masculins (Notez que les femmes ont une tendance au narcissisme, puisqu'elles sont des fans de I am, et les hommes sont des altruistes, puisqu'ils ne parlent que de l'autre, he is... Ahem !)
Une petite maligne s'est amusée à tester 10 hommes écrivains et 10 femmes écrivains, avec évidemment les surprises que l'on imagine. Toujours selon cette méthode (et la même petite maligne), Charlotte Brontë est bien une femme, et Emily Brontë est bien un homme : qui en doutait ? ;-))
Vous pouvez essayer ici, mais seulement avec des textes en anglais (avec trois possibilité de catégories : fiction, nonfiction, blog entry). La méthode est sensée fonctionner dans 80 % des cas. Je confirme, puisqu'elle a démontré brillamment que j'étais un homme qui s'ignorait.
La caravane passe, les chiens aboient /
Je les désavoue
Déjà que Lire n'était pas ce que l'on pouvait faire de mieux en matière de magazine littéraire (en matière de critiques littéraire, ils préferrent sans doute se casser une jambe plutôt que d'essayer d'en écrire), mais là, vraiment, c'est pire que de la décadence, c'est le rendez-vous aux latrines : La nostalgie de l'ange a été choisi par leur rédaction comme deuxième meilleure livre de l'année. Le premier prix va aux Âmes grises, mais je crois qu'après un tel choc on s'en tamponne un peu le coquillard avec un os de gastéropode usé.
Dire que l'année dernière il remettait leur premier prix à La tâche de Philip Roth... On peut tomber très bas très vite.
(J'ai compté très rapidement : au moins 8 des 20 livres sont sortis lors de la rentrée littéraire, signe encore plus flagrant que ce classement commence vraiment à être du n'importe quoi !)
La caravane passe, les chiens aboient /
Dire que l'année dernière il remettait leur premier prix à La tâche de Philip Roth... On peut tomber très bas très vite.
(J'ai compté très rapidement : au moins 8 des 20 livres sont sortis lors de la rentrée littéraire, signe encore plus flagrant que ce classement commence vraiment à être du n'importe quoi !)
La caravane passe, les chiens aboient /
Topographie de la littérature
Un nouveau magazine littéraire vient de sortit : Topo. Je l'ai à peine feuilleté pour le moment, mais il a l'air très complet, c'est déjà ça. Et puis les magazines littéraires sont tellement une denrée rare en France qu'un nouveau ne peut que faire du bien : on applaudit, on remercie, et on ACHETE !
Un compte-rendu plus tard. Pour vous dire si ça vaut vraiment le coup.
PS : pas de site internet, le magazine est trop récent. Tant mieux, comme ça on sera obligé de l'acheter.
La caravane passe, les chiens aboient /
Un compte-rendu plus tard. Pour vous dire si ça vaut vraiment le coup.
PS : pas de site internet, le magazine est trop récent. Tant mieux, comme ça on sera obligé de l'acheter.
La caravane passe, les chiens aboient /
Et moi qui me trouvais trop enragée par les spams...
Mais je suis une petite joueuse en comparaison :
Booher threatened to send a "package full of Anthrax spores" to the company, to "disable" an employee with a bullet and torture him with a power drill and ice pick; and to hunt down and castrate the employees unless they removed him from their e-mail list, prosecutors said.
He used return e-mail addresses including Satan@hell.org.
La caravane passe, les chiens aboient /
Booher threatened to send a "package full of Anthrax spores" to the company, to "disable" an employee with a bullet and torture him with a power drill and ice pick; and to hunt down and castrate the employees unless they removed him from their e-mail list, prosecutors said.
He used return e-mail addresses including Satan@hell.org.
La caravane passe, les chiens aboient /
Déculpabilisez-vous
N'ayez plus peur de montrer la couverture du bouquin que vous lisez dans le métro. Ou comment ne plus culpabilser parce que vous lisez un livre recommandé par une émission de télé anglaise populaire.
Le Top 21 de la dite émission réserve par ailleurs des surprises : Winnie l'ourson et Catch 22 dans la même sélection ? Je trouve même plus mes mots...
Oh, et puis tant pis, soyez pas timides : puisque vous l'aimez tant, laissez-vous aller à lire Winnie l'ourson dans le métro.
La caravane passe, les chiens aboient /
Le Top 21 de la dite émission réserve par ailleurs des surprises : Winnie l'ourson et Catch 22 dans la même sélection ? Je trouve même plus mes mots...
Oh, et puis tant pis, soyez pas timides : puisque vous l'aimez tant, laissez-vous aller à lire Winnie l'ourson dans le métro.
La caravane passe, les chiens aboient /
Point final
Le bon usage de la ponctuation étant peut-être le seul élément que le français et l'anglais partagent, espéront que ce livre de Lynne Truss (dont deux romans ont déjà été traduits en France chez Joëlle Losfeld) sera bientôt traduit :
Punctuation!!!! Who needs it???? Do we really care that the italic typeface was invented by a geezer called Aldus Manutius the Elder (1449-1515)? Is it of interest to anyone that he was also the man who printed the first semicolon? And is the semicolon really 'a compliment from the writer to the reader'? Do you really have to count to two in between two related but independent clauses before you use it? When is it correct to use an_ er_ ellipsis? Will not an ordinary dash - like this one - do just as well?
Et si vous comprenez bien l'anglais, la blague qui donne son titre au livre (Eats, Shoots and Leaves) est très drôle (enfin je suis peut-être bon public, mais moi je la trouve très drôle !) :
a panda goes into a bar, asks for a ham sandwich, eats it and then takes out a revolver and fires it into the air. When the publican asks him what on earth he is doing, he throws a book on to the bar and growls: 'This is a badly punctuated wildlife manual. Look me up.' The barman flicks through the book and, under the relevant entry, reads: 'PANDA. Large, black-and-white, bear-like mammal native to China. Eats, shoots and leaves.'
(Via The Complete Review)
La caravane passe, les chiens aboient /
Punctuation!!!! Who needs it???? Do we really care that the italic typeface was invented by a geezer called Aldus Manutius the Elder (1449-1515)? Is it of interest to anyone that he was also the man who printed the first semicolon? And is the semicolon really 'a compliment from the writer to the reader'? Do you really have to count to two in between two related but independent clauses before you use it? When is it correct to use an_ er_ ellipsis? Will not an ordinary dash - like this one - do just as well?
Et si vous comprenez bien l'anglais, la blague qui donne son titre au livre (Eats, Shoots and Leaves) est très drôle (enfin je suis peut-être bon public, mais moi je la trouve très drôle !) :
a panda goes into a bar, asks for a ham sandwich, eats it and then takes out a revolver and fires it into the air. When the publican asks him what on earth he is doing, he throws a book on to the bar and growls: 'This is a badly punctuated wildlife manual. Look me up.' The barman flicks through the book and, under the relevant entry, reads: 'PANDA. Large, black-and-white, bear-like mammal native to China. Eats, shoots and leaves.'
(Via The Complete Review)
La caravane passe, les chiens aboient /
mardi, novembre 25, 2003
Tenez le coup !
Avant-première
Les deux romans ne sortiront en France qu'au printemps 2004, mais les droits étrangers sont déjà en vente (auras d'ancien Goncourt et de tête de best-sellers obligent) chez l'un des seuls agents littéraires français. Jean-Christophe Rufin publiera donc bientôt Globalia 27 (Gallimard), et Michel Quint Mon mal est délicieux (Joëlle Losfeld) : je serais la première à vous l'avoir dit. Vive moi !
Le livre de Rufin est un roman d'anticipation, avec une société répressive qui n'en a pas l'air, et qui vogue joyeusement sur les peurs actuelles :
Globalia is a world without frontiers. Everyone lives freely and easily in Globalia. There is no poverty or social unrest, and plastic surgery keeps everyone looking young. Even the ozone layer has been controlled to protect its inhabitants from environmental aggression. There is only one underlying fear that runs through this society: the fear of terrorism.
Pour le vendre, Susanna Lea l'a déjà comparé au Meilleur des Mondes d'Huxley et à 1984 d'Orwell. Quelle originalité !
Celui de Quint raconte l'histoire d'une femme qui tombe amoureuse d'un acteur passant dans son village avant d'aller au front pendant la 2ème Guerre Mondiale. Il lui promet de revenir, mais ne le fera évidemment jamais, pendant qu'elle se convint jusqu'à sa mort qu'il ne pouvait s'agir que de Gérard Phillipe ! Le tout raconter par un homme si amoureux d'elle qu'il nourrit sa passion pour GP et lui cache la vérité sur son véritable amant. Que d'aventures, que d'aventures, mes amis !
La caravane passe, les chiens aboient /
Le livre de Rufin est un roman d'anticipation, avec une société répressive qui n'en a pas l'air, et qui vogue joyeusement sur les peurs actuelles :
Globalia is a world without frontiers. Everyone lives freely and easily in Globalia. There is no poverty or social unrest, and plastic surgery keeps everyone looking young. Even the ozone layer has been controlled to protect its inhabitants from environmental aggression. There is only one underlying fear that runs through this society: the fear of terrorism.
Pour le vendre, Susanna Lea l'a déjà comparé au Meilleur des Mondes d'Huxley et à 1984 d'Orwell. Quelle originalité !
Celui de Quint raconte l'histoire d'une femme qui tombe amoureuse d'un acteur passant dans son village avant d'aller au front pendant la 2ème Guerre Mondiale. Il lui promet de revenir, mais ne le fera évidemment jamais, pendant qu'elle se convint jusqu'à sa mort qu'il ne pouvait s'agir que de Gérard Phillipe ! Le tout raconter par un homme si amoureux d'elle qu'il nourrit sa passion pour GP et lui cache la vérité sur son véritable amant. Que d'aventures, que d'aventures, mes amis !
La caravane passe, les chiens aboient /
Beurk !
Amazon.com a demandé aux éditeurs américains de sélectionner ce qu'il pensaient être les 50 meilleurs livres (américains) de l'année 2003. Mouais... Quelques trucs sympas, mais pas de quoi fouetter un chat. Et puis visiblement, les éditeurs américains ne sont pas si différents des éditeurs français : ils aiment beaucoup trop les autofictions. Re-beurk !
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
LE MOT POUR LE DIRE
Alliciant, ante. Adjectif. [du latin alliciere, attirer, charmer] Qui séduit, qui captive.
"Son ondoyante taille profilait d'alliciantes ombres sur les draperies."
Barbey D'Aurevilly
La caravane passe, les chiens aboient /
"Son ondoyante taille profilait d'alliciantes ombres sur les draperies."
Barbey D'Aurevilly
La caravane passe, les chiens aboient /
Odysseus
10 années de travail, 50 lectures du livre, et près de 800 versions du scénario : un irlandais un peu cinglé a décidé d'adapter l'Ulysse de Joyce en film. Le film, intitulé Bloom (du nom de famille du couple de héros), est maintenant sur les écrans irlandais où il suscite les controverses que l'on imagine. Le plus difficile était bien sûr de réussir à faire ressortir une trame principale de ce livre qui les ignore consciencieusement :
The film is faithful to the text but does not treat it as sacred. Molly's famous closing and climaxing soliloquy, for example, is used to open the film and frame the action. The plot, as much as one exists, remains largely intact, although there are no scenes of Bloom at the newspaper office, where he works as a canvasser for advertisements. Dialogue is drawn directly from the novel, and the internal thought processes of the three central characters are presented as voiceovers. Walsh says his overriding intention was to make the film work as a story, to be at once intelligent and accessible.
Les critiques jugent le film :
a 'bawdy, irreverent, lyrical, compassionate, anguished, earthy, profound and deeply humane slice of life', another condemned it as 'disjointed and incoherent', arguing that it belonged more to the Joyce culture industry than the world of film.
Mais l'un des spécialistes de Joyce, le Sénateur David Norris, a jugé le film "brillant, ingénieux, novateur et fidèle à l'oeuvre de Joyce", alors on ne peut que s'incliner.
Moi je trouve que le processus qui consiste à mettre une voix off pour faire entendre, par exemple, l'inadaptable monologue de Molly Bloom de la fin est une facilité et un aveu d'impuissance à transposer le livre au cinéma. Mais à quoi pouvait-on s'attendre d'autre avec un livre pareil ?
(Via The Elegant Variation)
La caravane passe, les chiens aboient /
The film is faithful to the text but does not treat it as sacred. Molly's famous closing and climaxing soliloquy, for example, is used to open the film and frame the action. The plot, as much as one exists, remains largely intact, although there are no scenes of Bloom at the newspaper office, where he works as a canvasser for advertisements. Dialogue is drawn directly from the novel, and the internal thought processes of the three central characters are presented as voiceovers. Walsh says his overriding intention was to make the film work as a story, to be at once intelligent and accessible.
Les critiques jugent le film :
a 'bawdy, irreverent, lyrical, compassionate, anguished, earthy, profound and deeply humane slice of life', another condemned it as 'disjointed and incoherent', arguing that it belonged more to the Joyce culture industry than the world of film.
Mais l'un des spécialistes de Joyce, le Sénateur David Norris, a jugé le film "brillant, ingénieux, novateur et fidèle à l'oeuvre de Joyce", alors on ne peut que s'incliner.
Moi je trouve que le processus qui consiste à mettre une voix off pour faire entendre, par exemple, l'inadaptable monologue de Molly Bloom de la fin est une facilité et un aveu d'impuissance à transposer le livre au cinéma. Mais à quoi pouvait-on s'attendre d'autre avec un livre pareil ?
(Via The Elegant Variation)
La caravane passe, les chiens aboient /
De la cherté du livre
L'éditeur Viviane Hamy a publié, à la fin du premier roman qu'elle a édité en 1996, Préfère l'Impair de Claude Habib, une page où elle explique au lecteur ses frais. Si ces chiffres ont un peu évolué depuis, ils restent toujours valables dans les grandes masses :
Devis de l'imprimeur pour un roman de 320 pages tiré à 3000 exemplaires :
Composition (disquette fournie) et mise en pages : 16 500 F
Impression de l'intérieur : 12 000 F
Impression des couvertures 6 500 F
Papier (intérieurs et couvertures) 12 000 F
Brochage : 6 000 F
Emballage 500 F
Port : 1 500 F
Maquette de couverture 3 000 F
Photo de couverture : 2 000 F
A-valoir (symbolique) versé à l'auteur 3 000 F
TOTAL 63 000 F
PRIX DE REVIENT D'UN EXEMPLAIRE (63 000/3 000) 21 F
Source : extrait de De la cherté du livre, in Préfère l'impair, de Claude Habib (Viviane Hamy).
Livre Hebdo no 215, du 6-9-96 note : " Pour lutter contre l'idée que les livres sont chers, Viviane Hamy a tenu à faire figurer à la fin du premier roman qu'elle publie cette rentrée, Préfère l'impair, de Claude Habib (320 pages), une page où elle explique au lecteur, chiffres et explications techniques à l'appui, ce que recouvrent les 129 F de son prix public. Elle montre qu'une fois prélevés les frais de diffusion et de distribution (55 % de ce prix), l'éditeur ne reçoit plus que 55,02 F. Il lui faudra donc vendre ou moins 1 145 exemplaires pour pouvoir simplement en payer les frais de fabrication de 63 000 F (63 000 / 55,02). Une performance pour un premier roman. "
(Via Cylibris)
La caravane passe, les chiens aboient /
Devis de l'imprimeur pour un roman de 320 pages tiré à 3000 exemplaires :
Composition (disquette fournie) et mise en pages : 16 500 F
Impression de l'intérieur : 12 000 F
Impression des couvertures 6 500 F
Papier (intérieurs et couvertures) 12 000 F
Brochage : 6 000 F
Emballage 500 F
Port : 1 500 F
Maquette de couverture 3 000 F
Photo de couverture : 2 000 F
A-valoir (symbolique) versé à l'auteur 3 000 F
TOTAL 63 000 F
PRIX DE REVIENT D'UN EXEMPLAIRE (63 000/3 000) 21 F
Source : extrait de De la cherté du livre, in Préfère l'impair, de Claude Habib (Viviane Hamy).
Livre Hebdo no 215, du 6-9-96 note : " Pour lutter contre l'idée que les livres sont chers, Viviane Hamy a tenu à faire figurer à la fin du premier roman qu'elle publie cette rentrée, Préfère l'impair, de Claude Habib (320 pages), une page où elle explique au lecteur, chiffres et explications techniques à l'appui, ce que recouvrent les 129 F de son prix public. Elle montre qu'une fois prélevés les frais de diffusion et de distribution (55 % de ce prix), l'éditeur ne reçoit plus que 55,02 F. Il lui faudra donc vendre ou moins 1 145 exemplaires pour pouvoir simplement en payer les frais de fabrication de 63 000 F (63 000 / 55,02). Une performance pour un premier roman. "
(Via Cylibris)
La caravane passe, les chiens aboient /
lundi, novembre 24, 2003
"L’ensemble de ce que le génie humain a exprimé par la parole, et plus que par la parole."
Un musée vient de s'ouvrir à Genêve collectant les raretés littéraires comme une première édition du Manifeste du communisme de Marx, des tablettes en argile mésopotamiennes de 5 000 ans, un papyrus vieux de 1 700 ans contenant la seule version complète d'une comédie de Menander (dramaturge Grec) et une Divine comédie de Dante de 1378.
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
Ambitions présidentielles
Le premier président américain a écrire un roman ? Pfff ! nous on a déjà eu ça depuis longtemps, même qu'avant d'être élu il disait déjà :
"Si j'avais la certitude de pouvoir écrire, en quelques mois ou en quelques années, l'équivalent de l'œuvre de Guy de Maupassant ou de Gustave Flaubert, il est hors de doute que c'est vers cette sorte d'activité qu'avec joie je me tournerais..."
Et puis modeste avec ça : reproduire tout l'art de Flaubert en quelque mois... Remarquez qu'il considère que son "succès" de Président devrait suffire à lui ouvrir les portes de l'Académie Française sans se donner autant de mal.
La caravane passe, les chiens aboient /
"Si j'avais la certitude de pouvoir écrire, en quelques mois ou en quelques années, l'équivalent de l'œuvre de Guy de Maupassant ou de Gustave Flaubert, il est hors de doute que c'est vers cette sorte d'activité qu'avec joie je me tournerais..."
Et puis modeste avec ça : reproduire tout l'art de Flaubert en quelque mois... Remarquez qu'il considère que son "succès" de Président devrait suffire à lui ouvrir les portes de l'Académie Française sans se donner autant de mal.
La caravane passe, les chiens aboient /
La pire des métaphores ?
Les nuages (?) "plâtrent le bleu en larges nappes blanches"
Daniel Hébrard dans Les Hommes forts
(Trouvée dans Le Figaro Littéraire, qui a l'air d'apprécier : misère !)
La caravane passe, les chiens aboient /
Daniel Hébrard dans Les Hommes forts
(Trouvée dans Le Figaro Littéraire, qui a l'air d'apprécier : misère !)
La caravane passe, les chiens aboient /
"Si Stephen King avait vécu dans la Russie staliniste, il aurait sans le moindre doute reçu le prix Staline"
We live in a book paradise! More books are being produced than ever. Bookstores were never more attractive or diverse. Writers never had such opportunities to become global stars as they do today.
So why do I grumble? Because the book has become a product like any other -- that is the price of the marketization of culture. Unwilling or unable to put time and effort into educating ourselves about the options, we end up buying what everybody else buys. Worse, we start enjoying the books we are manipulated into buying -- even defending them against pretentious jerks who dare criticize them. In exactly the same way that we slowly become Ikea-people, we also become Booker Prize-people, Harry Potter-people, Stephen King-people.
Dubravka Ugresic, écrivain croate, s'insurge contre la littérature populaire marketée et ceux qui la défendent, comme Stephen King, contre la littérature "littéraire".
Stephen King, dont on parle beaucoup ces temps-ci : il a reçu, la semaine dernière, un prix pour l'ensemble de son oeuvre et de sa contribution à la littérature américaine (scoff, scoff, scoff ! Excusez-moi : quintes de toux nerveuses) par l'organisme qui remet l'un des prix littéraires les plus important des USA, le National Book Award. Il a fait son show lors de la cérémonie, reprochant à l'ensemble du monde littéraire présent devant lui (dont, cependant, il avait acheté au moins 60 des membres les plus influents puisqu'il avait lui-même louées six des tables à 12 000$, ce qui exlique sans problème les deux standings ovations qu'il a eu : pour la plupart de ces gens, il est la poule aux oeufs d'or) d'être trop snob pour lire de la littérature populaire, arguant qu'il n' éprouvait lui-même aucun intérêt pour "ceux qui se font une fierté de n'avoir jamais lu un John Grisham, un Mary Higgins Clark, un Tom Clancy, ou n'importe quel autre auteur poupulaire" (et Barbara Cartland ? Il a oublié ma petite Barbie !) :
"What do you think, you get social academic brownie points for deliberately staying out of touch with your own culture?"
Outre que je me pose la question de savoir si en l'occurence brownie faisait référence au gâteau ou au lutin, je n'apprécie pas particulièrement ce genre de commentaires stupides tendant à prétendre que May Higgins Clark et Tom Clancy sont plus passionnants que John Barth et Thomas Pynchon (pour ne prendre que des exemples américains) simplement parce qu'ils se vendent comme des petits pains : la littérature de gare restera toujours de la littérature de gare, divertissante, oubliée dès qu'elle a été lue, et surtout mauvaise. Je n'apprécie pas non plus qu'il mettent dans le même panier que ces déchets de la littérature populaire de très bons auteurs de genre comme Dennis Lehane (Mystic River). Comme si j'allais comparer Pierre Pelot et cette machine à best-sellers qu'est Christian Jacq !
Passée les standings ovation, il a assennée à son auditoire en adoration une liste d'auteurs populaires (quand le speech et la liste des "Best-of King" seront en ligne je vous préviendrai) à lire de toute urgence, ce qui n'a pas été du goût de la gagnante du prix principale de Fiction, Shirley Hazzard pour The Great Fire, et on la comprend, puisque son roman est presque un exemple type de littérature "littéraire". Elle lui a vertement répondu, quand son tour de parler est venu, qu'elle "ne pensait pas que [leur] donner une liste de ceux qu'ils devraient lire soit vraiment une telle satisfation". Elle-même a beaucoup mieux à faire, comme lire Shakespeare et Conrad. (C'est vrai quoi, la vie est trop courte pour ne lire que de la merde !) D'ailleurs, elle n'a jamais lu Stephen King.
Et toc !
Edit : un article pro-King, le moins con du genre.
Mais, juste parce que je suis curieuse, quelqu'un saurait-il me dire quelle est la novella de King d'inspiration borgésienne ? Si elle existe vraiment, bien sûr.
La caravane passe, les chiens aboient /
So why do I grumble? Because the book has become a product like any other -- that is the price of the marketization of culture. Unwilling or unable to put time and effort into educating ourselves about the options, we end up buying what everybody else buys. Worse, we start enjoying the books we are manipulated into buying -- even defending them against pretentious jerks who dare criticize them. In exactly the same way that we slowly become Ikea-people, we also become Booker Prize-people, Harry Potter-people, Stephen King-people.
Dubravka Ugresic, écrivain croate, s'insurge contre la littérature populaire marketée et ceux qui la défendent, comme Stephen King, contre la littérature "littéraire".
Stephen King, dont on parle beaucoup ces temps-ci : il a reçu, la semaine dernière, un prix pour l'ensemble de son oeuvre et de sa contribution à la littérature américaine (scoff, scoff, scoff ! Excusez-moi : quintes de toux nerveuses) par l'organisme qui remet l'un des prix littéraires les plus important des USA, le National Book Award. Il a fait son show lors de la cérémonie, reprochant à l'ensemble du monde littéraire présent devant lui (dont, cependant, il avait acheté au moins 60 des membres les plus influents puisqu'il avait lui-même louées six des tables à 12 000$, ce qui exlique sans problème les deux standings ovations qu'il a eu : pour la plupart de ces gens, il est la poule aux oeufs d'or) d'être trop snob pour lire de la littérature populaire, arguant qu'il n' éprouvait lui-même aucun intérêt pour "ceux qui se font une fierté de n'avoir jamais lu un John Grisham, un Mary Higgins Clark, un Tom Clancy, ou n'importe quel autre auteur poupulaire" (et Barbara Cartland ? Il a oublié ma petite Barbie !) :
"What do you think, you get social academic brownie points for deliberately staying out of touch with your own culture?"
Outre que je me pose la question de savoir si en l'occurence brownie faisait référence au gâteau ou au lutin, je n'apprécie pas particulièrement ce genre de commentaires stupides tendant à prétendre que May Higgins Clark et Tom Clancy sont plus passionnants que John Barth et Thomas Pynchon (pour ne prendre que des exemples américains) simplement parce qu'ils se vendent comme des petits pains : la littérature de gare restera toujours de la littérature de gare, divertissante, oubliée dès qu'elle a été lue, et surtout mauvaise. Je n'apprécie pas non plus qu'il mettent dans le même panier que ces déchets de la littérature populaire de très bons auteurs de genre comme Dennis Lehane (Mystic River). Comme si j'allais comparer Pierre Pelot et cette machine à best-sellers qu'est Christian Jacq !
Passée les standings ovation, il a assennée à son auditoire en adoration une liste d'auteurs populaires (quand le speech et la liste des "Best-of King" seront en ligne je vous préviendrai) à lire de toute urgence, ce qui n'a pas été du goût de la gagnante du prix principale de Fiction, Shirley Hazzard pour The Great Fire, et on la comprend, puisque son roman est presque un exemple type de littérature "littéraire". Elle lui a vertement répondu, quand son tour de parler est venu, qu'elle "ne pensait pas que [leur] donner une liste de ceux qu'ils devraient lire soit vraiment une telle satisfation". Elle-même a beaucoup mieux à faire, comme lire Shakespeare et Conrad. (C'est vrai quoi, la vie est trop courte pour ne lire que de la merde !) D'ailleurs, elle n'a jamais lu Stephen King.
Et toc !
Edit : un article pro-King, le moins con du genre.
Mais, juste parce que je suis curieuse, quelqu'un saurait-il me dire quelle est la novella de King d'inspiration borgésienne ? Si elle existe vraiment, bien sûr.
La caravane passe, les chiens aboient /
Portrait de l'Auteur en Être Humain
Biographies et mémoires, qui avaient plutôt tendance à créer la légende de l'écrivain (Balzac, ses 20 heures d'écriture non-stop, son café, son dos qui fume : whouaaaa ! -- vous y avez cru, hein?), tendent maintenant de plus en plus à montrer les auteurs commes des gens normaux ("Ah, écrire, c'est merveilleux, mais le point le plus important ce soir n'est pas Qu'est-ce que je vais bien pouvoir écrire ?, mais Qu'est-ce que je vais bien pouvoir porter à la cérémonie de remise du Booker Prize ? Dilemme infernal.") : un article du Telegraph fait une rapide revue des derniers exemples en la matière. Résultat ? Oui, les écrivains peuvent être plus mortellement ennuyeux que vous et moi. Déçus ? allez, rassurez-vous, il y aura toujours des gens encore plus ennuyeux pour vous faire croire que c'est juste une nouvelle manière de réinventer le pause de l'écrivain maudit. Houellebecq, par exemple. Le mythe de l'écrivain est mort, vive le mythe de l'écrivain !
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Bangarang !
A l'occasion des cent ans de Peter Pan (il a été réédité entre autres chez Librio et GF, dans l'attente également du film avec Ludivine Sagnier en Fée Clochette, qui devrait sortir vers Noël), une explication de ce qu'est vraiment le mythe de Peter Pan.
(Via Confessions of an Idiosyncratic Mind)
La caravane passe, les chiens aboient /
(Via Confessions of an Idiosyncratic Mind)
La caravane passe, les chiens aboient /
Conchiliculture
Gentilhomme des mers imprégné de l'esprit des Lumières, Lapérouse est l'une des plus grandes figures de la marine française. Il participa à la guerre d'indépendance américaine et fut chargé par Louis XVI d'effectuer avec deux navires, La Boussole et L'Astrolabe, un grand voyage où étaient prévues, entre autres, la reconnaissance des côtes de l'Alaska et une nouvelle exploration du Pacifique. Le 1er août 1785, les deux navires quittent Brest, ils se dirigent vers le cap Horn, abordent, huit mois plus tard, l'île de Pâques puis explorent les îles Hawaï, les côtes de l'Alaska, celles de la Californie, sillonnent les mers de Chine et du Japon, se dirigent, en novembre 1787, vers les îles Samoa où une partie de l'expédition est massacrée par les indigènes. Accablé par cette tragédie, Lapérouse fait lever l'ancre en direction de l'Australie et fait escale à Botany Bay (Sydney), alors occupé par les Anglais. Dans une précédente lettre adressée en France le 7 février 1788, il précise qu'il souhaite visiter les îles Tonga, la Nouvelle-Calédonie, les îles Salomon, la Nouvelle-Guinée, l'Australie. Ce sera toutefois son dernier message puisque l'expédition disparaît peu après. Plusieurs recherches seront entreprises pour retrouver des traces des navires et tenter en vain de percer le mystère de ces disparitions. Quarante ans plus tard, Dumont d'Urville retrouvera des structures de l'épave de L'Astrolabe. (quatrième de couv' de Lapérouse, d'Yves Jacob)
La disparition de l'explorateur français Lapérouse, au 18ème siècle, était un grand mystère des l'histoire maritime qui a fait couler beaucoup d'encre (non, je ne ferais pas le jeu de mot...). Mais réjouissez-vous, amateurs des découvertes scientifiques crédibles (songez Toutankhamon plutôt que Nefertiti, par exemple), il est probable que le mystère de la disparition des équipages est en bonne voie de résolution : Un squelette d'homme de stature moyenne a été mis au jour samedi sur l'une des épaves du comte de Lapérouse, explorateur disparu en mer en 1788 au large des îles Salomon, ont indiqué dimanche dans un communiqué les responsables des recherches lancées pour tenter d'élucider le naufrage.
Probablement pas Lapérouse lui-même, mais sûrement un moyen de couper court aux rumeurs stupides des survivants (sur un île déserte, bla bla bla... la vieille histoire même plus amusante des Robinsons Crusoë) qui courent depuis deux siècles. Ce qui est important est surtout que "ce type de découverte est rarissime en matière d'archéologie sous-marine".
La caravane passe, les chiens aboient /
La disparition de l'explorateur français Lapérouse, au 18ème siècle, était un grand mystère des l'histoire maritime qui a fait couler beaucoup d'encre (non, je ne ferais pas le jeu de mot...). Mais réjouissez-vous, amateurs des découvertes scientifiques crédibles (songez Toutankhamon plutôt que Nefertiti, par exemple), il est probable que le mystère de la disparition des équipages est en bonne voie de résolution : Un squelette d'homme de stature moyenne a été mis au jour samedi sur l'une des épaves du comte de Lapérouse, explorateur disparu en mer en 1788 au large des îles Salomon, ont indiqué dimanche dans un communiqué les responsables des recherches lancées pour tenter d'élucider le naufrage.
Probablement pas Lapérouse lui-même, mais sûrement un moyen de couper court aux rumeurs stupides des survivants (sur un île déserte, bla bla bla... la vieille histoire même plus amusante des Robinsons Crusoë) qui courent depuis deux siècles. Ce qui est important est surtout que "ce type de découverte est rarissime en matière d'archéologie sous-marine".
La caravane passe, les chiens aboient /
vendredi, novembre 21, 2003
O wonderful land of promises
Les remises de prix littéraires sont rarement l'occasion de gué--guerres et de batailles politiques et intellectuelles. Sans doutes que certains écrivains se sentent en manque lors de ces dîners (oui, parce qu'à l'étranger, on fait des grandes fiestas pour remettre les prix, des galas où la loocation de la table peut aller jusqu'à 12 000 $ (!!!) -- pourquoi on ne fait pas de grands diners nous aussi en France ? Parce qu'aucun éditeur ne voudrait payer 12 000 € pour s'entendre dire que son poulain a perdu : c'est que c'est fragile un éditeur, vous n'imaginez pas), sans doute, donc, que certains écrivains sont en manque de coups d'éclat, puisqu'en deux jours, on en a eu deux très jolis.
Le plus intéresant fut celui de Hari Kunzru, auteur de L'Illusionniste. Il a refusé un important prix anglais, le John Llewellyn Rhys Award, parce qu'il était sponsorisé par le journal The Mail on Sunday, qui me semble-t-il est très à droite de la droite. Il reproche au journal ses prises de position plus que féroces contre l'immigration :
[The Mail on Sunday] pursue an editorial policy of vilifying and demonising refugees and asylum-seekers ... As the child of an immigrant, I am only too aware of the poisonous effect of the Mail's editorial line. The atmosphere of prejudice it fosters translates into violence, and I have no wish to profit from it. [...] The Impressionist is a novel about the absurdity of a world in which race is the main determinant of a person's identity. My hope is that one day the sponsors of the John Llewellyn Rhys prize will join with the judges in appreciating this."
La démarche me plait, quoique je trouve un peu poussé de sa part de demander quand même le montant du prix qu'il a refusé soit remis à une des organisations pour les réfugiés (The Refugee Council) les plus détestées du journal : un prix se refuse intégralement, ou pas du tout. Et pendant qu'on y est, je trouve très moyen de faire faire le sale boulot à son agent, pendant qu'on fait tranquillement la fête à un mariage.
Ce qui est le plus intéressant, cependant, est la réaction du directeur du journal : après s'être pris une baffe monumentale en public, il a, beau joueur, non seulement accepté de remettre l'argent à la dite ONG (et de récompenser en plus un autre des sélectionnés), tout en ajoutant : "I would be very grateful if Mr Kunzru would point out to which articles in the Mail on Sunday he has objections," he said. "We are inviting him to write an article for the paper on his views on asylum and what he thinks the government should doing about this issue." Ce n'est pas demain la veille qu'on verra des journaux français donner aussi honnêtement un droit de réponse, surtout les journaux les plus à droite.
A suivre : Le coup d'éclat de Stephen King lors de la remise de son prix.
Edit : Hari Kunzru s'explique plus longuement sur la raison de son refus dans le Guardian ; il a de toute évidence refusé la perche du directeur du Mail on Sunday (qu'il traîte lui-même de journal xénophobe), et a préferré s'exprimer dans un journal de gauche. Comme ça, c'est on ne peut plus clair.
La caravane passe, les chiens aboient /
Le plus intéresant fut celui de Hari Kunzru, auteur de L'Illusionniste. Il a refusé un important prix anglais, le John Llewellyn Rhys Award, parce qu'il était sponsorisé par le journal The Mail on Sunday, qui me semble-t-il est très à droite de la droite. Il reproche au journal ses prises de position plus que féroces contre l'immigration :
[The Mail on Sunday] pursue an editorial policy of vilifying and demonising refugees and asylum-seekers ... As the child of an immigrant, I am only too aware of the poisonous effect of the Mail's editorial line. The atmosphere of prejudice it fosters translates into violence, and I have no wish to profit from it. [...] The Impressionist is a novel about the absurdity of a world in which race is the main determinant of a person's identity. My hope is that one day the sponsors of the John Llewellyn Rhys prize will join with the judges in appreciating this."
La démarche me plait, quoique je trouve un peu poussé de sa part de demander quand même le montant du prix qu'il a refusé soit remis à une des organisations pour les réfugiés (The Refugee Council) les plus détestées du journal : un prix se refuse intégralement, ou pas du tout. Et pendant qu'on y est, je trouve très moyen de faire faire le sale boulot à son agent, pendant qu'on fait tranquillement la fête à un mariage.
Ce qui est le plus intéressant, cependant, est la réaction du directeur du journal : après s'être pris une baffe monumentale en public, il a, beau joueur, non seulement accepté de remettre l'argent à la dite ONG (et de récompenser en plus un autre des sélectionnés), tout en ajoutant : "I would be very grateful if Mr Kunzru would point out to which articles in the Mail on Sunday he has objections," he said. "We are inviting him to write an article for the paper on his views on asylum and what he thinks the government should doing about this issue." Ce n'est pas demain la veille qu'on verra des journaux français donner aussi honnêtement un droit de réponse, surtout les journaux les plus à droite.
A suivre : Le coup d'éclat de Stephen King lors de la remise de son prix.
Edit : Hari Kunzru s'explique plus longuement sur la raison de son refus dans le Guardian ; il a de toute évidence refusé la perche du directeur du Mail on Sunday (qu'il traîte lui-même de journal xénophobe), et a préferré s'exprimer dans un journal de gauche. Comme ça, c'est on ne peut plus clair.
La caravane passe, les chiens aboient /
On a le droit de ne pas tout aimer
En ce qui me concerne, Camus, Giono, Beckett et Hemingway sont capables de me faire fermer leurs livres presque avant même d'avoir atteint le 3ème paragraphe. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, mais il y a chez eux quelque chose qui ne passe pas et me reste en travers du gosier. La plupart du temps, il est presque impossible de décrire ce qui ne va pas : Camus a des idées formidables, des tentatives de styles plus que louables, mais non, c'est plat, c'est terne, c'est Waterloo avant la bataille -- morne plaine ; Giono écrit magnifiquement, j'en suis jalouse, et pourtant ses textes ressemblent pour moi à des suites de cartes postales mises bout à bout sans liens entre elles ; Beckett a des dialogues faits pour les recueils de citations, parfaits comme des aphorismes d'Oscar Wilde, mais d'en l'ensemble, j'ai juste l'impression qu'il essaie de tordre la queue du chat sans grand résultat ; quant à Hemingway... bon, là je vais être honnête, je ne lui trouve rien, et il m'emmerde profondément.
En général, si on est un peu littéraire, en de telles circonstances, on a honte, on se traîte d'imbécile, on n'ose plus se regarder dans le miroir ("Tu n'aimes pas L'étranger de Camus ? Mais t'es dégénérée du cerveau ! Tout le monde aime ce bouquin !") et on en vient à s'autoflageller à la moindre vision de ces livres maudits. Comment, oui comment peut-on passer à côter de certaines grandes oeuvres de la littérature, ou des arts en général, sans être forcément indignes de ces grandes oeuvres d'art ? Hein ?
D'abord en y répondant à la manière de Pennac dans Comme un roman: "Comment peut-on ne pas aimer Stendhal ? On peut." Tout simplement. (à oui, j'ai oublié de vous mentionner Stendhal... Section Hemingway)
Tout le monde a ses bêtes noires en manière d'art, et c'est on ne peut plus normal. Mêmes les plus grands écrivains ont eu leur propres faiblesses face à de grands classiques.
En fait l'important, en art, n'est pas d'apprécier, mais plutôt d'essayer. Comme le dit 2blowhards, qui l'analyse mieux que moi, "c'est de l'art après tout, pas de la science, ni de l'Histoire, et faire de l'art consiste autant à explorer vos propres réponses qu'explorer celles du monde." L'art n'est pas une science exacte : dans cent ans, la plupart de ce que l'on considère comme génial aura été oublié.
Il pose très bien les 3 règles d'or concernat l'art et la manière de l'appréhender :
1) You don't have to love everything you're told is great,
2) You don't have to claim greatness for everything you love,
3) You don't have to dispute the greatness of the works and artists you dislike.
Explore a lot of great art, give yourself the experience of it, have whatever response you have to it -- and then let it all go. What does it matter, really, whether you agree with the so-called experts? (I can get vexed when I see people try-try-trying, oh so very hard, to "appreciate" a work in exactly the way they've been told to. Why do they strain with such determination to have a particular great experience? Why not have the experience they're having instead, whatever it is?) It matters only that you give the work a try and take note of what the experience was like for you. But don't be such a self-pleasing fool that you avoid what's been deemed to be great. That's crazy too.
Puis comme l'ajoute quelqu'un dans un commentaire :
Don't shut yourself off to the greats. This "It-may-be-great-but-I-don't-like-it" business may seem hip and assertive, even urbanely cynical. But you lose far too much by it.
If you don't like the "greats" today, put them aside and try again later. Sometimes, if you can appreciate great art but can't respond to it, it means you're just not ready for it right now.
Ce qui est souvent vrai. Peut-être que dans dix ou quinze ans, Hemingway deviendra mon auteur favoris (!), parce que l'art n'est pas tellement une question de génie, mais une question de circonstance, et une oeuvre n'est vraiment bonne que parce qu'elle touche le lecteur. Chaque lecture est quelque chose de particulier, de privé et d'unique : la plupart du temps, votre roman préferré ne sera que celui, le seul de votre vie, que vous aurez lu au seul moment parfait pour lui.
Je connais toutes les imperfections des Hauts de Hurlevent, parce que ce livre est ma Bible, que j'ai tout lu sur lui, mais c'est aussi le seul livre que je relis tous les ans en ayant chaque fois l'impression qu'il est nouveau, qu'il est unique, et qu'il n'est que pour moi. J'adore ce livre parce que je l'ai lu à douze ans et demi et que j'ai tout compris : j'ai compris la passion, parce que c'était de mon âge le romantisme noir, j'ai compris Heatcliff, parce qu'il touchait avec sa violence, son ambiguité, sa fragilité, sa face sombre qui restera toujours un mystère, ma corde sensible, et que c'est avec lui que j'ai réalisé que je préferrerai toujours les anti-héros ambigus, mais surtout parce que j'ai compris quel était le vrai sujet du livre, que la plupart des lecteurs ne voient jamais : ce n'est pas la passion, et ce n'est pas la violence, c'est l'enfance. Le livre tout entier est une réflexion sur les dangers du refus de quitter l'enfance. L'ayant lu à l'âge où je devenais adolescente, il n'y avait pas pour moi de meilleur moment pour comprendre ce livre.
J'aurais lu le livre plus tard, je l'aurais peut-être vu comme un histoire un peu manichéenne de passion folle, et peut-être l'aurais-je détesté, peut-être que sa magie m'aurait complètement échappée. Mais ce n'est pas le cas, et je sais que ce livre, quand on le lit correctement, n'est rien de tout ce qu'on lui reproche. Question de circonstances, vraiment.
Je ne désespère pas de trouver les circonstances pour aimer un jour Hemingway. J'attend juste le bon moment.
(Lien vers 2blowhards via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
En général, si on est un peu littéraire, en de telles circonstances, on a honte, on se traîte d'imbécile, on n'ose plus se regarder dans le miroir ("Tu n'aimes pas L'étranger de Camus ? Mais t'es dégénérée du cerveau ! Tout le monde aime ce bouquin !") et on en vient à s'autoflageller à la moindre vision de ces livres maudits. Comment, oui comment peut-on passer à côter de certaines grandes oeuvres de la littérature, ou des arts en général, sans être forcément indignes de ces grandes oeuvres d'art ? Hein ?
D'abord en y répondant à la manière de Pennac dans Comme un roman: "Comment peut-on ne pas aimer Stendhal ? On peut." Tout simplement. (à oui, j'ai oublié de vous mentionner Stendhal... Section Hemingway)
Tout le monde a ses bêtes noires en manière d'art, et c'est on ne peut plus normal. Mêmes les plus grands écrivains ont eu leur propres faiblesses face à de grands classiques.
En fait l'important, en art, n'est pas d'apprécier, mais plutôt d'essayer. Comme le dit 2blowhards, qui l'analyse mieux que moi, "c'est de l'art après tout, pas de la science, ni de l'Histoire, et faire de l'art consiste autant à explorer vos propres réponses qu'explorer celles du monde." L'art n'est pas une science exacte : dans cent ans, la plupart de ce que l'on considère comme génial aura été oublié.
Il pose très bien les 3 règles d'or concernat l'art et la manière de l'appréhender :
1) You don't have to love everything you're told is great,
2) You don't have to claim greatness for everything you love,
3) You don't have to dispute the greatness of the works and artists you dislike.
Explore a lot of great art, give yourself the experience of it, have whatever response you have to it -- and then let it all go. What does it matter, really, whether you agree with the so-called experts? (I can get vexed when I see people try-try-trying, oh so very hard, to "appreciate" a work in exactly the way they've been told to. Why do they strain with such determination to have a particular great experience? Why not have the experience they're having instead, whatever it is?) It matters only that you give the work a try and take note of what the experience was like for you. But don't be such a self-pleasing fool that you avoid what's been deemed to be great. That's crazy too.
Puis comme l'ajoute quelqu'un dans un commentaire :
Don't shut yourself off to the greats. This "It-may-be-great-but-I-don't-like-it" business may seem hip and assertive, even urbanely cynical. But you lose far too much by it.
If you don't like the "greats" today, put them aside and try again later. Sometimes, if you can appreciate great art but can't respond to it, it means you're just not ready for it right now.
Ce qui est souvent vrai. Peut-être que dans dix ou quinze ans, Hemingway deviendra mon auteur favoris (!), parce que l'art n'est pas tellement une question de génie, mais une question de circonstance, et une oeuvre n'est vraiment bonne que parce qu'elle touche le lecteur. Chaque lecture est quelque chose de particulier, de privé et d'unique : la plupart du temps, votre roman préferré ne sera que celui, le seul de votre vie, que vous aurez lu au seul moment parfait pour lui.
Je connais toutes les imperfections des Hauts de Hurlevent, parce que ce livre est ma Bible, que j'ai tout lu sur lui, mais c'est aussi le seul livre que je relis tous les ans en ayant chaque fois l'impression qu'il est nouveau, qu'il est unique, et qu'il n'est que pour moi. J'adore ce livre parce que je l'ai lu à douze ans et demi et que j'ai tout compris : j'ai compris la passion, parce que c'était de mon âge le romantisme noir, j'ai compris Heatcliff, parce qu'il touchait avec sa violence, son ambiguité, sa fragilité, sa face sombre qui restera toujours un mystère, ma corde sensible, et que c'est avec lui que j'ai réalisé que je préferrerai toujours les anti-héros ambigus, mais surtout parce que j'ai compris quel était le vrai sujet du livre, que la plupart des lecteurs ne voient jamais : ce n'est pas la passion, et ce n'est pas la violence, c'est l'enfance. Le livre tout entier est une réflexion sur les dangers du refus de quitter l'enfance. L'ayant lu à l'âge où je devenais adolescente, il n'y avait pas pour moi de meilleur moment pour comprendre ce livre.
J'aurais lu le livre plus tard, je l'aurais peut-être vu comme un histoire un peu manichéenne de passion folle, et peut-être l'aurais-je détesté, peut-être que sa magie m'aurait complètement échappée. Mais ce n'est pas le cas, et je sais que ce livre, quand on le lit correctement, n'est rien de tout ce qu'on lui reproche. Question de circonstances, vraiment.
Je ne désespère pas de trouver les circonstances pour aimer un jour Hemingway. J'attend juste le bon moment.
(Lien vers 2blowhards via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
LE MOT POUR LE DIRE
Cascatelle. Nom féminin. [de l'italien cascata, cascade) 1- Petite cascade. 2- Nombreuses attaques de paroles.
"Longues cascatelles d'assonances injurieusement bouffonnes..."
Gauthier
La caravane passe, les chiens aboient /
"Longues cascatelles d'assonances injurieusement bouffonnes..."
Gauthier
La caravane passe, les chiens aboient /
jeudi, novembre 20, 2003
J'ai réussi à supporter Madonna, j'ai ignoré Mylène Farmer, je me contenterai de grincer des dents pour Cindy Crawford,...
...mais pour Britney Spears, je vais vraiment être obligée de sévir.
Qu'est-ce qu'elles ont toutes ces radasses qui veulent écrirent des livres pour enfants ? Elles ont fait un stage chez le Dalaï-Lama et raté le cours "Sois riche et tais-toi" ? Elles ont vu Dieu ? Pire, elles ont parlé à Dieu ? La dernière qui a fait ça, elle a déclenché une guerre et bouté les anglais hors de France ; elles, elles écrivent des torchons pour gosses et boutent les enfants hors de la littérature. Honnêtement, je suis pas sûre que la Jeanne ait eu une si mauvaise cause en comparaison.
La littérature enfantine, c'est le nouveau jouet à la mode des stars (icelles-ci), des écrivains confirmés qui s'y mettent pour passer le temps et gagner du fric (on a eu l'occasion en France d'avoir droit aux versions de Serge Brussolo, Marie N'Diaye et Isabel Allende) et surtout des éditeurs qui ayant découvert le filon, en usent et en surabusent. Mais à force de publier tout et n'importe quoi, ils ont commencé à publier de la merde : déjà que les enfants, c'est rarement motivés, si en plus on les dégoûte... Comme c'est à la mode la littérature enfantine, on a même droit à la rubrique : Apprenez à vos enfants à aimer lire. Tout un programme.
«On apprend à lire aux enfants comme on apprenait à nager à mon arrière-grand-mère, explique très sérieusement Jean Delas, directeur des éditions de L'Ecole des loisirs. En jupons, sur un tabouret, elle exécutait à la perfection les mouvements de la brasse. Mais, comme à cette époque, les femmes ne se déshabillaient pas en public, elle ne s'est jamais baignée, ni dans une rivière ni dans la mer...» En clair, apprendre à lire et lire, ce n'est pas la même chose.
Au fond la meileure méthode c'est celle de Pennac :
Daniel Pennac, qui fut longtemps professeur de lettres, nous l'avait bien dit: «Le verbe " lire " ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres: le verbe " aimer "... le verbe " rêver "...» Mais l'a-t-on bien entendu? Dans Comme un roman, son limpide et délicieux essai sur la lecture, il défend la lecture-cadeau, la lecture gratuite et sans contrepartie. Comment retourner comme une crêpe un auditoire de lycéens de seconde qui croient ne pas aimer lire? En leur lisant à voix haute (mais oui, comme à des petits) Le parfum de Süskind ou Cent ans de solitude, ou même La princesse de Clèves, œuvre réputée «chiante». «Une seule condition à cette réconciliation avec la lecture: ne rien demander en échange. Absolument rien. N'élever aucun rempart de connaissance préliminaire autour du livre. Ne pas poser la moindre question. Ne pas donner le plus petit devoir. Ne pas ajouter un seul mot à ceux des pages lues. Pas de jugement de valeur, pas d'explication de vocabulaire, pas d'analyse de texte, pas d'indication biographique... S'interdire de "parler autour". Lecture-cadeau. Lire et attendre.» On voit d'ici la tête des parents d'élèves: attendre, c'est bien joli. Mais attendre quoi? Et le programme alors? Attendre que la peur se dissipe, la peur secrète du livre, la peur de ne rien comprendre, la peur de ne pas savoir répondre aux questions, la peur de rater son commentaire. La peur qui ligote et paralyse. Attendre que le plaisir revienne, celui des lectures de la petite enfance, en gardant bien en tête «les droits imprescriptibles du lecteur» édictés par Pennac:
«1) Le droit de ne pas lire.
2) Le droit de sauter des pages.
3) Le droit de ne pas finir un livre.
4) Le droit de relire.
5) Le droit de lire n'importe quoi.
6) Le droit au bovarysme
(maladie textuellement transmissible).
7) Le droit de lire n'importe où.
8) Le droit de grappiller.
9) Le droit de lire à haute voix.
10) Le droit de nous taire.»
Puisqu'on en est sur le sujet de la lecture des enfants, inversons un peu l'équation, l'autre sujet à la mode étant les adultes qui lisent des livres pour enfants (comme moi). Selon certaine grande dame de la littérature anglaise, ces gens-là (en particulier s'ils lisent Harry Potter) ont "une vie imaginative confinée dans les dessins-animés télé et les mondes-miroirs exagérés (exitants, pas menaçants) des soaps-operas, de la télé-réalité et des potins de stars". C'est marrant, moi j'étais capable de regarder Les Chevaliers du Zodiac (j'étais déjà fan de phénix, la vie est un éternel recommencement) et de lire Germinal à la même époque sans que ça me caramélise le cerveau, et je suis toujours capable de passer sans problème de L'ordre du Phénix de J.K Rowling à La vierge dans la jardin d'A.S. Byatt sans en ressentir les effets secondaires débilisants. C'est grave ?
A douze ans je lisais Les Trois Mousquetaires et Germinal l'un et l'autre écrits pour les adultes ; à douze ans j'étais capable de lire un livre qui raconte en long en large et en travers l'aventure de D'Artagnan et de Milady et un autre où un salaud se fait châtrer par une bande de furie (même la version ciné était moins hard). C'est une preuve, s'il en fallait, qu'à douze ans, on n'est ni un crétin, ni un lecteur de merde : alors qu'est-ce qui peut bien faire croire aux snobs que les livres écrits pour les douze ans d'âge sont forcément des livres écrits pour des crétins, avec l'attirail de bétise qui s'en suit ? Franchement, c'est pas comme si les adultes se remettaient à lire Le Club des Cinq part en freestyle!
La caravane passe, les chiens aboient /
Qu'est-ce qu'elles ont toutes ces radasses qui veulent écrirent des livres pour enfants ? Elles ont fait un stage chez le Dalaï-Lama et raté le cours "Sois riche et tais-toi" ? Elles ont vu Dieu ? Pire, elles ont parlé à Dieu ? La dernière qui a fait ça, elle a déclenché une guerre et bouté les anglais hors de France ; elles, elles écrivent des torchons pour gosses et boutent les enfants hors de la littérature. Honnêtement, je suis pas sûre que la Jeanne ait eu une si mauvaise cause en comparaison.
La littérature enfantine, c'est le nouveau jouet à la mode des stars (icelles-ci), des écrivains confirmés qui s'y mettent pour passer le temps et gagner du fric (on a eu l'occasion en France d'avoir droit aux versions de Serge Brussolo, Marie N'Diaye et Isabel Allende) et surtout des éditeurs qui ayant découvert le filon, en usent et en surabusent. Mais à force de publier tout et n'importe quoi, ils ont commencé à publier de la merde : déjà que les enfants, c'est rarement motivés, si en plus on les dégoûte... Comme c'est à la mode la littérature enfantine, on a même droit à la rubrique : Apprenez à vos enfants à aimer lire. Tout un programme.
«On apprend à lire aux enfants comme on apprenait à nager à mon arrière-grand-mère, explique très sérieusement Jean Delas, directeur des éditions de L'Ecole des loisirs. En jupons, sur un tabouret, elle exécutait à la perfection les mouvements de la brasse. Mais, comme à cette époque, les femmes ne se déshabillaient pas en public, elle ne s'est jamais baignée, ni dans une rivière ni dans la mer...» En clair, apprendre à lire et lire, ce n'est pas la même chose.
Au fond la meileure méthode c'est celle de Pennac :
Daniel Pennac, qui fut longtemps professeur de lettres, nous l'avait bien dit: «Le verbe " lire " ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres: le verbe " aimer "... le verbe " rêver "...» Mais l'a-t-on bien entendu? Dans Comme un roman, son limpide et délicieux essai sur la lecture, il défend la lecture-cadeau, la lecture gratuite et sans contrepartie. Comment retourner comme une crêpe un auditoire de lycéens de seconde qui croient ne pas aimer lire? En leur lisant à voix haute (mais oui, comme à des petits) Le parfum de Süskind ou Cent ans de solitude, ou même La princesse de Clèves, œuvre réputée «chiante». «Une seule condition à cette réconciliation avec la lecture: ne rien demander en échange. Absolument rien. N'élever aucun rempart de connaissance préliminaire autour du livre. Ne pas poser la moindre question. Ne pas donner le plus petit devoir. Ne pas ajouter un seul mot à ceux des pages lues. Pas de jugement de valeur, pas d'explication de vocabulaire, pas d'analyse de texte, pas d'indication biographique... S'interdire de "parler autour". Lecture-cadeau. Lire et attendre.» On voit d'ici la tête des parents d'élèves: attendre, c'est bien joli. Mais attendre quoi? Et le programme alors? Attendre que la peur se dissipe, la peur secrète du livre, la peur de ne rien comprendre, la peur de ne pas savoir répondre aux questions, la peur de rater son commentaire. La peur qui ligote et paralyse. Attendre que le plaisir revienne, celui des lectures de la petite enfance, en gardant bien en tête «les droits imprescriptibles du lecteur» édictés par Pennac:
«1) Le droit de ne pas lire.
2) Le droit de sauter des pages.
3) Le droit de ne pas finir un livre.
4) Le droit de relire.
5) Le droit de lire n'importe quoi.
6) Le droit au bovarysme
(maladie textuellement transmissible).
7) Le droit de lire n'importe où.
8) Le droit de grappiller.
9) Le droit de lire à haute voix.
10) Le droit de nous taire.»
Puisqu'on en est sur le sujet de la lecture des enfants, inversons un peu l'équation, l'autre sujet à la mode étant les adultes qui lisent des livres pour enfants (comme moi). Selon certaine grande dame de la littérature anglaise, ces gens-là (en particulier s'ils lisent Harry Potter) ont "une vie imaginative confinée dans les dessins-animés télé et les mondes-miroirs exagérés (exitants, pas menaçants) des soaps-operas, de la télé-réalité et des potins de stars". C'est marrant, moi j'étais capable de regarder Les Chevaliers du Zodiac (j'étais déjà fan de phénix, la vie est un éternel recommencement) et de lire Germinal à la même époque sans que ça me caramélise le cerveau, et je suis toujours capable de passer sans problème de L'ordre du Phénix de J.K Rowling à La vierge dans la jardin d'A.S. Byatt sans en ressentir les effets secondaires débilisants. C'est grave ?
A douze ans je lisais Les Trois Mousquetaires et Germinal l'un et l'autre écrits pour les adultes ; à douze ans j'étais capable de lire un livre qui raconte en long en large et en travers l'aventure de D'Artagnan et de Milady et un autre où un salaud se fait châtrer par une bande de furie (même la version ciné était moins hard). C'est une preuve, s'il en fallait, qu'à douze ans, on n'est ni un crétin, ni un lecteur de merde : alors qu'est-ce qui peut bien faire croire aux snobs que les livres écrits pour les douze ans d'âge sont forcément des livres écrits pour des crétins, avec l'attirail de bétise qui s'en suit ? Franchement, c'est pas comme si les adultes se remettaient à lire Le Club des Cinq part en freestyle!
La caravane passe, les chiens aboient /
Ce matin, la tour Eiffel avait la tête dans la brume
J'aurais presque pu la trouver jolie pour une fois, et puis, ça tombait bien, j'étais juste à côté, ce matin. Et moi aussi, j'ai la tête sur un petit nuage, maintenant.
Parce que oui ! je l'ai ! Mon stage, je l'ai ! (c'est probable, c'est même certain, la Madame avec qui j'avais rendez-vous ce matin à encore deux trois personnes à voir, mais, d'après ce que j'ai compris, à moins qu'elle tombe sur un forcené du stage qui en fait depuis dix ans, sait tout sur tout et saura se débrouiller sans l'aide de personne -- forcenné du stage si tu existes et que tu me pique ma place, crois-moi je saurais ooù te trouver et crois-moi, tu vivras de sales moments ! --, le stage est à MOI !) Et pour 6 mois, à partir de début janvier vous aurez droit à Grands Reportages en direct de l'intérieur même du milieu très fermé de l'édition. Et ça va saigner (je blague, bien sûr... Rendez-vous compte, j'ai déjà une faiblesse pour ma future patronne : je la trouve sympa. C'est à désespérer de soi-même quand on trouve son patron sympa, non ?).
Pour bien commencer, je vais même vous révèler le nom de mon futur employeur (de la dé-la-tion ! de la dé-la-tion !) : roulement de tambour... Je vais travailler pour Hachette ! Oui, Hachette, le gros machin qui possède la moitié de l'édition française. Je l'avais pas dit que c'était un très très très grosse boîte ? Mais rassurez-vous, je ne vais pas me perdre dans la très grosse boîte, puisque moi je vais travailler dans la très ch'tite boîte à l'intérieur de la très ch'grosse boîte : je me fais comprendre ? C'est d'autant plus petit, que contrairement à ce que laisse croire la liste du personnel (note pour plus tard : toujours se méfier des listes du personnel), il n'y a que quatre personnes qui travaillent vraiment là. Les directeurs de collections, d'après ce que j'ai compris, ça vit dans une autre stratosphère... Posez pas de questions. Et puis cette liste est d'autant plus trompeuse qu'elle ne vous donne pas les noms des stagiaires. Il faut savoir un truc sur le milieu de l'édition en France, c'est que la légende veut que la moitié des employés soient des stagiaires. Sachant qu'en me comptant moi, on sera trois stagiaires... Le compte est presque bon, non ?
Bon, vous voulez quand même que je vous dise un peu de mal d'Hachette ? Qu'à cela ne tienne, j'ai déjà quelques petits griefs à vous servir. Comme par exemple la paranoïa d'Hachette. J'étais pas au courant qu'on les avait menacé de les plastiquer, mais c'est forcément ce qui a dû se passer, parce que moi j'ai eu l'impression de m'être trompé de batiment et d'avoir pénétré le ministère de l'Intérieur qui ait à deux pas. Vous en connaissez beaucoup, vous, des maisons d'édition qui confisquent votre carte d'identité à l'entrée pour toute la durée de votre rendrez-vous ? Avoir un badge visiteur, à la limite, je trouve ça plutôt amusant, ça fait film, mais donner mes papiers d'identité pour l'avoir, je trouve que ça fait beaucoup trop film. De toute évidence, c'est récent, puisqu'une habituée de la maison s'en plaignait dans l'ascensceur. Je ne vois qu'une possibilité : depuis que Lagardère à racheté VUP, tous les petits éditeurs en voie de disparition menacent de venir incendier le bâtiment pour se venger du nouveau monopole de Hachette. Il n'y a pas longtemps ça m'aurait encore fait rire, mais maintenant plus du tout : vous vous rendez compte, bande de terroriste à la petite semaine, que je vais travailler dans ce batiment maintenant ! Alors vous allez arrêter vos conneries, ET TOUT DE SUITE ! Sinon, ça va barder !
Le reste des griefs, c'est juste pour la conne à l'entrée avec son grand sourire qui m'a envoyée dans un bureau qui n'avait rien à voir ma ch'tite boîte, puisque la ch'tite boîte se trouvait dans le bureau à l'autre bout : éh, grognasse, t'es en stage toi aussi ? Tu vois pas que tu déshonnores la profession ! Je suis passée à deux doigts de la crise d'angoisse à cause de toi, mais heureusement que ma (future) patronne est sympa, elle m'a sauvée en venant me chercher dans le couloir... (Remarquez, ça aurait été amusant si j'avais vraiment fait une crise d'angoisse dans le couloir, j'aurais pu faire un concours de qui c'est qui va la plus mal avec la dame qui s'est évanouie. Y s'en passe des choses dans les maisons d'édition, vous imagineriez même pas...)
Voilà. Maintenant, je peux enfin dire au Chevalier Félon, qui s'en fout puisqu'il est en convalescence à Perpète-les-oies -- je m'en fous, je le dirais quand même --, que ma dépression va un tantinet mieux. Ca, croyez-moi, c'est la meilleure nouvelle de la journée.
La caravane passe, les chiens aboient /
Parce que oui ! je l'ai ! Mon stage, je l'ai ! (c'est probable, c'est même certain, la Madame avec qui j'avais rendez-vous ce matin à encore deux trois personnes à voir, mais, d'après ce que j'ai compris, à moins qu'elle tombe sur un forcené du stage qui en fait depuis dix ans, sait tout sur tout et saura se débrouiller sans l'aide de personne -- forcenné du stage si tu existes et que tu me pique ma place, crois-moi je saurais ooù te trouver et crois-moi, tu vivras de sales moments ! --, le stage est à MOI !) Et pour 6 mois, à partir de début janvier vous aurez droit à Grands Reportages en direct de l'intérieur même du milieu très fermé de l'édition. Et ça va saigner (je blague, bien sûr... Rendez-vous compte, j'ai déjà une faiblesse pour ma future patronne : je la trouve sympa. C'est à désespérer de soi-même quand on trouve son patron sympa, non ?).
Pour bien commencer, je vais même vous révèler le nom de mon futur employeur (de la dé-la-tion ! de la dé-la-tion !) : roulement de tambour... Je vais travailler pour Hachette ! Oui, Hachette, le gros machin qui possède la moitié de l'édition française. Je l'avais pas dit que c'était un très très très grosse boîte ? Mais rassurez-vous, je ne vais pas me perdre dans la très grosse boîte, puisque moi je vais travailler dans la très ch'tite boîte à l'intérieur de la très ch'grosse boîte : je me fais comprendre ? C'est d'autant plus petit, que contrairement à ce que laisse croire la liste du personnel (note pour plus tard : toujours se méfier des listes du personnel), il n'y a que quatre personnes qui travaillent vraiment là. Les directeurs de collections, d'après ce que j'ai compris, ça vit dans une autre stratosphère... Posez pas de questions. Et puis cette liste est d'autant plus trompeuse qu'elle ne vous donne pas les noms des stagiaires. Il faut savoir un truc sur le milieu de l'édition en France, c'est que la légende veut que la moitié des employés soient des stagiaires. Sachant qu'en me comptant moi, on sera trois stagiaires... Le compte est presque bon, non ?
Bon, vous voulez quand même que je vous dise un peu de mal d'Hachette ? Qu'à cela ne tienne, j'ai déjà quelques petits griefs à vous servir. Comme par exemple la paranoïa d'Hachette. J'étais pas au courant qu'on les avait menacé de les plastiquer, mais c'est forcément ce qui a dû se passer, parce que moi j'ai eu l'impression de m'être trompé de batiment et d'avoir pénétré le ministère de l'Intérieur qui ait à deux pas. Vous en connaissez beaucoup, vous, des maisons d'édition qui confisquent votre carte d'identité à l'entrée pour toute la durée de votre rendrez-vous ? Avoir un badge visiteur, à la limite, je trouve ça plutôt amusant, ça fait film, mais donner mes papiers d'identité pour l'avoir, je trouve que ça fait beaucoup trop film. De toute évidence, c'est récent, puisqu'une habituée de la maison s'en plaignait dans l'ascensceur. Je ne vois qu'une possibilité : depuis que Lagardère à racheté VUP, tous les petits éditeurs en voie de disparition menacent de venir incendier le bâtiment pour se venger du nouveau monopole de Hachette. Il n'y a pas longtemps ça m'aurait encore fait rire, mais maintenant plus du tout : vous vous rendez compte, bande de terroriste à la petite semaine, que je vais travailler dans ce batiment maintenant ! Alors vous allez arrêter vos conneries, ET TOUT DE SUITE ! Sinon, ça va barder !
Le reste des griefs, c'est juste pour la conne à l'entrée avec son grand sourire qui m'a envoyée dans un bureau qui n'avait rien à voir ma ch'tite boîte, puisque la ch'tite boîte se trouvait dans le bureau à l'autre bout : éh, grognasse, t'es en stage toi aussi ? Tu vois pas que tu déshonnores la profession ! Je suis passée à deux doigts de la crise d'angoisse à cause de toi, mais heureusement que ma (future) patronne est sympa, elle m'a sauvée en venant me chercher dans le couloir... (Remarquez, ça aurait été amusant si j'avais vraiment fait une crise d'angoisse dans le couloir, j'aurais pu faire un concours de qui c'est qui va la plus mal avec la dame qui s'est évanouie. Y s'en passe des choses dans les maisons d'édition, vous imagineriez même pas...)
Voilà. Maintenant, je peux enfin dire au Chevalier Félon, qui s'en fout puisqu'il est en convalescence à Perpète-les-oies -- je m'en fous, je le dirais quand même --, que ma dépression va un tantinet mieux. Ca, croyez-moi, c'est la meilleure nouvelle de la journée.
La caravane passe, les chiens aboient /
People
Pour continuer sur une vraie petite note potin, je viens également aujourd'hui de devenir un vraie parisienne en subissant mon baptême de star. C'est la même chose que pour les gens qui habitent Los Angeles/Hollywood/Beverly Hills : vous ne devenez un membre très fermé de la petite coterie des vrais parisiens que le jour où vous avez rencontré une star dans la rue. Sans maquillage ni tralala.
A y est, donc. J'ai eu l'immense "honneur" de croiser l'ex-Madame Estelle Halliday. Et... bof ? Ouais bof, parce que Madame Estelle Machin-j'ai-oublié-son-vrai-nom-de-famille-faut-que-je-trouve-une-ancien-Voici-pour-parfaire-ma-culture, qui roule en Mini (parce qu'on peut être riche jusqu'à l'indécence, et rester suffisamment simple pour continuer à rouler en Mini et à porter des baskets -- mais des Cougars, quand même, parce qu'on a une certaine réputation à tenir), avait les traits tirés et des cernes qui lui bouffaient les commissures des lèvres.
Ben alors, qu'est-ce qui reste quand on n'est plus que grande, maigre (très maigre -- tiens maintenant que j'y pense, elle me fait peut-être un petit bout d'anorexie) et blonde ?
Ben y reste qu'au moins, les petites ex-stéphanoises qui vous reconnaissent dans la rue ne vous demandent pas d'autographe en gloussant. C'est toujours ça de gagné, non ?
Et puis, il lui reste toujours ses très belles Cougars.
La caravane passe, les chiens aboient /
A y est, donc. J'ai eu l'immense "honneur" de croiser l'ex-Madame Estelle Halliday. Et... bof ? Ouais bof, parce que Madame Estelle Machin-j'ai-oublié-son-vrai-nom-de-famille-faut-que-je-trouve-une-ancien-Voici-pour-parfaire-ma-culture, qui roule en Mini (parce qu'on peut être riche jusqu'à l'indécence, et rester suffisamment simple pour continuer à rouler en Mini et à porter des baskets -- mais des Cougars, quand même, parce qu'on a une certaine réputation à tenir), avait les traits tirés et des cernes qui lui bouffaient les commissures des lèvres.
Ben alors, qu'est-ce qui reste quand on n'est plus que grande, maigre (très maigre -- tiens maintenant que j'y pense, elle me fait peut-être un petit bout d'anorexie) et blonde ?
Ben y reste qu'au moins, les petites ex-stéphanoises qui vous reconnaissent dans la rue ne vous demandent pas d'autographe en gloussant. C'est toujours ça de gagné, non ?
Et puis, il lui reste toujours ses très belles Cougars.
La caravane passe, les chiens aboient /
Très grosses dépenses
Ca n'arrive que rarement -- d'ailleurs soyons honnêtes, vu comme la littérature étrangère se vent aux USA, ça n'arrive même jamais --, donc quand les éditeurs américains déboursent des milles et des cents (en l'occurence ici, de 6 chiffres) pour obtenir les droits de livres français, cela vaut la peine que l'on s'y attarde un peu, même si les livres eux-mêmes... euh... pas forcément :
100 000 dollars: c’est la somme déboursée par la maison d’édition Little Brown pour acheter les droits, aux Etats-Unis et en Angleterre, du troisième roman de Gilles Rozier, «Un amour sans résistance» (Denoël). Mais Marek Halter le surclasse largement, avec les 500 000 dollars versés par Crown et Bentham aux Editions Robert Laffont pour le second tome de «Tsippora».
(Via Le Nouvel Observateur)
Si on oubliera aussi vite qu'on l'a mentionné le livre de Marek Halter, on peut s'attarder sur le livre de Rozier, qui, résumé, a pourtant l'air plus casse-gueule : la confession d'un professeur d'allemand sous l'Occupation qui tombe amoureux d'un juif. Du classique, du lourd, très lourd, qui pèse et s'écrase facilement. Sauf que le texte joue plus sur l'écriture et l'ambiguité que sur l'histoire, l'ambiguité du narrateur en particulier :
[Le texte va] raconter une histoire d'amour sans jamais révéler au lecteur si le personnage principal est un homme ou une femme. Le soldat juif est un homme, Herman. En revanche, impossible de définir le sexe du narrateur, de ce «je» aux mille ambiguïtés. Il s'est marié avec Claude [...] Difficile donc d'en savoir plus sur le narrateur en passant par ce personnage tout aussi androgyne. Même dans les scènes d'amour avec Herman, le choix des mots est équivoque : «Nous avons fait l'amour et il est venu en moi. Cet homme rien que pour moi. Il était juste assez brutal pour me dominer, mais attentif à mon désir. Sa manière de me faire l'amour ne laissait aucun doute : il s'était emparé de mon corps en seigneur, avec l'appétit d'un cannibale, aucune parcelle n'était épargnée, mes cuisses, mon pubis, mes tétons. J'étais un être vivant. Enfin.»
Alors ? Ayant mordu à l'hameçon, on se prend au jeu, on cherche la faille, partout, dans chaque détail, sous chaque expression, on attend le participe passé qui trahit. En vain.
N'empêche, 100 000 $ pour ça...
La caravane passe, les chiens aboient /
100 000 dollars: c’est la somme déboursée par la maison d’édition Little Brown pour acheter les droits, aux Etats-Unis et en Angleterre, du troisième roman de Gilles Rozier, «Un amour sans résistance» (Denoël). Mais Marek Halter le surclasse largement, avec les 500 000 dollars versés par Crown et Bentham aux Editions Robert Laffont pour le second tome de «Tsippora».
(Via Le Nouvel Observateur)
Si on oubliera aussi vite qu'on l'a mentionné le livre de Marek Halter, on peut s'attarder sur le livre de Rozier, qui, résumé, a pourtant l'air plus casse-gueule : la confession d'un professeur d'allemand sous l'Occupation qui tombe amoureux d'un juif. Du classique, du lourd, très lourd, qui pèse et s'écrase facilement. Sauf que le texte joue plus sur l'écriture et l'ambiguité que sur l'histoire, l'ambiguité du narrateur en particulier :
[Le texte va] raconter une histoire d'amour sans jamais révéler au lecteur si le personnage principal est un homme ou une femme. Le soldat juif est un homme, Herman. En revanche, impossible de définir le sexe du narrateur, de ce «je» aux mille ambiguïtés. Il s'est marié avec Claude [...] Difficile donc d'en savoir plus sur le narrateur en passant par ce personnage tout aussi androgyne. Même dans les scènes d'amour avec Herman, le choix des mots est équivoque : «Nous avons fait l'amour et il est venu en moi. Cet homme rien que pour moi. Il était juste assez brutal pour me dominer, mais attentif à mon désir. Sa manière de me faire l'amour ne laissait aucun doute : il s'était emparé de mon corps en seigneur, avec l'appétit d'un cannibale, aucune parcelle n'était épargnée, mes cuisses, mon pubis, mes tétons. J'étais un être vivant. Enfin.»
Alors ? Ayant mordu à l'hameçon, on se prend au jeu, on cherche la faille, partout, dans chaque détail, sous chaque expression, on attend le participe passé qui trahit. En vain.
N'empêche, 100 000 $ pour ça...
La caravane passe, les chiens aboient /
mercredi, novembre 19, 2003
Googlers, googliennes (et yahooiens aussi)
Si je savais comment soigner l'acnée à 24 ans, crois-tu sérieusement que j'en aurais encore ?
Que celui qui ait venu chercher une deuxième fois (oui, toi là-bas : je sais que c'était toi la première fois) la rubrique "vol à l'étalage : truc" de ce blog sache qu'elle se trouve ici et ne comporte qu'une seule astuce : garde tes mains dans tes poches !
Quand au lycéen qui cherche un long résumé de L'attrape-coeur, je ne ferai pas ton travail à ta place, parce que si j'ai quitté le lycée, ce n'est pas pour retourner m'y faire flic pour tes beaux yeux. Mais étant de bonne humeur, je vais quand même te donner un conseil : n'oublie pas les canards de l'étang gelé de Central Parc. Si je connais bien les professeurs (je connais bien les professeurs), c'est ça qu'on va te demander. Ou le truc sur La femme du boulanger. Voilà, maintenant, pour comprendre ce que je viens de te dire, tu vas être obligé de lire le livre. C'est terrible.
Enfin, pour Un long dimanche de fiancaille, Audrey Tautou est en long rendez-vous en extérieur : y a-t-il un numéro où elle pourrait vous rappeler ultérieurement ?
Voilà, si je n'ai pas satisfait tout le monde, c'est à désespérer des marques de bonne volonté.
La caravane passe, les chiens aboient /
Que celui qui ait venu chercher une deuxième fois (oui, toi là-bas : je sais que c'était toi la première fois) la rubrique "vol à l'étalage : truc" de ce blog sache qu'elle se trouve ici et ne comporte qu'une seule astuce : garde tes mains dans tes poches !
Quand au lycéen qui cherche un long résumé de L'attrape-coeur, je ne ferai pas ton travail à ta place, parce que si j'ai quitté le lycée, ce n'est pas pour retourner m'y faire flic pour tes beaux yeux. Mais étant de bonne humeur, je vais quand même te donner un conseil : n'oublie pas les canards de l'étang gelé de Central Parc. Si je connais bien les professeurs (je connais bien les professeurs), c'est ça qu'on va te demander. Ou le truc sur La femme du boulanger. Voilà, maintenant, pour comprendre ce que je viens de te dire, tu vas être obligé de lire le livre. C'est terrible.
Enfin, pour Un long dimanche de fiancaille, Audrey Tautou est en long rendez-vous en extérieur : y a-t-il un numéro où elle pourrait vous rappeler ultérieurement ?
Voilà, si je n'ai pas satisfait tout le monde, c'est à désespérer des marques de bonne volonté.
La caravane passe, les chiens aboient /
Je veux tous vous entendre !
(Sachant que pour garder fidèles ses donc fidèles lecteurs, il faut régulièrement perfuser son blog d'une petite page d'information personnelle, voici la rubrique que vous attendez tous : "MOI, JE : potins, potins, potins".)
Première info : non, personne ne veut m'adopter, et ça Messieurs, je trouve ça dégueulasse. (Ca, c'était la partie potinX3 : parce qu'on m'a demandé plusieurs fois si, oui, j'avais trouvé l'âme soeur avec cette méthode pour le moins non-conventionnelle : et je confirme pour ceux qui s'en doutaient un peu, ça ne marche pas. Du tout. Et c'est nul.)
Deuxième info : En fait ce post n'existe que pour cette seule info. Mais faut attirer le client par tous les moyens, alors on se prostitue un peu.
Donc, étant à la recherche d'un emploi, d'un stage, d'un n'importe quoi, je déprimais sec pour cause de manque d'intérêt de tout le monde pour ma merveilleuse personne. Comment ça, je n'avais rien à vous apporter ? Mais détrompez-vous, vous êtes passez à côté de la seule et unique Muselivre, et d'autres que vous ont eu les paupières beaucoup moins soudées au titane. Et c'est d'ailleurs là qu'on s'aperçoit qu'internet, quand même c'est vraiment magique. Vraiment.
En début de matinée je consulte les offres de stages de l'ASFORED (Centre de Formation du Syndicat National des Editeurs), j'en trouve entre autres une datée d'une 29 octobre, le poste à pourvoir le 20 novembre au plus tard (mmhh, mais c'est demain ça...) et je me dis, tiens, je vais pas me faire chier à écrire une lettre manuscrite pour un poste que j'aurais même pas, je m'en vais la leur envoyer par e-mail ma lettre, parce qu'à l'arrivée je sais bien elle passera directement à la corbeille sans même être lue (Ah, mazette : mais j'ai sauvé un arbre !). C'est là que, respect, je découvre qu'internet c'est vraiment magique : j'ai envoyé mon mail à 17 h 30, à 17 h 39, on me répondait par e-mail, et à 17 h 45 on me téléphonnait pour me proposer un entretien en vue d'un stage en janvier. (Vous avez le droit d'applaudire : d'ailleurs je veux même vous entendre)
Mieux même : j'avais postulé pour un poste en service cessions des droits étrangers, mais le poste était déjà pris (ben, oui, attendez, il y a que internet qui soit magique...), donc on me propose un stage en service éditorial. Ce que je veux ! Mais c'est quand même magique (je lis vraiment trop Harry Potter : demain on commence le sevrage) !
Bon, tout ça pour dire que je veux votre soutien inconditionnel pour mon rendez-vous de demain. Je veux qu'à 10 heures, GMT + 1, jeudi 20 novembre 2003, l'intégralité de la blogosphère littéraire (et d'ailleurs aussi, je suis pas sectaire) ait une pensée émue pour moi. Je veux vous entendre me crier votre soutien, et tiens, un petit mot aussi dans les commentaires, ça me ferait 'achement plaisir...
(Pour garder toutes les chances de mon côté, je garderais momentanément par-devers moi le nom de cette très très très --si si j'insiste -- grosse maison d'édition, même si finalment il y a peu de risques que je sois découverte, puisqu'après mûre réflexion et un petit mail d'un admirateur qui me conseille de blogguer au boulot -- nan, ça c'est pas bien, je le ferai jamais ;-) -- je n'ai pas fait mention de ce blog. Parce que je me réserve le droit de pourvoir faire tous les futurs comentaires que je veux sur la très très très grosse maison d'édition : on se refait pas, même dans l'euphorie.)
La caravane passe, les chiens aboient /
Première info : non, personne ne veut m'adopter, et ça Messieurs, je trouve ça dégueulasse. (Ca, c'était la partie potinX3 : parce qu'on m'a demandé plusieurs fois si, oui, j'avais trouvé l'âme soeur avec cette méthode pour le moins non-conventionnelle : et je confirme pour ceux qui s'en doutaient un peu, ça ne marche pas. Du tout. Et c'est nul.)
Deuxième info : En fait ce post n'existe que pour cette seule info. Mais faut attirer le client par tous les moyens, alors on se prostitue un peu.
Donc, étant à la recherche d'un emploi, d'un stage, d'un n'importe quoi, je déprimais sec pour cause de manque d'intérêt de tout le monde pour ma merveilleuse personne. Comment ça, je n'avais rien à vous apporter ? Mais détrompez-vous, vous êtes passez à côté de la seule et unique Muselivre, et d'autres que vous ont eu les paupières beaucoup moins soudées au titane. Et c'est d'ailleurs là qu'on s'aperçoit qu'internet, quand même c'est vraiment magique. Vraiment.
En début de matinée je consulte les offres de stages de l'ASFORED (Centre de Formation du Syndicat National des Editeurs), j'en trouve entre autres une datée d'une 29 octobre, le poste à pourvoir le 20 novembre au plus tard (mmhh, mais c'est demain ça...) et je me dis, tiens, je vais pas me faire chier à écrire une lettre manuscrite pour un poste que j'aurais même pas, je m'en vais la leur envoyer par e-mail ma lettre, parce qu'à l'arrivée je sais bien elle passera directement à la corbeille sans même être lue (Ah, mazette : mais j'ai sauvé un arbre !). C'est là que, respect, je découvre qu'internet c'est vraiment magique : j'ai envoyé mon mail à 17 h 30, à 17 h 39, on me répondait par e-mail, et à 17 h 45 on me téléphonnait pour me proposer un entretien en vue d'un stage en janvier. (Vous avez le droit d'applaudire : d'ailleurs je veux même vous entendre)
Mieux même : j'avais postulé pour un poste en service cessions des droits étrangers, mais le poste était déjà pris (ben, oui, attendez, il y a que internet qui soit magique...), donc on me propose un stage en service éditorial. Ce que je veux ! Mais c'est quand même magique (je lis vraiment trop Harry Potter : demain on commence le sevrage) !
Bon, tout ça pour dire que je veux votre soutien inconditionnel pour mon rendez-vous de demain. Je veux qu'à 10 heures, GMT + 1, jeudi 20 novembre 2003, l'intégralité de la blogosphère littéraire (et d'ailleurs aussi, je suis pas sectaire) ait une pensée émue pour moi. Je veux vous entendre me crier votre soutien, et tiens, un petit mot aussi dans les commentaires, ça me ferait 'achement plaisir...
(Pour garder toutes les chances de mon côté, je garderais momentanément par-devers moi le nom de cette très très très --si si j'insiste -- grosse maison d'édition, même si finalment il y a peu de risques que je sois découverte, puisqu'après mûre réflexion et un petit mail d'un admirateur qui me conseille de blogguer au boulot -- nan, ça c'est pas bien, je le ferai jamais ;-) -- je n'ai pas fait mention de ce blog. Parce que je me réserve le droit de pourvoir faire tous les futurs comentaires que je veux sur la très très très grosse maison d'édition : on se refait pas, même dans l'euphorie.)
La caravane passe, les chiens aboient /
Prem's !
Une petite biographie vient de sortir qui retrace la vie et la carrière de la toute première femme a avoir vécu de sa plume en France : c'était au 14ème siècle, c'était, comme souvent pour les femmes écrivains, pour gagner sa vie (puisqu'aucun autre métier ne leur était accessible), c'était un écrivain complet qui publiait aussi bien de la poésie que de la philosophie et c'était Christine de Pizan. Restée trop inconnue, même pour ceux qui ont eu la curiosité de chercher le petit poême de son cru dissimulé dans leur livre de français de collège, elle mérite largement qu'on la réhabilite :
Christine de Pizan, d'Evelyne Morin-Rotureau
Peu présentes dans les manuels scolaires, les femmes pourtant se sont élevées contre la soumission. Et si chaque époque a ses héroïnes, il est louable de rendre hommage à Christine de Pizan (1364-1431), la seule et première écrivaine de son époque à avoir vécu de sa plume. Assidue à la cour de Charles V, mariée par intérêt à 14 ans, veuve à 26 ans (Etienne, son mari, fut foudroyé par la peste noire), elle se voit à la tête de trois enfants, de sa mère, de ses deux frères et d'une nièce orpheline. Pauvre et méprisée, elle se lance alors dans l'écriture et publie quinze livres et un recueil de poésie. Puis un livre de Jean de Meung amorce un virage dont la décision lui vaudra consécration. Révoltée par la misogynie de l'auteur, elle sera la première à oeuvrer dans une lutte effrénée pour la cause des femmes avant de se lancer dans une grande campagne pour la paix. Un livre fort, nourri de références historiques et qui trouve les réponses aux questions d'aujourd'hui.
Ed. PEMF -collections "Histoires d'elles"- (60 pages, 8,50 euros).
(Via YahooNews Culture)
La caravane passe, les chiens aboient /
Christine de Pizan, d'Evelyne Morin-Rotureau
Peu présentes dans les manuels scolaires, les femmes pourtant se sont élevées contre la soumission. Et si chaque époque a ses héroïnes, il est louable de rendre hommage à Christine de Pizan (1364-1431), la seule et première écrivaine de son époque à avoir vécu de sa plume. Assidue à la cour de Charles V, mariée par intérêt à 14 ans, veuve à 26 ans (Etienne, son mari, fut foudroyé par la peste noire), elle se voit à la tête de trois enfants, de sa mère, de ses deux frères et d'une nièce orpheline. Pauvre et méprisée, elle se lance alors dans l'écriture et publie quinze livres et un recueil de poésie. Puis un livre de Jean de Meung amorce un virage dont la décision lui vaudra consécration. Révoltée par la misogynie de l'auteur, elle sera la première à oeuvrer dans une lutte effrénée pour la cause des femmes avant de se lancer dans une grande campagne pour la paix. Un livre fort, nourri de références historiques et qui trouve les réponses aux questions d'aujourd'hui.
Ed. PEMF -collections "Histoires d'elles"- (60 pages, 8,50 euros).
(Via YahooNews Culture)
La caravane passe, les chiens aboient /
LE MOT POUR LE DIRE
Lantiponner. Verbe. [de lent, croisé avec lanterner] 1- Tenir des discours frivoles, inutiles et importuns. 2- Atermoyer, s'attarder à bavarder.
Lantiponnage. Nom masculin. Action de lantiponner.
"Hé, tétigué ! ne lantiponnez pas davantage et confessez à la Franquette que vous êtes médecin"
Molière
La caravane passe, les chiens aboient /
Lantiponnage. Nom masculin. Action de lantiponner.
"Hé, tétigué ! ne lantiponnez pas davantage et confessez à la Franquette que vous êtes médecin"
Molière
La caravane passe, les chiens aboient /
La parole est au traducteur
Des auteurs qui laissent leurs traducteurs s'exprimer c'est bien, mais quand le traducteur français n'est autre que Claro, c'est un plaisir en anglais sur le site de William Gaddis, auteur le plus récemment traduit par Master C. avec Agonie d'Agape :
And then it was time to find the music, now that I had all the lyrics . . . It took time, and I had to rant and rave like Flaubert in his "gueuloir" or to whisper and stammer like some Beckettian character. I read my translation aloud many, many times, until I was satisfied (?). Usually, when you work on the final draft, you look for some fluidity. Here, the fluidity lies beyond/behind a stammering — the sentences are cropped as soon as they rise, thoughts are trampled, there is hesitancy [impedance?]. So it’s very important not to erase this well-balanced disorder. To keep the paper roll going "with the holes in it running over the tracker bar."
Contrairement Mason & Dixon, pour lequel Claro (ainsi que Matthieussent avec qui il traduisait le livre) a pu demander des précisions à Pynchon -- cas unique ! --, Gaddis étant décédé, il a dû se débrouiller seul pour retrouver l'origine de toutes les citations qui parsèment le livre, se heurtant parfois à la difficulté de devoir retrouver des citations originales en français ou de se débrouiller avec des traductions existantes défaillantes :
Sometimes, it was not easy: for instance with Flaubert — I couldn't translate Flaubert into French! Fortunately, his letters do exist online . . . I wonder what Gaddis would have thought of this kind of research . . . Then, of course, there is Bernhard, whose name never appears, but whose prose is quoted several times. I re-read especially Concrete and The Loser. A very moving experience, since Gaddis discovered in Thomas Bernhard a very close doppelganger.
The kind of problem one encounters with quotations: if it seems ludicrous to translate Flaubert from English to French, it is a little different if the text is translated from another language. For example: the French translation of Bernhard we have, though very good, diverges slightly from the English translation. That’s what I altered, slightly, too, the French translation, because it needed to be as close as the English one. I did the same with the excerpt from A Confederacy of Dunces, because I found the French translation too far from the original. But in all these cases, I tend to keep to the existing French translation, because it has became, rightly or not, the canon and the reader has to recognize the Bernhard he’s accustomed to reading, with just the right amendments.
Egalement disponibles, les passionnants propos du traducteur allemand de Gaddis :
The process of translating has two parts, the analysis of the English original and the creation of the German version. But there is a small, inconspicuous move between analysis and creation, which for me has become the touchstone for any translation. I call it "digitalisation." There is always the problem of the English sentence getting in the way, interfering with the wish to produce a German version ready for the printer. So I have to delete any memory of the English phrase, I have to create an abstract of the phrase, which should take into account all aspects concerning form and content without taking over the specifically English form and rhythm or the feeling of the whole. In the process of digitalising a sentence in this way I turn it into a non-sentence, into pure information. What is important is the following: there is no metamorphosis without destruction. Digitalisation is the translator's declaration of independence and the toughest part of the job.
(Petit post pour fêter la venue de Claro lui-même, himself et en personne sur mon blog : Claro qui me sert de traducteur personnel... Ah, le bonheur....)
La caravane passe, les chiens aboient /
And then it was time to find the music, now that I had all the lyrics . . . It took time, and I had to rant and rave like Flaubert in his "gueuloir" or to whisper and stammer like some Beckettian character. I read my translation aloud many, many times, until I was satisfied (?). Usually, when you work on the final draft, you look for some fluidity. Here, the fluidity lies beyond/behind a stammering — the sentences are cropped as soon as they rise, thoughts are trampled, there is hesitancy [impedance?]. So it’s very important not to erase this well-balanced disorder. To keep the paper roll going "with the holes in it running over the tracker bar."
Contrairement Mason & Dixon, pour lequel Claro (ainsi que Matthieussent avec qui il traduisait le livre) a pu demander des précisions à Pynchon -- cas unique ! --, Gaddis étant décédé, il a dû se débrouiller seul pour retrouver l'origine de toutes les citations qui parsèment le livre, se heurtant parfois à la difficulté de devoir retrouver des citations originales en français ou de se débrouiller avec des traductions existantes défaillantes :
Sometimes, it was not easy: for instance with Flaubert — I couldn't translate Flaubert into French! Fortunately, his letters do exist online . . . I wonder what Gaddis would have thought of this kind of research . . . Then, of course, there is Bernhard, whose name never appears, but whose prose is quoted several times. I re-read especially Concrete and The Loser. A very moving experience, since Gaddis discovered in Thomas Bernhard a very close doppelganger.
The kind of problem one encounters with quotations: if it seems ludicrous to translate Flaubert from English to French, it is a little different if the text is translated from another language. For example: the French translation of Bernhard we have, though very good, diverges slightly from the English translation. That’s what I altered, slightly, too, the French translation, because it needed to be as close as the English one. I did the same with the excerpt from A Confederacy of Dunces, because I found the French translation too far from the original. But in all these cases, I tend to keep to the existing French translation, because it has became, rightly or not, the canon and the reader has to recognize the Bernhard he’s accustomed to reading, with just the right amendments.
Egalement disponibles, les passionnants propos du traducteur allemand de Gaddis :
The process of translating has two parts, the analysis of the English original and the creation of the German version. But there is a small, inconspicuous move between analysis and creation, which for me has become the touchstone for any translation. I call it "digitalisation." There is always the problem of the English sentence getting in the way, interfering with the wish to produce a German version ready for the printer. So I have to delete any memory of the English phrase, I have to create an abstract of the phrase, which should take into account all aspects concerning form and content without taking over the specifically English form and rhythm or the feeling of the whole. In the process of digitalising a sentence in this way I turn it into a non-sentence, into pure information. What is important is the following: there is no metamorphosis without destruction. Digitalisation is the translator's declaration of independence and the toughest part of the job.
(Petit post pour fêter la venue de Claro lui-même, himself et en personne sur mon blog : Claro qui me sert de traducteur personnel... Ah, le bonheur....)
La caravane passe, les chiens aboient /
mardi, novembre 18, 2003
Debout, assis, couché, épuisé, ragaillardi, apeuré, serein...
Aller avec confiance vers l’énergie que procure l’ailleurs et travailler. Écrire! Écrire! Écrire! À la plume, au stylo, au crayon, à l’ordinateur, le matin, le soir, sans cesse, ne faire que ça, debout, assis, couché, épuisé, ragaillardi, apeuré, serein, en musique ou en silence, mais ÉCRIRE !
Yves Rosset
Trouvé chez La Grande Rousse
La caravane passe, les chiens aboient /
Yves Rosset
Trouvé chez La Grande Rousse
La caravane passe, les chiens aboient /
Question ?
Si vous postulez pour un stage pour un emploi dans une maison d'édition, faut-il mentionner dans votre CV que vous maintenez un blog littéraire (icelui), pour faire une impression du feu de Dieu (genre : ouaich, je suis le plus important -- bien insister sur le narcissisme bloguien naturel -- blog littéraire français, et je suis connue de New York à Los Angeles, et franchement, ça devrais vous montrer à quel point je suis passionnée) ou faut-il éviter de faire allusion à ce forum de récriminations contre l'état actuel de l'édition française au cas où, si vous parvenez néanmoins à trouver miraculeusement un stage, vous avez envie de vous défouler sur vos futurs collègues ou sur votre future boîte ?
Ou, troisième solution malheureusement la plus probable : va-t-il falloir que j'apprenne enfin à fermer ma grande gueule ?
Réponses souhaitées (je blague pas, j'aimerais des avis sur la question, parce que ça me taraude, et c'est urgent).
La caravane passe, les chiens aboient /
Ou, troisième solution malheureusement la plus probable : va-t-il falloir que j'apprenne enfin à fermer ma grande gueule ?
Réponses souhaitées (je blague pas, j'aimerais des avis sur la question, parce que ça me taraude, et c'est urgent).
La caravane passe, les chiens aboient /
Votre interface est-elle multilingue ?
Découvrez-le avec Harry Potter : 50 titres des 60 traductions existantes du 1er tome. Tout le mérite en revient à Lifechange...Delayed, qui, comme moi, n'a sans doute rien d'autre à faire de sa vie.
Harry Potter en die Towenaar se Steen (Afrikaans)
Harry Potter dhe guri filozofal (Albanian)
Harry Potter dan Batu Bertuah (Basha Indonesia)
Harry Potter eta sorgin-harria (Basque)
Хари Потър и философският камък (Bulgarian)
Harry Potter i la pedra filosofal (Catalan)
哈利 波特与魔法石 (Chinese Simplified)
哈利波特─神秘的魔法石 (Chinese Traditional)
Harry Potter i kamen mudraca (Croat)
Harry Potter a Kamen Mudrců (Czech)
Harry Potter og De Vises Sten (Danish)
Harry Potter en de Steen der Wijzen (Dutch)
Harry Potter and the Philosopher’s Stone (UK English)
Harry Potter and the Sorcerer’s Stone (US English)
Harry Potter ja tarkade kivi (Estonian)
Harry Potter og vitramannasteinurin (Faroese)
هری پاتر-سنگ جادو (Farsi)
Harry Potter ja viisasten kivi (Finnish)
Harry Potter à l’école des sorciers (French)
Harry Potter e a pedra filosofal (Galego)
ჰარი პოტერი და ფილოსოფიური ქვა (Georgian)
Harry Potter und der Stein der Weisen (German)
Ο Χάρι Πότερ και η Φιλοσοφική Λίθος (Greek (Modern))
הארי פוטר ואבן החכמים (Hebrew)
Harry Potter és a bölcsek köve (Hungarian)
Harry Potter og viskusteinninn (Icelandic)
Harry Potter e la pietra filosofale (Italian)
ハリー・ポッターと賢者の石 (Japanese)
해리포터 씨네북 꼬마마법사 해리포터 (Korean)
Harrius Potter et Philosophi Lapis (Latin)
Harijs Poters un filozofu akmens (Latvian)
Haris Poteris ir Išminties akmuo (Lithuanian)
Harry Potter og De vises stein (Norwegian)
Harry Potter un de Wunnersteen (Plattdeutsch)
Harry Potter i kamień filozoficzny (Polish)
Harry Potter e a Pedra Filosofal (Portuguese)
Harry Potter şi piatra filozofală (Romanian)
Гарри Поттер и философский камень (Russian)
Harry Potter agus Clach an Fheallsanaich (Scots Gaelic)
Hari Poter i kamen mudrosti (Serbian (Latin))
Хари Потер и камен мудрости (Serbian (Cyrillic))
Harry Potter a kameň mudrcov (Slovak)
Harry Potter Kamen modrosti (Slovene)
Harry Potter y la piedra filosofal (Spanish)
Harry Potter och De Vises Sten (Swedish)
แฮร์รี่ พอตเตอร์ กับศิลาอาถรรพ์ (Thai)
Harry Potter ve Felsefe Taşı (Turkish)
Гаррі Поттер та філософський камінь (Ukrainian)
Harry Potter và Hòn đá phù thủy (Vietnamese)
Harri Potter a Maen yr Athronydd (Welsh)
La caravane passe, les chiens aboient /
Harry Potter en die Towenaar se Steen (Afrikaans)
Harry Potter dhe guri filozofal (Albanian)
Harry Potter dan Batu Bertuah (Basha Indonesia)
Harry Potter eta sorgin-harria (Basque)
Хари Потър и философският камък (Bulgarian)
Harry Potter i la pedra filosofal (Catalan)
哈利 波特与魔法石 (Chinese Simplified)
哈利波特─神秘的魔法石 (Chinese Traditional)
Harry Potter i kamen mudraca (Croat)
Harry Potter a Kamen Mudrců (Czech)
Harry Potter og De Vises Sten (Danish)
Harry Potter en de Steen der Wijzen (Dutch)
Harry Potter and the Philosopher’s Stone (UK English)
Harry Potter and the Sorcerer’s Stone (US English)
Harry Potter ja tarkade kivi (Estonian)
Harry Potter og vitramannasteinurin (Faroese)
هری پاتر-سنگ جادو (Farsi)
Harry Potter ja viisasten kivi (Finnish)
Harry Potter à l’école des sorciers (French)
Harry Potter e a pedra filosofal (Galego)
ჰარი პოტერი და ფილოსოფიური ქვა (Georgian)
Harry Potter und der Stein der Weisen (German)
Ο Χάρι Πότερ και η Φιλοσοφική Λίθος (Greek (Modern))
הארי פוטר ואבן החכמים (Hebrew)
Harry Potter és a bölcsek köve (Hungarian)
Harry Potter og viskusteinninn (Icelandic)
Harry Potter e la pietra filosofale (Italian)
ハリー・ポッターと賢者の石 (Japanese)
해리포터 씨네북 꼬마마법사 해리포터 (Korean)
Harrius Potter et Philosophi Lapis (Latin)
Harijs Poters un filozofu akmens (Latvian)
Haris Poteris ir Išminties akmuo (Lithuanian)
Harry Potter og De vises stein (Norwegian)
Harry Potter un de Wunnersteen (Plattdeutsch)
Harry Potter i kamień filozoficzny (Polish)
Harry Potter e a Pedra Filosofal (Portuguese)
Harry Potter şi piatra filozofală (Romanian)
Гарри Поттер и философский камень (Russian)
Harry Potter agus Clach an Fheallsanaich (Scots Gaelic)
Hari Poter i kamen mudrosti (Serbian (Latin))
Хари Потер и камен мудрости (Serbian (Cyrillic))
Harry Potter a kameň mudrcov (Slovak)
Harry Potter Kamen modrosti (Slovene)
Harry Potter y la piedra filosofal (Spanish)
Harry Potter och De Vises Sten (Swedish)
แฮร์รี่ พอตเตอร์ กับศิลาอาถรรพ์ (Thai)
Harry Potter ve Felsefe Taşı (Turkish)
Гаррі Поттер та філософський камінь (Ukrainian)
Harry Potter và Hòn đá phù thủy (Vietnamese)
Harri Potter a Maen yr Athronydd (Welsh)
La caravane passe, les chiens aboient /
Histoire contemporaine
Catalogue Ikéa 2003 de Anonyme
LA VIE MODERNE AU DÉBUT DU XXI° SIÈCLE
Le dimanche 15 juin 2003 par doud
Une approche originale pour l'étude des habitants du XXI siècle, faite exclusivement à travers l'analyse de leur mobilier. On pourra y retrouver les descriptions précises de tous leurs lieux de vie dans un mélange de couleurs tonitruant, sur un style mi-naturaliste, mi-pop-art - une énumération exhaustive qui n'hésite pas à recourir à la répétition pour mettre en valeur les moindres différences.
On pourra néanmoins reprocher à ce récit la pauvreté poétique du sous-texte, l'auteur ayant peut-être trop joué sur la symbolique au détriment de l'interprétation. Une œuvre qui aura donc peut-être du mal à séduire les non-initiés à cette civilisation particulière.
Comment ça j'ai pété un cable ? Nan, j'ai pas pété un cable, c'est lui !
La caravane passe, les chiens aboient /
LA VIE MODERNE AU DÉBUT DU XXI° SIÈCLE
Le dimanche 15 juin 2003 par doud
Une approche originale pour l'étude des habitants du XXI siècle, faite exclusivement à travers l'analyse de leur mobilier. On pourra y retrouver les descriptions précises de tous leurs lieux de vie dans un mélange de couleurs tonitruant, sur un style mi-naturaliste, mi-pop-art - une énumération exhaustive qui n'hésite pas à recourir à la répétition pour mettre en valeur les moindres différences.
On pourra néanmoins reprocher à ce récit la pauvreté poétique du sous-texte, l'auteur ayant peut-être trop joué sur la symbolique au détriment de l'interprétation. Une œuvre qui aura donc peut-être du mal à séduire les non-initiés à cette civilisation particulière.
Comment ça j'ai pété un cable ? Nan, j'ai pas pété un cable, c'est lui !
La caravane passe, les chiens aboient /
LE MOT POUR LE DIRE
Vertigo. Nom masculin. [du latin vertigo, vertige, tournoiement] Caprice, fantaisie.
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
PARCE QUE LIE-DE-VIN C'EST BIEN !
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Peau d'gland !
So now I am “the.” I am a definite article, derived from Old English. I may be small and simple, but you need me. You use me all the time. I give you power, and you give me power. I have become a word.
J'en avais déjà parlé il y a quelque temps, mais ce projet (intitulé Skin, pourquoi se fatiguer, hein?) d'un auteur américain, qui veut écrire une histoire dont chaque mot sera tatoué sur la peau d'une personne différente, ne cesse de m'étonner et plus encore les gens qui veulent y participer : comme l'exemple ci-dessus qui semble parfaitement se satisfaire d'être un article (photos à l'appui) ou celui de Mike Atherton, beaucoup plus chanceux, qui a lui reçu le mot "bruises", bleus (avec photo aussi, à la date du 4 Novembre). Moi, l'idée de devenir un mot immortel de littérature mortelle, ça ne me brancherait pas trop, surtout que, comme d'autres, "I don't want to have to get the word PENIS tattooed on my body..." (Non, en fait, pas d'inquiétudes à avoir, l'auteur, qui dans son seul recueil de nouvelles publié utilisait des mots comme "masturber" et "godmichet", a promis que pour Skin, elle utiliserait des mots plus... propres ? On est rassuré, maintenant)
En tout cas l'expérience continue à faire parler d'elle :
Volunteers are pouring in from all over the world - bookshop assistants from London, mothers and daughters from Nebraska, artists from Brazil, a man in Bangkok. There will be ifs, buts, ands and other words inscribed on heads, arms, legs and backs from Birmingham, England to Birmingham, Alabama.
Et il manque encore plus mille "mots" (plus des humains, des mots) pour finir la nouvelle. Damned ! Une oeuvre inachevée ? Mais ce serait le comble du hype, ça...
PS : oui, oui, vous avez bien reconnu dans mon titre un citation de ce grandiose film qu'était Nhighnander -- c'était d'ailleurs la seule chose qu'il fallait en retenir.
La caravane passe, les chiens aboient /
J'en avais déjà parlé il y a quelque temps, mais ce projet (intitulé Skin, pourquoi se fatiguer, hein?) d'un auteur américain, qui veut écrire une histoire dont chaque mot sera tatoué sur la peau d'une personne différente, ne cesse de m'étonner et plus encore les gens qui veulent y participer : comme l'exemple ci-dessus qui semble parfaitement se satisfaire d'être un article (photos à l'appui) ou celui de Mike Atherton, beaucoup plus chanceux, qui a lui reçu le mot "bruises", bleus (avec photo aussi, à la date du 4 Novembre). Moi, l'idée de devenir un mot immortel de littérature mortelle, ça ne me brancherait pas trop, surtout que, comme d'autres, "I don't want to have to get the word PENIS tattooed on my body..." (Non, en fait, pas d'inquiétudes à avoir, l'auteur, qui dans son seul recueil de nouvelles publié utilisait des mots comme "masturber" et "godmichet", a promis que pour Skin, elle utiliserait des mots plus... propres ? On est rassuré, maintenant)
En tout cas l'expérience continue à faire parler d'elle :
Volunteers are pouring in from all over the world - bookshop assistants from London, mothers and daughters from Nebraska, artists from Brazil, a man in Bangkok. There will be ifs, buts, ands and other words inscribed on heads, arms, legs and backs from Birmingham, England to Birmingham, Alabama.
Et il manque encore plus mille "mots" (plus des humains, des mots) pour finir la nouvelle. Damned ! Une oeuvre inachevée ? Mais ce serait le comble du hype, ça...
PS : oui, oui, vous avez bien reconnu dans mon titre un citation de ce grandiose film qu'était Nhighnander -- c'était d'ailleurs la seule chose qu'il fallait en retenir.
La caravane passe, les chiens aboient /
IIMPACDLA : vous n'avez pas vraiment besoin que j'explicite, n'est-ce pas ?
Le International IMPAC Dublin Literary Award (IIMPACDLA, donc, selon The Complete Review) est à ma connaissance, avec le Nobel (mais qui récompense un auteur pour son oeuvre, et non uniquement un roman), le seul prix littéraire international important. Les livres sont sélectionnés par des bibliothèques du monde entier et un jury lui aussi international (Josyane Savigneau, la directrice du Monde des Livres, a par exemple participé à l'édition 2001 du prix) et tournant chaque année. La seule condition du prix est que le livre ait été traduit en anglais, ce qui peut poser les problèmes qu'on verra.
La première sélection du prix comporte 125 livres, dont 35 sont des traductions depuis 16 langues étrangères, sélectionnés par 162 bibliothèques de 125 villes de 45 pays (j'aime les chiffres) ! Parmi tous ces livres, le jury n'aura que jusqu'à Mars 2004 (je vous entend déjà dire pff! ils prennent vraiment leur temps : essayez donc de lire 125 livres jusqu'à Mars, on verra si vous faîtes autant les malins après) pour en sélectionner 6 à 8. Le prix, lui, sera remis en Mai ou en Juin.
Dans cette sélection, on trouvent des ouvrages de langues malheureusement assez rarement traduites en anglais, et c'est bon de le souligner : persan (Terre et cendres de Atiq Rahimi, auteur afghan), hébreu (Mari et femme de Zeruya Shalev), slovène (Guarding Hanna de Miha Mazzini et Con Brio de Brina Svit, qui écrit maintenant en français), polonais (Dieu, le temps, les hommes et les anges de Olga Tokarczuk), chinois (Le livre d'un homme seul de Gao Xingjian) ou encore serbe (The Library de Zoran Zivkovic).
Pour le chauvinisme, 6 livres français sont en compétition et, heu..., pour la majorité d'entre eux on s'en serait passé : 99 F de Beigbeder (franchement ! mais vous voulez vraiment me faire du mal !), Les bonnes intentions d'Agnès Desarthe, Le périple de Baldassare d'Amin Maalouf, Une désolation de Yasmina Réza, Plateforme de Houellebecq et Cette aveuglante abscence de lumière de Tahar Ben Jelloun.
Sinon, il ya les livres qui ne feront pas long feu (Nicci French, par exemple...) et les stars : Umberto Ecco avec Baudolino, Jeffrey Eugenides avec Middlessex -- les deux à avoir été nominés les plus souvent par les bibliothèques --, Rohinton Mistry avec Family Matters, Donna Tartt avec Le Petit Copain, A.S. Byatt avec La Femme qui siffle, John Updike avec Seek my Face, Coetzee avec Scènes de la vie d'un jeune garçon, etc. Il ne faudrait pas croire, cependant, que ce sont ces all-anglo-saxon-stars qui ont le plus de chance de l'emporter : sur les huit années d'existence du prix, il a été remis quatre fois à des livres en langue étrangère, deux des plus récents étant Les particules élémentaires de Houellebecq et Mon nom est Rouge de Pamuk.
Le principal problème du prix sont les dates de publication des livres : outre qu'il faut attendre qu'ils aient fait le tour des bibliothèques, ce qui fait que même les livres en anglais datent pratiquement tous de 2002 (pour un prix sensé être remis en 2004), il faut également attendre qu'ils aient été traduit en anglais, ce qui donnent des livres datant parfois de Matusalème et plus que passés de mode. Pour les exemples que je connais, il y a Plateforme de Houellebecq qui date de 2001, 99 F de Beigbeder (effet de mode essouflé qui fait ses dernière armes en Croatie où il a été sélectionné), Le périple de Baldassare d'Amin Maalouf et Une désolation de Yasmina Réza qui datent tous les trois de 2000, et surtout Déluge de Karen Duve traduit en 2001 en français, en 2002 en anglais, mais datant de 1999 pour l'édition allemande originale !
La caravane passe, les chiens aboient /
La première sélection du prix comporte 125 livres, dont 35 sont des traductions depuis 16 langues étrangères, sélectionnés par 162 bibliothèques de 125 villes de 45 pays (j'aime les chiffres) ! Parmi tous ces livres, le jury n'aura que jusqu'à Mars 2004 (je vous entend déjà dire pff! ils prennent vraiment leur temps : essayez donc de lire 125 livres jusqu'à Mars, on verra si vous faîtes autant les malins après) pour en sélectionner 6 à 8. Le prix, lui, sera remis en Mai ou en Juin.
Dans cette sélection, on trouvent des ouvrages de langues malheureusement assez rarement traduites en anglais, et c'est bon de le souligner : persan (Terre et cendres de Atiq Rahimi, auteur afghan), hébreu (Mari et femme de Zeruya Shalev), slovène (Guarding Hanna de Miha Mazzini et Con Brio de Brina Svit, qui écrit maintenant en français), polonais (Dieu, le temps, les hommes et les anges de Olga Tokarczuk), chinois (Le livre d'un homme seul de Gao Xingjian) ou encore serbe (The Library de Zoran Zivkovic).
Pour le chauvinisme, 6 livres français sont en compétition et, heu..., pour la majorité d'entre eux on s'en serait passé : 99 F de Beigbeder (franchement ! mais vous voulez vraiment me faire du mal !), Les bonnes intentions d'Agnès Desarthe, Le périple de Baldassare d'Amin Maalouf, Une désolation de Yasmina Réza, Plateforme de Houellebecq et Cette aveuglante abscence de lumière de Tahar Ben Jelloun.
Sinon, il ya les livres qui ne feront pas long feu (Nicci French, par exemple...) et les stars : Umberto Ecco avec Baudolino, Jeffrey Eugenides avec Middlessex -- les deux à avoir été nominés les plus souvent par les bibliothèques --, Rohinton Mistry avec Family Matters, Donna Tartt avec Le Petit Copain, A.S. Byatt avec La Femme qui siffle, John Updike avec Seek my Face, Coetzee avec Scènes de la vie d'un jeune garçon, etc. Il ne faudrait pas croire, cependant, que ce sont ces all-anglo-saxon-stars qui ont le plus de chance de l'emporter : sur les huit années d'existence du prix, il a été remis quatre fois à des livres en langue étrangère, deux des plus récents étant Les particules élémentaires de Houellebecq et Mon nom est Rouge de Pamuk.
Le principal problème du prix sont les dates de publication des livres : outre qu'il faut attendre qu'ils aient fait le tour des bibliothèques, ce qui fait que même les livres en anglais datent pratiquement tous de 2002 (pour un prix sensé être remis en 2004), il faut également attendre qu'ils aient été traduit en anglais, ce qui donnent des livres datant parfois de Matusalème et plus que passés de mode. Pour les exemples que je connais, il y a Plateforme de Houellebecq qui date de 2001, 99 F de Beigbeder (effet de mode essouflé qui fait ses dernière armes en Croatie où il a été sélectionné), Le périple de Baldassare d'Amin Maalouf et Une désolation de Yasmina Réza qui datent tous les trois de 2000, et surtout Déluge de Karen Duve traduit en 2001 en français, en 2002 en anglais, mais datant de 1999 pour l'édition allemande originale !
La caravane passe, les chiens aboient /
LE MOT POUR LE DIRE : couleur
C'est une catégorie spéciale du "mot pour le dire", parce que je suis fan (mais FAN, vraiment, au bord de la syncope !) des mots relatifs aux couleurs : donc celui-là n'est que le premier d'une série.
Céladon. Nom masculin. [de Céladon, personnnage de L'Astrée, d'un tendresse fade. Son costume était aussi, paraît-il, de cette couleur] Vert clair tirant sur la couleur du saule ou de la feuille de pêcher.
Pour les amateurs, un vrai dictionnaire des couleurs, nominatif (avec exemple indicatif de la couleur elle-même) chromatique, et même un dictionnaire imaginaire...
(Mes définitions de couleur, cependant n'en viennent pas)
La caravane passe, les chiens aboient /
Céladon. Nom masculin. [de Céladon, personnnage de L'Astrée, d'un tendresse fade. Son costume était aussi, paraît-il, de cette couleur] Vert clair tirant sur la couleur du saule ou de la feuille de pêcher.
Pour les amateurs, un vrai dictionnaire des couleurs, nominatif (avec exemple indicatif de la couleur elle-même) chromatique, et même un dictionnaire imaginaire...
(Mes définitions de couleur, cependant n'en viennent pas)
La caravane passe, les chiens aboient /
Championne de the world
Le web est une vaste communauté d'(a)mateurs de misères personnelles et de blog-realité : pour avoir lancer mon cri de blog (copyright Félon) et demandé un homme, j'ai presque triplé mon chiffre d'affaire. 95 curieux sont venus mater. Z'avez pas honte ?
Moi, je m'en fiche, j'ai réussi mon coup : maintenant je l'ai mon public national ;-) Ce qui faut pas faire dans la blogosphère pour se faire remarquer...
La caravane passe, les chiens aboient /
Moi, je m'en fiche, j'ai réussi mon coup : maintenant je l'ai mon public national ;-) Ce qui faut pas faire dans la blogosphère pour se faire remarquer...
La caravane passe, les chiens aboient /
lundi, novembre 17, 2003
"Elle pourrait être le premier auteur billionnaire de l'Histoire."
1/24 personne lisant ses livres dans le monde entier ? Ouais : billionnaire, facilement... Et sans transpirer.
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Roger Martin Du Gard anime Saint-Etienne (Y'en a besoin)
La Comédie de Saint-Etienne, le seul lieu de "ce riant chef-lieu de la Loire" (selon Muriel Robin, qui a bien connu, elle aussi...), est donc le seul lieu où sortir à Saint-Etienne : ça tombe bien, l'un des deux directeurs (ne rigolez pas, c'est déjà bien asez dramatique comme ça un bon théâtre qui se retrouve déchiré entre deux types qui vont forcément finir par se foutrent sur la gueule, loi de Murphy oblige : salaud, ce Murphy, quand même) met en scène une pièce peu connue de Roger Martin Du Gard, oui, celui des Thibaud, mais pas les Thib-TV, hein, faut pas charrier, et puis d'ailleurs la pièce n'a rien à voir avec les Thibaud :
La Gonfle (1924), farce paysanne féroce [...] écrite en pleine naissance des fascismes. [...] Louis Jouvet, effrayé par la longueur relative de la pièce, avait refusé d'y jouer. [...] Les héros de la Gonfle ne sont-ils pas des " bouseux " ? Ils ont des bottes crottées et parlent un patois d'invention, au demeurant infiniment savoureux. [...] Il faut donc saluer à distance la probité intellectuelle de celui qui porta au plus haut cette langue imaginaire, mélange de divers parlers régionaux à peine extraits de la gangue latine médiévale. On dit qu'il l'écrivit en la hurlant dans sa campagne, comme Flaubert dans son gueuloir avec Madame Bovary.
C'était un pessimiste qui ne pouvait pourtant se défaire de cette terrifiante idée de l'espoir. La pièce en livre un bout sur ces noirceurs d'âmes. Elle exalte la méchanceté et la brutalité sexuelle, la vie réduite et réaliste au cour de la campagne française, d'une vieille (la Bique) hydropique, gonflée, qui menace de " passer " en laissant sa fortune, sans préciser quel en sera l'héritier. C'est sans compter avec la ruse de son neveu vétérinaire (Gustave) et de son domestique et amant, par ailleurs sacristain (Andoche) qui louchent sur le magot. Ils n'iront pas de main morte pour dégonfler la vieille, usant d'une pompe à bestiau, dans un vacarme de tous les diables. Les humeurs corporelles se lisent à plein sur leurs mains qui trempent dans le bourbier organique de la Bique. L'eau de la fontaine jaillira plus d'une fois pour qu'ils puissent décrotter leurs paluches. Il est aussi question d'une sexualité coupable qui voit le jour sous l'apparence de la Nioule, créature muette, dont le ventre à elle aussi s'arrondit, mais cela n'a rien à voir avec l'hydropisie, ce, au grand dam du neveu et du valet de ferme qui ont usé et abusé de la jeune femme. Pour se sortir de ce mauvais pas, ils ourdiront à quatre mains un piège.
Roger Martin du Gard exalte la terre par le patois. Sa langue s'inspire de celle de Rabelais.
La Gonfle, pièce de Roger Martin du Gard, mise en scène par Jean-Claude Bérutti. Théâtre Jean-Dasté, Comédie de Saint-Étienne, 7, avenue Émile-Loubet, 42000 Saint-Étienne. Réservation et renseignements : 04 77 25 14 14.
Prochaines représentations : les 18 et 20 novembre à 19 h 30 ; le 22 novembre à 20 h 30. Matinées scolaires 17 novembre à 14 heures ; le 19 novembre à 10 heures et le 21 novembre à 14 heures.
La caravane passe, les chiens aboient /
La Gonfle (1924), farce paysanne féroce [...] écrite en pleine naissance des fascismes. [...] Louis Jouvet, effrayé par la longueur relative de la pièce, avait refusé d'y jouer. [...] Les héros de la Gonfle ne sont-ils pas des " bouseux " ? Ils ont des bottes crottées et parlent un patois d'invention, au demeurant infiniment savoureux. [...] Il faut donc saluer à distance la probité intellectuelle de celui qui porta au plus haut cette langue imaginaire, mélange de divers parlers régionaux à peine extraits de la gangue latine médiévale. On dit qu'il l'écrivit en la hurlant dans sa campagne, comme Flaubert dans son gueuloir avec Madame Bovary.
C'était un pessimiste qui ne pouvait pourtant se défaire de cette terrifiante idée de l'espoir. La pièce en livre un bout sur ces noirceurs d'âmes. Elle exalte la méchanceté et la brutalité sexuelle, la vie réduite et réaliste au cour de la campagne française, d'une vieille (la Bique) hydropique, gonflée, qui menace de " passer " en laissant sa fortune, sans préciser quel en sera l'héritier. C'est sans compter avec la ruse de son neveu vétérinaire (Gustave) et de son domestique et amant, par ailleurs sacristain (Andoche) qui louchent sur le magot. Ils n'iront pas de main morte pour dégonfler la vieille, usant d'une pompe à bestiau, dans un vacarme de tous les diables. Les humeurs corporelles se lisent à plein sur leurs mains qui trempent dans le bourbier organique de la Bique. L'eau de la fontaine jaillira plus d'une fois pour qu'ils puissent décrotter leurs paluches. Il est aussi question d'une sexualité coupable qui voit le jour sous l'apparence de la Nioule, créature muette, dont le ventre à elle aussi s'arrondit, mais cela n'a rien à voir avec l'hydropisie, ce, au grand dam du neveu et du valet de ferme qui ont usé et abusé de la jeune femme. Pour se sortir de ce mauvais pas, ils ourdiront à quatre mains un piège.
Roger Martin du Gard exalte la terre par le patois. Sa langue s'inspire de celle de Rabelais.
La Gonfle, pièce de Roger Martin du Gard, mise en scène par Jean-Claude Bérutti. Théâtre Jean-Dasté, Comédie de Saint-Étienne, 7, avenue Émile-Loubet, 42000 Saint-Étienne. Réservation et renseignements : 04 77 25 14 14.
Prochaines représentations : les 18 et 20 novembre à 19 h 30 ; le 22 novembre à 20 h 30. Matinées scolaires 17 novembre à 14 heures ; le 19 novembre à 10 heures et le 21 novembre à 14 heures.
La caravane passe, les chiens aboient /
Usual Suspects
Il paraît que l'édition est en bonne santé en France...
Les 30 premières sociétés [d'édition] classées sont quasiment toutes bénéficiaires, poursuit-il en ajoutant qu'"au terme d'une année qui a vu les ventes de livres progresser de 2,5%, l'édition française est ainsi plutôt en bonne santé".
[...]
Voici les dix premiers groupes (c.a 2002):
1. Editis: 1,022 milliard EUR, -58,1% [anciennement Vivendi Universal Publishing]
2. Hachette Livre: 950 millions EUR, +12,3%
3. France Loisirs (Bertelsmann): 389 MEUR, +4,5%
4. Editions Atlas (surtout fascicules distribués en kiosques): 279 MEUR, +15,4%
5. Flammarion (Rizzoli): 228 MEUR, +5,3%
6. Gallimard: 226 MEUR, -3,9% (contrecoup après le succès d'Harry Potter en 2001) Hi Hi ! Oui, je sais je devrais pas me moquer, et puis d'abord je le leur ai acheté ce livre hors de prix en 2001, mais quand même...
7. Albin Michel: 201 MEUR, -2,5%
8. Reed-Elsevier (filiale française du groupe anglo-néerlandais, notamment édition médicale): 177 MEUR, pas de pourcentage d'évolution
9. Lefebvre Sarrut (édition juridique): 169 MEUR, +8%
10. Le Seuil: 168 MEUR, +9,5%
La caravane passe, les chiens aboient /
Les 30 premières sociétés [d'édition] classées sont quasiment toutes bénéficiaires, poursuit-il en ajoutant qu'"au terme d'une année qui a vu les ventes de livres progresser de 2,5%, l'édition française est ainsi plutôt en bonne santé".
[...]
Voici les dix premiers groupes (c.a 2002):
1. Editis: 1,022 milliard EUR, -58,1% [anciennement Vivendi Universal Publishing]
2. Hachette Livre: 950 millions EUR, +12,3%
3. France Loisirs (Bertelsmann): 389 MEUR, +4,5%
4. Editions Atlas (surtout fascicules distribués en kiosques): 279 MEUR, +15,4%
5. Flammarion (Rizzoli): 228 MEUR, +5,3%
6. Gallimard: 226 MEUR, -3,9% (contrecoup après le succès d'Harry Potter en 2001) Hi Hi ! Oui, je sais je devrais pas me moquer, et puis d'abord je le leur ai acheté ce livre hors de prix en 2001, mais quand même...
7. Albin Michel: 201 MEUR, -2,5%
8. Reed-Elsevier (filiale française du groupe anglo-néerlandais, notamment édition médicale): 177 MEUR, pas de pourcentage d'évolution
9. Lefebvre Sarrut (édition juridique): 169 MEUR, +8%
10. Le Seuil: 168 MEUR, +9,5%
La caravane passe, les chiens aboient /
Mouche, mouche, mouche...
C'est gentil de m'avoir amené une bonne trentaine de visiteurs rien qu'en ayant la gentilllesse de relayer mon appel au secours de célibataire, mais pitié ! ne redonne plus jamais mon vrai nom sur ton blog ! Je suis là incognito...
Edit : maligne petite mouche qui porte le même vrai prénom que moi. Je te pardonne, va.
La caravane passe, les chiens aboient /
Edit : maligne petite mouche qui porte le même vrai prénom que moi. Je te pardonne, va.
La caravane passe, les chiens aboient /
LE MOT POUR LE DIRE
Endêver. Verbe. [de l'ancien français desver, être fou] Enrager, être dépiter par quelqu'un.
Faire endêver qqu'un : le faire enrager.
"On s'ennuyait quand vous n'aviez plus personne à faire endêver."
J. J. Rousseau
La caravane passe, les chiens aboient /
Faire endêver qqu'un : le faire enrager.
"On s'ennuyait quand vous n'aviez plus personne à faire endêver."
J. J. Rousseau
La caravane passe, les chiens aboient /
Le Petit Livre Noir
The Little Black Book of Stories is a showcase of Byatt's talents: she can do pastiche, she can do satire, she can do spooky.
A.S. Byatt, auteur du superbe Possession sort en Angleterre un nouveau livre.
La caravane passe, les chiens aboient /
A.S. Byatt, auteur du superbe Possession sort en Angleterre un nouveau livre.
La caravane passe, les chiens aboient /
Les Anciens et les Modernes - Round 2
On lit moins donc la littérature est morte. Vive la littérature !
Pouf pouf pouf, laissez-moi le refaire : on lit moins, donc la littérature est morte. Si c'est pas un argument choc, ça ! L'art tributaire des chiffres de vente de la FNAC !
Commencer un énième article sur la mort de la littérature au 20ème siècle par des chiffres, ce n'est plus seulement lassant, c'est stupide. Surtout quand on détruit son propre argument : commencer par dire que ce qui se vend maintenant le plus ce sont les romans de gare et les romans policiers (les romans de genre, noter la tactique discrète qui consiste à refuser d'utiliser dans l'artcile le mot de genre lui-même, style, je ne suis pas méprisant comme d'autres, moi. Sauf que le politicement correct est juste la nouvelle forme de mépris pour les nuls : appelons un chat un chat), puis dire qu'au 19ème siècle ce n'était pas le cas, pour la simple raison qu'on ne faisait pas la disctinction entre genre et romanesque classique, n'est-ce pas un moyen assez tordu de se tirer dans les pieds ? Ajoutons, en plus, qu'en bon crétin de critique qui se respecte, il s'y connait si peu en matière de littérature du 19ème siècle qu'il ne sait pas que l'on ne peut pas prendre les ventes de livres en considération : les livres en tant qu'objets étaient chers et n'étaient acheté que par les plus riches. Ce sont les feuilletons dans les journaux qui se vendaient le plus, puisque plus populairement accessibles, et si je peux me permettre, même si Dickens se vendait bien en feuilleton, il me semble que Wilkie Collins (que j'adore, mais qui est définitivement un auteur de genre) se vendait aussi bien, voir mieux. La plupart des grands succès du 19ème, sont des feuilletons populaire plutot mauvais, totalement inconnus aujourd'hui. Autant pour l'argumentaire de l'article.
Esuite, évidemment, il faut y aller de son souverain mépris de grand seigneur qui se place au-dessus du lot de ces bêtes critiques littéraires : readers — have an odd and deeply ingrained habit of dividing books into two mutually exclusive heaps, one high and literary and one low and trashy, and we should stop it. Books aren't high or low. They're just good or bad.
Ben malheureusement, ce serait bien si c'était aussi facile : les bons livres d'un côté, les mauvais de l'autre, et rien au milieu. Sauf qu'il existe par exemple de bons livres qui ne seront jamais de la littérature : Stephen King (puisque l'article parle de lui ) a par exemple écrit de très bonnes nouvelles dans Différentes saisons, mais je préferrerais me faire arracher une oeil plutôt que d'entendre dire que cela fait de King un écrivain littéraire (franchement, Stephen King ?) Et il y a des livres de littérature que sont loins d'être bons à tout point de vue, sans que cela les empêchent d'être géniaux : Dostoïevski et Emily Brontë en sont deux exemples parfaits ; le premier a en russe un style extrêmement lourd qu'aucun traducteur ne peut s'empêcher de corriger, et l'autre a créer des personnages qui manquent parfois de profondeur, mais j'arracherais moi-même les ongles de celui qui osera déclarer qu'ils ne sont pas des génies.
Enfin, évidemment, donner la preuve par 3 que la littérature est agonisante : elle est devenue difficile, et bien sûr c'est une preuve indiscutable que quelque chose va mal avec elle. On ne peut plus prétendre qu'un livre est de la littérature s'il n'est pas difficile. D'ailleurs, il prend comme exemple The Waste Land (La terre vaine, si vous ne connaissez pas, vous devriez d'ailleurs, et plutôt dans la traduction de Pierre Leyris, mais bon, je veut surtout forcer personne, c'est de la poésie quand même) et l'Ulysse de Joyce. Alors, honnêtement, si vous me trouvez deux livre plus difficiles (à part Finneagans Wake du même Joyce, mais franchement, il est hors-concours ce livre-là) que ses deux-là, je vous tirerais mon chapeau. Sur tout le siècle, il doit y avoir une dizaine de livres extraordinairement difficiles, et à chaque bataille sur la mort du roman, l'enfermement de la littérature dans l'auto-référence, le post-modernisme post-compréhensif et autres fadaises et conneries dans le même genre, on a droit à la même liste de livres, le quint-flush-royal qui va nous expliquer pourquoi la littérature s'est tellement éloignée du petit peuple que c'est sûr sûr sûr, maintenant, elle a eu le coup de grâce.
Le coup de grâce, la littérature l'a eu à peu-près à chaque siècle (au 20ème, elle les multiplie __ post-modernisme, existentialisme, nouveau-roman, oulipo, j'en passe --, mais on publie plus aussi, ceci peut expliquer cela), c'est la vieille querelle des Anciens et des Modernes : ô vilains méchants nouveaux littérateurs, écrivailleurs sans talents qui nous tuez notre belle littérature confite dans sa friture, vade retro ! Au dernières nouvelles, même le romantisme endiablé d'un Novalis, d'un Byron, et d'un Nerval n'a pas réussi à nous tuer la littérature. Après ça, je ne vois vraiment pas ce qui le pourrait. Martin Amis ? Ouais, peut-être remarquez... Mais ce n'est pas la littérature qu'il tuerait, ce serait le lecteur.
Tout ça pour finir par nous dire à la fin, que si la littérature, la vraie, est morte, c'est pour mieux laisser la place à quelqu'un qui fait vraiment, vraiment du bien à la prose moderne : Stephen King.
Pouf pouf pouf
La caravane passe, les chiens aboient /
Pouf pouf pouf, laissez-moi le refaire : on lit moins, donc la littérature est morte. Si c'est pas un argument choc, ça ! L'art tributaire des chiffres de vente de la FNAC !
Commencer un énième article sur la mort de la littérature au 20ème siècle par des chiffres, ce n'est plus seulement lassant, c'est stupide. Surtout quand on détruit son propre argument : commencer par dire que ce qui se vend maintenant le plus ce sont les romans de gare et les romans policiers (les romans de genre, noter la tactique discrète qui consiste à refuser d'utiliser dans l'artcile le mot de genre lui-même, style, je ne suis pas méprisant comme d'autres, moi. Sauf que le politicement correct est juste la nouvelle forme de mépris pour les nuls : appelons un chat un chat), puis dire qu'au 19ème siècle ce n'était pas le cas, pour la simple raison qu'on ne faisait pas la disctinction entre genre et romanesque classique, n'est-ce pas un moyen assez tordu de se tirer dans les pieds ? Ajoutons, en plus, qu'en bon crétin de critique qui se respecte, il s'y connait si peu en matière de littérature du 19ème siècle qu'il ne sait pas que l'on ne peut pas prendre les ventes de livres en considération : les livres en tant qu'objets étaient chers et n'étaient acheté que par les plus riches. Ce sont les feuilletons dans les journaux qui se vendaient le plus, puisque plus populairement accessibles, et si je peux me permettre, même si Dickens se vendait bien en feuilleton, il me semble que Wilkie Collins (que j'adore, mais qui est définitivement un auteur de genre) se vendait aussi bien, voir mieux. La plupart des grands succès du 19ème, sont des feuilletons populaire plutot mauvais, totalement inconnus aujourd'hui. Autant pour l'argumentaire de l'article.
Esuite, évidemment, il faut y aller de son souverain mépris de grand seigneur qui se place au-dessus du lot de ces bêtes critiques littéraires : readers — have an odd and deeply ingrained habit of dividing books into two mutually exclusive heaps, one high and literary and one low and trashy, and we should stop it. Books aren't high or low. They're just good or bad.
Ben malheureusement, ce serait bien si c'était aussi facile : les bons livres d'un côté, les mauvais de l'autre, et rien au milieu. Sauf qu'il existe par exemple de bons livres qui ne seront jamais de la littérature : Stephen King (puisque l'article parle de lui ) a par exemple écrit de très bonnes nouvelles dans Différentes saisons, mais je préferrerais me faire arracher une oeil plutôt que d'entendre dire que cela fait de King un écrivain littéraire (franchement, Stephen King ?) Et il y a des livres de littérature que sont loins d'être bons à tout point de vue, sans que cela les empêchent d'être géniaux : Dostoïevski et Emily Brontë en sont deux exemples parfaits ; le premier a en russe un style extrêmement lourd qu'aucun traducteur ne peut s'empêcher de corriger, et l'autre a créer des personnages qui manquent parfois de profondeur, mais j'arracherais moi-même les ongles de celui qui osera déclarer qu'ils ne sont pas des génies.
Enfin, évidemment, donner la preuve par 3 que la littérature est agonisante : elle est devenue difficile, et bien sûr c'est une preuve indiscutable que quelque chose va mal avec elle. On ne peut plus prétendre qu'un livre est de la littérature s'il n'est pas difficile. D'ailleurs, il prend comme exemple The Waste Land (La terre vaine, si vous ne connaissez pas, vous devriez d'ailleurs, et plutôt dans la traduction de Pierre Leyris, mais bon, je veut surtout forcer personne, c'est de la poésie quand même) et l'Ulysse de Joyce. Alors, honnêtement, si vous me trouvez deux livre plus difficiles (à part Finneagans Wake du même Joyce, mais franchement, il est hors-concours ce livre-là) que ses deux-là, je vous tirerais mon chapeau. Sur tout le siècle, il doit y avoir une dizaine de livres extraordinairement difficiles, et à chaque bataille sur la mort du roman, l'enfermement de la littérature dans l'auto-référence, le post-modernisme post-compréhensif et autres fadaises et conneries dans le même genre, on a droit à la même liste de livres, le quint-flush-royal qui va nous expliquer pourquoi la littérature s'est tellement éloignée du petit peuple que c'est sûr sûr sûr, maintenant, elle a eu le coup de grâce.
Le coup de grâce, la littérature l'a eu à peu-près à chaque siècle (au 20ème, elle les multiplie __ post-modernisme, existentialisme, nouveau-roman, oulipo, j'en passe --, mais on publie plus aussi, ceci peut expliquer cela), c'est la vieille querelle des Anciens et des Modernes : ô vilains méchants nouveaux littérateurs, écrivailleurs sans talents qui nous tuez notre belle littérature confite dans sa friture, vade retro ! Au dernières nouvelles, même le romantisme endiablé d'un Novalis, d'un Byron, et d'un Nerval n'a pas réussi à nous tuer la littérature. Après ça, je ne vois vraiment pas ce qui le pourrait. Martin Amis ? Ouais, peut-être remarquez... Mais ce n'est pas la littérature qu'il tuerait, ce serait le lecteur.
Tout ça pour finir par nous dire à la fin, que si la littérature, la vraie, est morte, c'est pour mieux laisser la place à quelqu'un qui fait vraiment, vraiment du bien à la prose moderne : Stephen King.
Pouf pouf pouf
La caravane passe, les chiens aboient /
dimanche, novembre 16, 2003
Françaises, français, faisons un peu dans le social
Parce que sinon quelle est l'utilité d'avoir une fenêtre grande ouverte sur le monde (ahem!) tel que ce blog si ce n'est pas pour, de temps à autres, lancer un grand appel au secours PERSONNEL dans le vide intercyberale. J'ai déjà essayé pour qu'on m'aide à trouver du boulot, mais ce blog ayant la résonnance mondiale que l'on connaît, les résultats ont été ceux que l'on imagine...
Mais là, c'est du sérieux, du très sérieux. La Muselivre est déprimée, la Muselivre est suicidaire (enfin un peu juste ce qu'il faut les soirs de grande écoute), la Muselivre connait sa plus monumentale crise d'acnée depuis la troisième (soit il y a 10 ans, mais je ne panique pas, Brad Pitt est toujours sujet à l'acnée après 35 ans, et BP est un SEX-SYMBOL...), crise qui entre joyeusement dans sa quatrième semaine, la Muselivre a enregistré aujourd'hui son plus mauvais score de visiteurs depuis l'an 40 avant la guerre (ouais, je sais, on est Dimanche, mais justement, le Dimanche est le jour où les gens s'emmerdent tellement qu'ils vont sur Internet, alors pourquoi pas chez MOI ?!! Hé, au fait, vous avez remarquez que j'ai découvert comment on mettait les mots en gras : magique, la Muselivre entre dans une nouvele ère !),...
La Muselivre est donc dépressive, et pour pallier à ce problème (heu... ou juste essayer de croire que l'on peut pallier au problème), la Muselivre cherche... un HOMME (Diantre ! comme c'est original...). Trouver un type sympa, gentil, adorable, attentif, drôle et dôter d'une capacité de compréhension et d'une patience au delà des limites de l'humain (les deux, hein, pas seulement la patience) pour réussir à me supporter, est-ce vraiment trop demander ? Bon d'accord, je suis chiante, dépressive (mais ça peut se soigner !), maladivement timide, encore affligée d'acnée récurrente à 24 ans, particulièrement bizarre au quotidien, capable dans mes meilleurs moments d'être d'une connerie incommensurable (je rappelle que je déprime), très très très collante si vous avez le malheur de m'apprécier ne serait-ce que le minimum vital, et désespérément romantique (c'est une maladie reconnue par l'Académie de Médecine, incurrable, insoignable, ingérable), mais franchement, il y a pire non ? Vous pourriez tomber sur Elodie de la Star-Academy.
Allez, adoptez-moi !
Tout appel à candidature sera pris extrêmement au sérieux.
La caravane passe, les chiens aboient /
Mais là, c'est du sérieux, du très sérieux. La Muselivre est déprimée, la Muselivre est suicidaire (enfin un peu juste ce qu'il faut les soirs de grande écoute), la Muselivre connait sa plus monumentale crise d'acnée depuis la troisième (soit il y a 10 ans, mais je ne panique pas, Brad Pitt est toujours sujet à l'acnée après 35 ans, et BP est un SEX-SYMBOL...), crise qui entre joyeusement dans sa quatrième semaine, la Muselivre a enregistré aujourd'hui son plus mauvais score de visiteurs depuis l'an 40 avant la guerre (ouais, je sais, on est Dimanche, mais justement, le Dimanche est le jour où les gens s'emmerdent tellement qu'ils vont sur Internet, alors pourquoi pas chez MOI ?!! Hé, au fait, vous avez remarquez que j'ai découvert comment on mettait les mots en gras : magique, la Muselivre entre dans une nouvele ère !),...
La Muselivre est donc dépressive, et pour pallier à ce problème (heu... ou juste essayer de croire que l'on peut pallier au problème), la Muselivre cherche... un HOMME (Diantre ! comme c'est original...). Trouver un type sympa, gentil, adorable, attentif, drôle et dôter d'une capacité de compréhension et d'une patience au delà des limites de l'humain (les deux, hein, pas seulement la patience) pour réussir à me supporter, est-ce vraiment trop demander ? Bon d'accord, je suis chiante, dépressive (mais ça peut se soigner !), maladivement timide, encore affligée d'acnée récurrente à 24 ans, particulièrement bizarre au quotidien, capable dans mes meilleurs moments d'être d'une connerie incommensurable (je rappelle que je déprime), très très très collante si vous avez le malheur de m'apprécier ne serait-ce que le minimum vital, et désespérément romantique (c'est une maladie reconnue par l'Académie de Médecine, incurrable, insoignable, ingérable), mais franchement, il y a pire non ? Vous pourriez tomber sur Elodie de la Star-Academy.
Allez, adoptez-moi !
Tout appel à candidature sera pris extrêmement au sérieux.
La caravane passe, les chiens aboient /
LE MOT POUR LE DIRE
Lendore. Nom masculin. Personne lente et paresseuse qui semble toujours assoupie. [sans doute de l'allemand landel, femme méprisable, avec infuence du verbe endormir]
"J'en dis un mot en badinant à Mlle Blois et elle me répondit d'une façon qui me surprit, avec son ton de lendore : je ne me soucie pas qu'il m'aime, je me soucie qu'il m'épouse."
Caylus
La caravane passe, les chiens aboient /
"J'en dis un mot en badinant à Mlle Blois et elle me répondit d'une façon qui me surprit, avec son ton de lendore : je ne me soucie pas qu'il m'aime, je me soucie qu'il m'épouse."
Caylus
La caravane passe, les chiens aboient /
C'est toujours mieux que les quatre vers de poésie taguées des lignes de métro parisien
Les deux millions d'usagers du métro de Mexico se verront prêter gratuitement à partir de janvier dans les rames, des romans et autres essais littéraires mexicains, pour les encourager à lire un peu plus, ont décidé les autorités de la capitale.
Les Mexicains ne lisent qu'un demi-livre (!!!!!!!) par an en moyenne, a indiqué la responsable de la culture du District fédéral Paloma Saiz et "nous leur proposerons des textes courts et amusants, associés à la vie urbaine qui conviennent le mieux à un court voyage en métro".
Juste une question : il faudra vraiment rendre les livres à la fin ? (D'ailleurs, petite leçon de français, quand c'est prêté, en général, c'est forcément gratuit, sinon, c'est loué)
La caravane passe, les chiens aboient /
Les Mexicains ne lisent qu'un demi-livre (!!!!!!!) par an en moyenne, a indiqué la responsable de la culture du District fédéral Paloma Saiz et "nous leur proposerons des textes courts et amusants, associés à la vie urbaine qui conviennent le mieux à un court voyage en métro".
Juste une question : il faudra vraiment rendre les livres à la fin ? (D'ailleurs, petite leçon de français, quand c'est prêté, en général, c'est forcément gratuit, sinon, c'est loué)
La caravane passe, les chiens aboient /
Maroc en deuil
L'écrivain Mohamed Choukri, l'un des plus grands écrivains marocains actuels, vient de décéder. Ami entre autres de Jean Genet, Tennessee Williams et Paul Bowles (dont il avait même écrit un portrait), Choukri faisait "régulièrement salon littéraire autour de sa table réservée au "Négresco", un des "bars américains" les plus réputés" de Tanger.
Il est plus particulièrement connu pour son premier roman, Le Pain nu, traduit en français par rien moins que Tahar Ben Jelloun, mais qui ne fut publié au Maroc qu'en 2001, soit 20 ans après sa publication française, pour cause de subversion : errance, drogue, prostitution, et homosexualité, le tout plus ou moins inspiré de la vie de Choukri.
La caravane passe, les chiens aboient /
Il est plus particulièrement connu pour son premier roman, Le Pain nu, traduit en français par rien moins que Tahar Ben Jelloun, mais qui ne fut publié au Maroc qu'en 2001, soit 20 ans après sa publication française, pour cause de subversion : errance, drogue, prostitution, et homosexualité, le tout plus ou moins inspiré de la vie de Choukri.
La caravane passe, les chiens aboient /
Random Thoughts
Apprendre à taper ne fait pas de vous un écrivain. Ce fut une des plus grandes déceptions de ma vie quand j'ai découvert que je ne pouvais pas composer à la mahine à écrire. On voit tant de films dans lesquels les pages s'envolent de la machine de l'écrivain et les romans s'empilent juste à côté d'eux. Je suis proche de la quarantaine maintenant et j'e travaille touhours sur ces petits carnets en piteux état que j'avais quand j'avais six ans.
[...]
Je perd des carnets tout le temps, mais je doute beaucoup que quiconque les trouvera réalisera que ce sont les miens. Ils ressemblent à ces petits cahiers de brouillons dans lesquels on peut trouver des devoirs d'enfants. Je saccage toute la maison, comme Médée, pour les retrouver. Presque toujours, ils sont sous ma chaises ou ailleurs, mais j'en ai perdu un ou deux pour toujours, et c'est troublant.
La vie de Donna Tartt, parfois, ressemble étrangement à la mienne, et c'est troublant aussi.
Sauf que je n'ai pas de chien, et que je ne vais pas dans des restaurants assez chics avec mon chat :
Si vous voyagez seul, comme je le fais souvent, et si vous avez un chien avec vous, la France est un endroit merveilleux où aller.
Je suis un jour allée dans une adorable restaurant, et le maître d'hôtel m'a regardé et demandé, "Une?", puis a baissé les yeux, vu mon chien, hoché la tête, et dit tendrement, "Non, deux.". Et il nous a amené à un romantique table pour deux.
La caravane passe, les chiens aboient /
[...]
Je perd des carnets tout le temps, mais je doute beaucoup que quiconque les trouvera réalisera que ce sont les miens. Ils ressemblent à ces petits cahiers de brouillons dans lesquels on peut trouver des devoirs d'enfants. Je saccage toute la maison, comme Médée, pour les retrouver. Presque toujours, ils sont sous ma chaises ou ailleurs, mais j'en ai perdu un ou deux pour toujours, et c'est troublant.
La vie de Donna Tartt, parfois, ressemble étrangement à la mienne, et c'est troublant aussi.
Sauf que je n'ai pas de chien, et que je ne vais pas dans des restaurants assez chics avec mon chat :
Si vous voyagez seul, comme je le fais souvent, et si vous avez un chien avec vous, la France est un endroit merveilleux où aller.
Je suis un jour allée dans une adorable restaurant, et le maître d'hôtel m'a regardé et demandé, "Une?", puis a baissé les yeux, vu mon chien, hoché la tête, et dit tendrement, "Non, deux.". Et il nous a amené à un romantique table pour deux.
La caravane passe, les chiens aboient /
Ca faisait longtemps
"jeu taper sur les tetes avec maillet"
T'inquiète, au niveau où tu en es, t'en as plus besoin.
La caravane passe, les chiens aboient /
T'inquiète, au niveau où tu en es, t'en as plus besoin.
La caravane passe, les chiens aboient /
samedi, novembre 15, 2003
Je préferrerai toujours blog à carnet et à joueb (brr!)
" DOWN WITH THE ENGLENCH !
If they are declaring war on Franglais, I say that it is time for us to declare war on Englench. No matter what Jack Lang, french Minister of culture [le texte est de 93], thinks, it's not the Americans who are cultural imperialists, or even impérialistes. It's the French. Who, after all, made us wear lingerie when our underear was perfectly decent ? Who turned our cook into chefs and our dance into ballet ? Where was it writ that a bunch of flowers had to become a bouquet ? Or toilet water has to be cologne, let alone perfume. What was the raison d'être for turning a decent american tenderloin into a chateaubriand ?
[...]
The people who invent the very word élite have a grip against mass culture. They cheerfuly export the notion that the only proper clothing is their couture and the only proper hairdo is their coiffure and the only rpoper food is their cuisine. The they complain about "le jeans".
Through their own largess, not to say noblesse oblige, they prefer to determine what is haute, and what is not. they want the exclusive worldwide franchise to separate the chic from the gauche. If they want to ban Franglais, we will meet them at the beaches with boatloads of their own Englench. If they turn their drive-ins into ciné-parcs, we shall turn our quiche into cheese-pie. If they no longer attend le meeting we will no longer rendezvous.
If they make it de rigueur to eliminate Americanisms, we shall refuse to eat our apple-pie à la mode and our soup du jour. We shall, in fact, hoist them on their own petulant pétard.
And if the french decide to give up and return to the old laissez-faire linguistic, well, they better not call it détente. "
Ellen Goodman, 1993, in The Washington Post Writer's Group
Comme diraient nos amis Américains, plus ça change, plus c'est la même chose : vous êtes au courant qu'ils ont remis sur le tapis cette vieille histoire de "défense de la langue française de manière offensive" (dixit Yves Berger, le Jack Lang du siècle nouveau, qui a magnifiquement démontrer sur France Inter -- émission du 7 Novembre -- qu'il ne savait même pas parler correctement le français, mais préferrait parader) ? Ah, vraiment "il faut être économe de son mépris à cause du grand nombre de nécessiteux". (Chateaubriand)
La caravane passe, les chiens aboient /
If they are declaring war on Franglais, I say that it is time for us to declare war on Englench. No matter what Jack Lang, french Minister of culture [le texte est de 93], thinks, it's not the Americans who are cultural imperialists, or even impérialistes. It's the French. Who, after all, made us wear lingerie when our underear was perfectly decent ? Who turned our cook into chefs and our dance into ballet ? Where was it writ that a bunch of flowers had to become a bouquet ? Or toilet water has to be cologne, let alone perfume. What was the raison d'être for turning a decent american tenderloin into a chateaubriand ?
[...]
The people who invent the very word élite have a grip against mass culture. They cheerfuly export the notion that the only proper clothing is their couture and the only proper hairdo is their coiffure and the only rpoper food is their cuisine. The they complain about "le jeans".
Through their own largess, not to say noblesse oblige, they prefer to determine what is haute, and what is not. they want the exclusive worldwide franchise to separate the chic from the gauche. If they want to ban Franglais, we will meet them at the beaches with boatloads of their own Englench. If they turn their drive-ins into ciné-parcs, we shall turn our quiche into cheese-pie. If they no longer attend le meeting we will no longer rendezvous.
If they make it de rigueur to eliminate Americanisms, we shall refuse to eat our apple-pie à la mode and our soup du jour. We shall, in fact, hoist them on their own petulant pétard.
And if the french decide to give up and return to the old laissez-faire linguistic, well, they better not call it détente. "
Ellen Goodman, 1993, in The Washington Post Writer's Group
Comme diraient nos amis Américains, plus ça change, plus c'est la même chose : vous êtes au courant qu'ils ont remis sur le tapis cette vieille histoire de "défense de la langue française de manière offensive" (dixit Yves Berger, le Jack Lang du siècle nouveau, qui a magnifiquement démontrer sur France Inter -- émission du 7 Novembre -- qu'il ne savait même pas parler correctement le français, mais préferrait parader) ? Ah, vraiment "il faut être économe de son mépris à cause du grand nombre de nécessiteux". (Chateaubriand)
La caravane passe, les chiens aboient /
Moi aussi j'ai l'ambition de parfaire votre culture avec... LE MOT POUR LE DIRE !
Clin d'oeil (évidemment) à IokanaaN et à La Grande Rousse, j'ai décidé, à mon tour de me lancer (et vous avec) à la découverte du français que je ne parle pas (et vous non plus) et que je devrais (et vous aussi).
J'ai beaucoup hésité sur ce que je devais choisir pour ce premier billet du mot pour le dire, et puis finalement, ça c'est imposé comme une évidence :
Embouquiner. Verbe. 1- Remplir de bouquins. 2- Procurer une grande quantité de bouquins.
On dit également S'embouquiner. Remplir sa maison de livres.
Voilà, ainsi se commence ma carrière de Glossographe (Nom masculin et adjectif. Celui qui recueille et explique les mots anciens ou/et obscurs d'une langue).
La caravane passe, les chiens aboient /
J'ai beaucoup hésité sur ce que je devais choisir pour ce premier billet du mot pour le dire, et puis finalement, ça c'est imposé comme une évidence :
Embouquiner. Verbe. 1- Remplir de bouquins. 2- Procurer une grande quantité de bouquins.
On dit également S'embouquiner. Remplir sa maison de livres.
Voilà, ainsi se commence ma carrière de Glossographe (Nom masculin et adjectif. Celui qui recueille et explique les mots anciens ou/et obscurs d'une langue).
La caravane passe, les chiens aboient /
Jusqu'ici tout va bien
Jusqu'ici tout va bien
Jusqu'ici tout va bien
Jusqu'ici tout va bien
Jusqu'ici...
La caravane passe, les chiens aboient /
Jusqu'ici tout va bien
Jusqu'ici tout va bien
Jusqu'ici...
La caravane passe, les chiens aboient /
Le fascisme de la vulgarité
Pour ses cinquante ans de carrière de professeur, George Steiner, critique, philosophe et aussi parfois écrivain, est interviewé dans L'Independent.
Il y évoque, par exemple, ses vues sur les relations professeur/élève ainsi que la disparition du respect :
Behind all Steiner's examples stand three types of the master-pupil relationship: rebellion or betrayal by the learner; destruction of the student by the teacher; and the reciprocal partnership, "erotic" in a spiritual sense, that seals true learning: "Woken, that exasperating child in the back row may write the lines, may conjecture the theorem that will busy centuries."
Steiner worries that those transforming moments of communion may vanish for good in an "age of irreverence". "Something perhaps irreplaceable is being destroyed," he laments.
[...]
"It's not so much the age of gentility that's over," he says, always courteous, but always forceful, a public speaker even one-to-one: "It is, in my opinion, the age of respect, of deference. We are in a time when the notion of a certain kind of respect for a teacher, a master, is almost ridiculous."
In the place of learning, lucre rules: "There is now a fascism of vulgarity," thunders Steiner. "For shorthand, I call it Berlusconism." Bright graduates hanker to fill their boots, and not their minds: "There is a contempt for the life of the mind on the part of money. Money has an enormous voice. It has never spoken louder."
[...]
These days, "the humanities are under extreme pressure of doubt". [...] That's what my books are about. There was a failure of the humanities to stem barbarism in our time. There's not very much we can be proud of.
La caravane passe, les chiens aboient /
Il y évoque, par exemple, ses vues sur les relations professeur/élève ainsi que la disparition du respect :
Behind all Steiner's examples stand three types of the master-pupil relationship: rebellion or betrayal by the learner; destruction of the student by the teacher; and the reciprocal partnership, "erotic" in a spiritual sense, that seals true learning: "Woken, that exasperating child in the back row may write the lines, may conjecture the theorem that will busy centuries."
Steiner worries that those transforming moments of communion may vanish for good in an "age of irreverence". "Something perhaps irreplaceable is being destroyed," he laments.
[...]
"It's not so much the age of gentility that's over," he says, always courteous, but always forceful, a public speaker even one-to-one: "It is, in my opinion, the age of respect, of deference. We are in a time when the notion of a certain kind of respect for a teacher, a master, is almost ridiculous."
In the place of learning, lucre rules: "There is now a fascism of vulgarity," thunders Steiner. "For shorthand, I call it Berlusconism." Bright graduates hanker to fill their boots, and not their minds: "There is a contempt for the life of the mind on the part of money. Money has an enormous voice. It has never spoken louder."
[...]
These days, "the humanities are under extreme pressure of doubt". [...] That's what my books are about. There was a failure of the humanities to stem barbarism in our time. There's not very much we can be proud of.
La caravane passe, les chiens aboient /
Claire et concise
Ils ont mis le temps, ils n'en ont pas écrit 10 pages (à peine deux paragraphes), mais Télérama a trouvé le moyen de dire en quelque mots tout ce qu'il y a dire sur Le Petit Copain de Donna Tartt. Parfois, il arrive que certains critiques aient un talent à faire frémir La Bruyère :
Harriet décide de trouver l'assassin de son frère.
Sur cette trame simpliste, Donna Tartt va construire un roman social implacable. Situé dans les années 70, le roman montre à quel point cette région n'a pas bougé d'un pouce depuis la guerre de Sécession. La haine est toujours palpable entre Blancs et Noirs, entre rednecks et bourgeois désargentés. Derrière tout cela, la religion continue d'attiser la violence, terrorisant les femmes et les enfants, fanatisant les hommes de tous âges, empêchant les jeunes de s'en sortir par les études, source de tous les péchés. Le talent de Donna Tartt est de conter une histoire haletante grâce à une technique de narration implacable mais aussi d'en faire une fresque historique et politique sans jamais insister.
La caravane passe, les chiens aboient /
Harriet décide de trouver l'assassin de son frère.
Sur cette trame simpliste, Donna Tartt va construire un roman social implacable. Situé dans les années 70, le roman montre à quel point cette région n'a pas bougé d'un pouce depuis la guerre de Sécession. La haine est toujours palpable entre Blancs et Noirs, entre rednecks et bourgeois désargentés. Derrière tout cela, la religion continue d'attiser la violence, terrorisant les femmes et les enfants, fanatisant les hommes de tous âges, empêchant les jeunes de s'en sortir par les études, source de tous les péchés. Le talent de Donna Tartt est de conter une histoire haletante grâce à une technique de narration implacable mais aussi d'en faire une fresque historique et politique sans jamais insister.
La caravane passe, les chiens aboient /
It seems to me that the realest reality lives somewhere beyond the edge of human vision; I don't know that it can ever be seen, but I'll keep looking.
Russel Hoban
(Via Neverland)
La caravane passe, les chiens aboient /
Russel Hoban
(Via Neverland)
La caravane passe, les chiens aboient /
Grand Nord
Puisqu'on est si bien lancé autant continuer à découvrir le monde à travers ses prix littéraires.
(Bienvenue et merci d'avoir choisi BienVoyagerAvecLaMuselivre.com. Nos prix sont abordables, et nous n'avont pas de problèmes de grèves de transports, de dépôts de bilan ou de de détourneurs de caravanes : nous sommes cleans et promettons que nos auteurs seront sages et pleins de bonne volonté. Attention! Ne nourrissez pas les auteurs après minuit, ils pourraient se transformer en Martin Amis et vous ne voulez pas avoir Martin Amis dans votre salon. Sur ce nous vous souhaitons un agréable séjour en PrixLittéreuxLand.)
Aujourd'hui, nous allons voir vite fait le Canada, et on ne s'attarde pas parce que je n'ai pas que ça à faire de ma nuit (faut que je dorme aussi) !
Les deux prix les plus importants du Canada viennent d'être décernés cette semaine (dans la même semaine ? Imitateurs !) : il s'agit du Giller Prize et des Prix du Gouverneur Général.
Le Giller Prize n'a que 10 ans d'âge, mais il fait suffisamment parler de lui pour que même les USA en entendent des échos et qu'en France on décide d'en faire un argument de vente en quatrième de couv'. Cette année, il a été remis, pour la deuxième fois (il l'avit déjà eu lors de la première édition du prix, et comme c'est l'anniversaire des dix ans du Giller... suivez mon regard. Pour une liste complète des précédents gagnants et sélectionnés) à M.G. Vassanji, indien d'origine kenyane et encore inconnu en France, pour The In-Between World of Vikram Lal.
Les Prix du Gouverneur Général est un prix multiple, mais c'est peut-être les plus exhaustif des prix multiples : il récompense en français et en anglais la fiction, l'essai, la poésie, le théâtre, les textes pour enfants , mais aussi les livres d'images pour enfants, et la meilleure traduction entre les deux langues officielles du Canada. Soit en tout 14 récompenses ! Le prix de la meilleure fiction française revient à Elise Turcotte pour La maison étrangère (pas -- encore ? -- publié en France), et l'équivalent anglais à Douglas Glover pour Le Pas de l'ours (titre original : Elle), pas publié en France mais disponible en France, distinction qui a son importance : le livre est publié par Boréal, une maison d'édition québequoise peu distribuée en france, ce qui n'est pas le cas des éditeurs français qui croient encore que le Québec est une colonie française et en suffoque littéralement le monde éditorial en s'imposant presque comme uniques éditeurs. C'est un beau retour de bâton et on espère que ça va continuer : vive le Québec libre !
Edit : trop forte, moi ! J'ai réussi à être tellement d'actualité en vous parlant du Prix du Gouverneur Général attribué à Douglas Glover pour Le Pas de l'ours que je peux même vous fournir la critique Télérama sortie juste maintenant. Si c'est pas du timing du feu de Dieu ça !
La caravane passe, les chiens aboient /
(Bienvenue et merci d'avoir choisi BienVoyagerAvecLaMuselivre.com. Nos prix sont abordables, et nous n'avont pas de problèmes de grèves de transports, de dépôts de bilan ou de de détourneurs de caravanes : nous sommes cleans et promettons que nos auteurs seront sages et pleins de bonne volonté. Attention! Ne nourrissez pas les auteurs après minuit, ils pourraient se transformer en Martin Amis et vous ne voulez pas avoir Martin Amis dans votre salon. Sur ce nous vous souhaitons un agréable séjour en PrixLittéreuxLand.)
Aujourd'hui, nous allons voir vite fait le Canada, et on ne s'attarde pas parce que je n'ai pas que ça à faire de ma nuit (faut que je dorme aussi) !
Les deux prix les plus importants du Canada viennent d'être décernés cette semaine (dans la même semaine ? Imitateurs !) : il s'agit du Giller Prize et des Prix du Gouverneur Général.
Le Giller Prize n'a que 10 ans d'âge, mais il fait suffisamment parler de lui pour que même les USA en entendent des échos et qu'en France on décide d'en faire un argument de vente en quatrième de couv'. Cette année, il a été remis, pour la deuxième fois (il l'avit déjà eu lors de la première édition du prix, et comme c'est l'anniversaire des dix ans du Giller... suivez mon regard. Pour une liste complète des précédents gagnants et sélectionnés) à M.G. Vassanji, indien d'origine kenyane et encore inconnu en France, pour The In-Between World of Vikram Lal.
Les Prix du Gouverneur Général est un prix multiple, mais c'est peut-être les plus exhaustif des prix multiples : il récompense en français et en anglais la fiction, l'essai, la poésie, le théâtre, les textes pour enfants , mais aussi les livres d'images pour enfants, et la meilleure traduction entre les deux langues officielles du Canada. Soit en tout 14 récompenses ! Le prix de la meilleure fiction française revient à Elise Turcotte pour La maison étrangère (pas -- encore ? -- publié en France), et l'équivalent anglais à Douglas Glover pour Le Pas de l'ours (titre original : Elle), pas publié en France mais disponible en France, distinction qui a son importance : le livre est publié par Boréal, une maison d'édition québequoise peu distribuée en france, ce qui n'est pas le cas des éditeurs français qui croient encore que le Québec est une colonie française et en suffoque littéralement le monde éditorial en s'imposant presque comme uniques éditeurs. C'est un beau retour de bâton et on espère que ça va continuer : vive le Québec libre !
Edit : trop forte, moi ! J'ai réussi à être tellement d'actualité en vous parlant du Prix du Gouverneur Général attribué à Douglas Glover pour Le Pas de l'ours que je peux même vous fournir la critique Télérama sortie juste maintenant. Si c'est pas du timing du feu de Dieu ça !
La caravane passe, les chiens aboient /
Copyright Télérama, bla, bla, bla...
Comme je n'ai pas réussi à mettre un lien, je vous recopie en intégralité l'article sur l'édition au Québec : oui, je sais que ce n'est pas très légal, mais il est plus de minuit et à cette heure-ci la légalité, je m'en tamponne légèrement le coquillard, et puis l'article est passionnant, na ! (Pour ceux que ça intéresserait, je n'ai jamais trouvé les précédents articles sur l'Inde, le Mali ou la Corée dont ils parlent au début de l'article ; c'est probablement une feinte ;-) )
La diversité culturelle face à la mondialisation (5/5) : le Canada
Vive le Québec livre !
Après l'Inde, le Mali ou la Corée, suite et fin de notre série dans la Belle Province, où la littérature subit la tutelle des éditeurs français. Une dépendance qui, ajoutée à la menace du voisin américain, pousse au particularisme. Au risque de l'isolement.La littérature n'a plus de frontières, elle nous vient de partout, de toutes les langues, et c'est tant mieux. Lorsqu'elle s'écrit en français à 6 000 kilomètres de nos côtes, elle mérite bien qu'on s'y attarde avec tendresse. Pourtant, en France, on boude encore ces cousins québécois, les Michel Tremblay, Gaétan Soucy, Monique Proulx (une nouvelliste énergumène), et puis ce Sylvain Trudel qui, l'an dernier, en deux livres (1), nous a chamboulé la tête et ratatiné le coeur, pas moins.
Guillerette, nous partîmes donc, un matin de printemps à Paris, un jour de glace à Montréal, vérifier sur place la vitalité de cette littérature, mesurer comment elle résiste à son voisin immédiat, le grand méchant loup d'à côté - pape de la mondialisation, les Etats-Unis d'Amérique. Avec, dans nos bagages, un bonnet de laine et une vibrante déclaration de chef d'Etat : « Les deux Premiers ministres Lionel Jospin et Lucien Bouchard réaffirment leur attachement à la diversité des langues et des cultures [...] considèrent que les biens et les services culturels, reflets des identités nationales et des valeurs d'une société, sont d'une nature particulière et nécessitent, en conséquence, un statut particulier » (6 avril 2000).
Le Québec -enclave francophone en terre nord-américaine- darde fièrement son exception culturelle à coups d'audacieuses prises de position contre l'OMC en général et les Etats-Unis en particulier (entre les deux voisins existe une vieille haine presque pathologique, qui frise parfois, il faut bien l'avouer, la frénésie). Mais, à peine au sol, on a l'étrange impression de tomber en terrain connu -les filous diront conquis. Tabernacle ! (juron de stupéfaction typiquement québécois) : dans les librairies indépendantes (Olivieri à Montréal, Pantoute à Québec) comme dans celles appartenant à des chaînes (Renaud-Bray, Archambault), à foison sur les tables des couvertures immédiatement identifiables : Gallimard, Actes Sud, Albin Michel, Le Seuil. Les plus grands noms de l'édition française étalent leurs auteurs fétiches, français et étrangers. D'une boutique à l'autre, surtout dans les grandes surfaces, c'est au contraire dans un rayon relégué en fond de magasin qu'on identifiera les jaquettes inconnues (ou presque) étiquetées « littérature québécoise »...
Le marché éditorial québécois est alimenté -étouffé- de « produits » français : même les best-sellers, qu'ils soient américains (Stephen King) ou italiens (Umberto Eco) sont publiés en France et acheminés au Québec par cargos. Plus grave, comme nul n'est censé l'ignorer, le Québec n'est pas une province française, mais un vrai bout du Canada. Or, la plupart des auteurs canadiens anglophones sont dénichés par des éditeurs français : Peter Oliva par Joëlle Losfeld, David Bergen, Thomas King et Eden Robinson par Albin Michel, Leon Rooke par Phébus. Ensuite, certains de ces livres, traduits le plus souvent avec l'aide de « notre » Centre national des lettres retraversent l'Océan à fond de cale.
La raison de tout ce va-et-vient : une simple affaire d'économie. En effet, le Québec compte sept millions d'habitants -80 % de francophones, 10 % d'anglophones, et 10 % d'allophones (émigrés grecs, italiens, asiatiques, latinos, etc.). Un marché potentiel des plus riquiqui que se partagent 200 maisons d'édition pour 5 000 nouveautés par an, tous genres confondus, diffusées par 400 librairies dont le nombre diminue chaque année. Editeurs et libraires ne peuvent ainsi survivre qu'avec des aides financières des gouvernements québécois et canadien. Un système de perfusion qui touche à la perversité : publier un auteur québécois, même médiocre, même planqué dans les librairies sur un vilain tréteau, c'est l'assurance d'avoir une subvention ; publier un auteur étranger, c'est au contraire se débrouiller presque seul, et aller au suicide en ajoutant des frais de traduction.
Marie-Andrée Lamontagne, un petit bout de femme à la parole cinglante et précieuse, ne fait pas dans le bon sentiment. Cette romancière, ex-rédactrice en chef des pages culture du Devoir (le journal de référence) et aujourd'hui éditrice en sciences humaines, navigue dans le monde de l'édition comme une torpille : « Dans les années 40, la littérature québécoise était une littérature du terroir, exotique. Dans les années 70-80, quand le parti québécois prend le pouvoir, elle devient nationaliste, porte-drapeau. On revendique la langue québécoise pour se démarquer des colons français, on écrit en joual, c'était illisible, du folklore. Si, depuis une quinzaine d'années, les auteurs québécois s'essaient à jouer dans la cour des grands -à penser "universalité"-, perdure encore une tendance au repli, à l'ignorance de l'autre, favorisée par les aides gouvernementales. La littérature, c'est le plus grand pays de la planète. Or, chez nous, on voudrait faire des lecteurs un troupeau nourri de farine québécoise. La presse, si complaisante, est grandement responsable de cette tendance. »
Marie-Andrée Lamontagne refuse le nivellement et enfonce le clou, presque au bord du désespoir : « La société nord-américaine répugne au débat d'idées, rejette "l'intello", une personne a priori suspecte. Faute de combattants audacieux -auteurs, éditeurs, libraires- et de public curieux, la littérature québécoise et le marché de l'édition risquent l'asphyxie. Ils s'accommodent de peu, répugnent au style. Or, le style est constitutif des propos. »
Du coup, la présence et l'influence françaises deviennent dangereusement inévitables : sans les moyens financiers des éditeurs hexagonaux, la littérature du monde entier serait quasiment lettre morte au Québec... Mais ces mêmes éditeurs ne conditionnent-ils pas les écrivains québécois, plus soucieux de séduire les soixante-cinq millions de Français que leurs cinq millions de compatriotes francophones ?
La consécration, la reconnaissance, c'est en effet d'être publié en France. Tout comme nos voisins belges, bien des auteurs québécois ont, en secret, le même rêve. Peu d'élus : la sulfureuse Nelly Arcan au Seuil, Réjean Ducharme et François Barcelo chez Gallimard. « C'est le syndrome du colonisé ! » s'insurge Brigitte Bouchard, « big boss » et unique employée de sa maison d'édition Les Allusifs (lire le portrait de Brigitte Bouchard, créatrice des Allusifs). « Il n'y a qu'à lire les journaux d'ici, Le Devoir, La Presse, Le Soleil, tous font un tapage sur de pleines pages d'informations anecdotiques : "Untel est édité chez Gallimard." Du livre, de son contenu, de son style, rien n'est dit. C'est affligeant. »
Sur la rue Saint-Denis, à Montréal, Pascal Assathiany, patron des éditions Boréal (diffusées en France par Le Seuil), fait le maître de maison. On visite tous les bureaux de cette belle bâtisse familiale, on serre la main à chacun de ses collaborateurs (une douzaine), on mémorise les auteurs Boréal (Marie-Claire Blais, Gaétan Soucy, Robert Lalonde, Monique Proulx, Guillaume Vigneault, fils de Gilles), et l'on remarque les coéditions avec la France (Michael Moore avec La Découverte, Jonathan Franzen avec L'Olivier). Lui non plus ne mâche pas ses mots : « Je suis allergique aux éditeurs français qui piquent nos auteurs, affaiblissent l'édition québécoise. Respectons nos territoires, partageons les frais par des cessions de droits. Considérez-nous comme un pays étranger et pas comme une région française. Nous sommes de la littérature étrangère de langue française ! Que Margaret Atwood [Canadienne anglophone] soit traduite par Laffont me fait moins rager que si Gallimard, par exemple, nous pique un auteur québécois ! »
Une neige gluante nous dégringole dessus. On court se réfugier chez Olivieri, la plus importante (et rarissime) librairie indépendante de Montréal, créée en 1985. On contourne les rayons et l'on s'installe au restaurant, avec Yvon Lachance, maître des lieux. D'emblée, il fustige le nouvel ordre économique mondial du livre : concentration, globalisation, uniformisation de produits répondant avant tout à des critères de marketing, mort annoncée de la librairie indépendante face aux mastodontes, etc. Yvon, pourtant pondéré, ajoute sa pierre -ou son pavé- aux relations houleuses France-Québec : « La littérature française se vend mieux que la québécoise, je dirais dans un rapport 60/40 %. Parce que la production française prend tout simplement beaucoup de place. Même ce que l'on lit de littérature étrangère, c'est par le regard des Français. Ce que l'on connaît de la prétendue puissance de la littérature américaine, c'est encore celle que lui accorde la France. Cette vogue de romans au coeur des grands espaces, de chasse à l'ours, etc., nous épate moins que vous, on est dedans ! Alors que nous échappent encore les romans urbains, intimistes qui s'écrivent aujourd'hui aux Etats-Unis. Quant aux Canadiens anglophones, il n'y a aucune curiosité, juste du mépris. Mais je pense que tout cela peut changer. Moi, Québécois, et malgré le discours officiel, je suis bien plus proche de la culture anglo-saxonne, et donc américaine, que de la culture française. Je ne suis pas fasciné par les Etats-Unis : j'y suis, ou presque. Lorsque je vais à Paris, je ne suis pas un Européen, je suis un Nord-Américain. Dans les années 60-70, un Québécois était fier de ne pas parler anglais et choisissait la France pour ses études. Aujourd'hui, et heureusement, c'est fini. La jeune génération a dépassé cette haine idiote. Elle zappe sans y penser des programmes télé US aux programmes canadiens. D'ailleurs, y a-t-il une différence ? »
Yvon Lachance organise régulièrement dans sa librairie des « causeries » (rencontres et lectures) : « Il y a une demande forte de la part de nos clients d'entendre de nouvelles voix, d'échanger. Ils n'achètent pas forcément le livre. Ils sont en recherche de ce que les médias ne leur offrent plus : de la critique, du sens. Les lecteurs ne sont pas si bêtes que le croient éditeurs et journalistes ! » Et de regretter la disparition de plumes libres comme celle du critique Robert Lévesque, dont les chroniques sont publiées chez Boréal sous un titre évocateur : L'Allié de personne.
Justement, nous avons rendez-vous avec un journaliste turbulent, Stanley Péan. Il est rédacteur en chef d'une revue trimestrielle gratuite, Le Libraire, et grand manitou du seul et unique magazine littéraire sur Radio-Canada, Bouquinville. Stanley Péan est né en Haïti. Tout bébé, il débarque avec ses parents près de Chicoutimi, au nord de Québec. La littérature québécoise est son cheval de bataille, même celle des débutants tentés par la vague de l'autofiction. Il y croit. Il la défend. Il semble faire son métier uniquement pour redorer le blason des écrivains de la province. « La littérature québécoise s'est affranchie du modèle français. Les auteurs ont compris et intégré "l'américanité" de leur vocabulaire, de leur structure narrative. Et puis, fait déterminant, l'émergence des voix de l'immigration asiatique, haïtienne, latino va encore bousculer cette langue. Ce ne sont pas des blagues, mais au Québec on s'est souvent posé la question de savoir si ces auteurs-là faisaient partie ou non de la littérature québécoise ! Un écrivain doit trouver SA langue. C'est cela la littérature, le reste, c'est pipeau. »
Le Québec et la France, par leur histoire et leur langue communes, sont de la même famille. Et comme dans toutes les familles, les deux cousins, même lointains, souffrent de quelques distorsions passionnelles : amour et haine, dépendance et jalousie... Certains osent dire -mais pas forcément dans leurs médias- que la présence de la France au Québec est, entre bonheur et lamentation, un « mal nécessaire ». Peut-être bien plus dangereuse en littérature que celle du vilain voisin, les Etats-Unis.
Martine Laval envoyée spéciale au Québec
(1) Du mercure sous la langue, éd. des Allusifs, 130 p., 14 € (lire Télérama n°2720 ou consultez notre encyclopédie America en cliquant ici ). Le Souffle de l'harmattan, éd. des Allusifs, 168 p., 15 € (lire Télérama n°2750 ou consultez notre encyclopédie America en cliquant ici).
Télérama n° 2783 - 17 mai 2003
La caravane passe, les chiens aboient /
La diversité culturelle face à la mondialisation (5/5) : le Canada
Vive le Québec livre !
Après l'Inde, le Mali ou la Corée, suite et fin de notre série dans la Belle Province, où la littérature subit la tutelle des éditeurs français. Une dépendance qui, ajoutée à la menace du voisin américain, pousse au particularisme. Au risque de l'isolement.La littérature n'a plus de frontières, elle nous vient de partout, de toutes les langues, et c'est tant mieux. Lorsqu'elle s'écrit en français à 6 000 kilomètres de nos côtes, elle mérite bien qu'on s'y attarde avec tendresse. Pourtant, en France, on boude encore ces cousins québécois, les Michel Tremblay, Gaétan Soucy, Monique Proulx (une nouvelliste énergumène), et puis ce Sylvain Trudel qui, l'an dernier, en deux livres (1), nous a chamboulé la tête et ratatiné le coeur, pas moins.
Guillerette, nous partîmes donc, un matin de printemps à Paris, un jour de glace à Montréal, vérifier sur place la vitalité de cette littérature, mesurer comment elle résiste à son voisin immédiat, le grand méchant loup d'à côté - pape de la mondialisation, les Etats-Unis d'Amérique. Avec, dans nos bagages, un bonnet de laine et une vibrante déclaration de chef d'Etat : « Les deux Premiers ministres Lionel Jospin et Lucien Bouchard réaffirment leur attachement à la diversité des langues et des cultures [...] considèrent que les biens et les services culturels, reflets des identités nationales et des valeurs d'une société, sont d'une nature particulière et nécessitent, en conséquence, un statut particulier » (6 avril 2000).
Le Québec -enclave francophone en terre nord-américaine- darde fièrement son exception culturelle à coups d'audacieuses prises de position contre l'OMC en général et les Etats-Unis en particulier (entre les deux voisins existe une vieille haine presque pathologique, qui frise parfois, il faut bien l'avouer, la frénésie). Mais, à peine au sol, on a l'étrange impression de tomber en terrain connu -les filous diront conquis. Tabernacle ! (juron de stupéfaction typiquement québécois) : dans les librairies indépendantes (Olivieri à Montréal, Pantoute à Québec) comme dans celles appartenant à des chaînes (Renaud-Bray, Archambault), à foison sur les tables des couvertures immédiatement identifiables : Gallimard, Actes Sud, Albin Michel, Le Seuil. Les plus grands noms de l'édition française étalent leurs auteurs fétiches, français et étrangers. D'une boutique à l'autre, surtout dans les grandes surfaces, c'est au contraire dans un rayon relégué en fond de magasin qu'on identifiera les jaquettes inconnues (ou presque) étiquetées « littérature québécoise »...
Le marché éditorial québécois est alimenté -étouffé- de « produits » français : même les best-sellers, qu'ils soient américains (Stephen King) ou italiens (Umberto Eco) sont publiés en France et acheminés au Québec par cargos. Plus grave, comme nul n'est censé l'ignorer, le Québec n'est pas une province française, mais un vrai bout du Canada. Or, la plupart des auteurs canadiens anglophones sont dénichés par des éditeurs français : Peter Oliva par Joëlle Losfeld, David Bergen, Thomas King et Eden Robinson par Albin Michel, Leon Rooke par Phébus. Ensuite, certains de ces livres, traduits le plus souvent avec l'aide de « notre » Centre national des lettres retraversent l'Océan à fond de cale.
La raison de tout ce va-et-vient : une simple affaire d'économie. En effet, le Québec compte sept millions d'habitants -80 % de francophones, 10 % d'anglophones, et 10 % d'allophones (émigrés grecs, italiens, asiatiques, latinos, etc.). Un marché potentiel des plus riquiqui que se partagent 200 maisons d'édition pour 5 000 nouveautés par an, tous genres confondus, diffusées par 400 librairies dont le nombre diminue chaque année. Editeurs et libraires ne peuvent ainsi survivre qu'avec des aides financières des gouvernements québécois et canadien. Un système de perfusion qui touche à la perversité : publier un auteur québécois, même médiocre, même planqué dans les librairies sur un vilain tréteau, c'est l'assurance d'avoir une subvention ; publier un auteur étranger, c'est au contraire se débrouiller presque seul, et aller au suicide en ajoutant des frais de traduction.
Marie-Andrée Lamontagne, un petit bout de femme à la parole cinglante et précieuse, ne fait pas dans le bon sentiment. Cette romancière, ex-rédactrice en chef des pages culture du Devoir (le journal de référence) et aujourd'hui éditrice en sciences humaines, navigue dans le monde de l'édition comme une torpille : « Dans les années 40, la littérature québécoise était une littérature du terroir, exotique. Dans les années 70-80, quand le parti québécois prend le pouvoir, elle devient nationaliste, porte-drapeau. On revendique la langue québécoise pour se démarquer des colons français, on écrit en joual, c'était illisible, du folklore. Si, depuis une quinzaine d'années, les auteurs québécois s'essaient à jouer dans la cour des grands -à penser "universalité"-, perdure encore une tendance au repli, à l'ignorance de l'autre, favorisée par les aides gouvernementales. La littérature, c'est le plus grand pays de la planète. Or, chez nous, on voudrait faire des lecteurs un troupeau nourri de farine québécoise. La presse, si complaisante, est grandement responsable de cette tendance. »
Marie-Andrée Lamontagne refuse le nivellement et enfonce le clou, presque au bord du désespoir : « La société nord-américaine répugne au débat d'idées, rejette "l'intello", une personne a priori suspecte. Faute de combattants audacieux -auteurs, éditeurs, libraires- et de public curieux, la littérature québécoise et le marché de l'édition risquent l'asphyxie. Ils s'accommodent de peu, répugnent au style. Or, le style est constitutif des propos. »
Du coup, la présence et l'influence françaises deviennent dangereusement inévitables : sans les moyens financiers des éditeurs hexagonaux, la littérature du monde entier serait quasiment lettre morte au Québec... Mais ces mêmes éditeurs ne conditionnent-ils pas les écrivains québécois, plus soucieux de séduire les soixante-cinq millions de Français que leurs cinq millions de compatriotes francophones ?
La consécration, la reconnaissance, c'est en effet d'être publié en France. Tout comme nos voisins belges, bien des auteurs québécois ont, en secret, le même rêve. Peu d'élus : la sulfureuse Nelly Arcan au Seuil, Réjean Ducharme et François Barcelo chez Gallimard. « C'est le syndrome du colonisé ! » s'insurge Brigitte Bouchard, « big boss » et unique employée de sa maison d'édition Les Allusifs (lire le portrait de Brigitte Bouchard, créatrice des Allusifs). « Il n'y a qu'à lire les journaux d'ici, Le Devoir, La Presse, Le Soleil, tous font un tapage sur de pleines pages d'informations anecdotiques : "Untel est édité chez Gallimard." Du livre, de son contenu, de son style, rien n'est dit. C'est affligeant. »
Sur la rue Saint-Denis, à Montréal, Pascal Assathiany, patron des éditions Boréal (diffusées en France par Le Seuil), fait le maître de maison. On visite tous les bureaux de cette belle bâtisse familiale, on serre la main à chacun de ses collaborateurs (une douzaine), on mémorise les auteurs Boréal (Marie-Claire Blais, Gaétan Soucy, Robert Lalonde, Monique Proulx, Guillaume Vigneault, fils de Gilles), et l'on remarque les coéditions avec la France (Michael Moore avec La Découverte, Jonathan Franzen avec L'Olivier). Lui non plus ne mâche pas ses mots : « Je suis allergique aux éditeurs français qui piquent nos auteurs, affaiblissent l'édition québécoise. Respectons nos territoires, partageons les frais par des cessions de droits. Considérez-nous comme un pays étranger et pas comme une région française. Nous sommes de la littérature étrangère de langue française ! Que Margaret Atwood [Canadienne anglophone] soit traduite par Laffont me fait moins rager que si Gallimard, par exemple, nous pique un auteur québécois ! »
Une neige gluante nous dégringole dessus. On court se réfugier chez Olivieri, la plus importante (et rarissime) librairie indépendante de Montréal, créée en 1985. On contourne les rayons et l'on s'installe au restaurant, avec Yvon Lachance, maître des lieux. D'emblée, il fustige le nouvel ordre économique mondial du livre : concentration, globalisation, uniformisation de produits répondant avant tout à des critères de marketing, mort annoncée de la librairie indépendante face aux mastodontes, etc. Yvon, pourtant pondéré, ajoute sa pierre -ou son pavé- aux relations houleuses France-Québec : « La littérature française se vend mieux que la québécoise, je dirais dans un rapport 60/40 %. Parce que la production française prend tout simplement beaucoup de place. Même ce que l'on lit de littérature étrangère, c'est par le regard des Français. Ce que l'on connaît de la prétendue puissance de la littérature américaine, c'est encore celle que lui accorde la France. Cette vogue de romans au coeur des grands espaces, de chasse à l'ours, etc., nous épate moins que vous, on est dedans ! Alors que nous échappent encore les romans urbains, intimistes qui s'écrivent aujourd'hui aux Etats-Unis. Quant aux Canadiens anglophones, il n'y a aucune curiosité, juste du mépris. Mais je pense que tout cela peut changer. Moi, Québécois, et malgré le discours officiel, je suis bien plus proche de la culture anglo-saxonne, et donc américaine, que de la culture française. Je ne suis pas fasciné par les Etats-Unis : j'y suis, ou presque. Lorsque je vais à Paris, je ne suis pas un Européen, je suis un Nord-Américain. Dans les années 60-70, un Québécois était fier de ne pas parler anglais et choisissait la France pour ses études. Aujourd'hui, et heureusement, c'est fini. La jeune génération a dépassé cette haine idiote. Elle zappe sans y penser des programmes télé US aux programmes canadiens. D'ailleurs, y a-t-il une différence ? »
Yvon Lachance organise régulièrement dans sa librairie des « causeries » (rencontres et lectures) : « Il y a une demande forte de la part de nos clients d'entendre de nouvelles voix, d'échanger. Ils n'achètent pas forcément le livre. Ils sont en recherche de ce que les médias ne leur offrent plus : de la critique, du sens. Les lecteurs ne sont pas si bêtes que le croient éditeurs et journalistes ! » Et de regretter la disparition de plumes libres comme celle du critique Robert Lévesque, dont les chroniques sont publiées chez Boréal sous un titre évocateur : L'Allié de personne.
Justement, nous avons rendez-vous avec un journaliste turbulent, Stanley Péan. Il est rédacteur en chef d'une revue trimestrielle gratuite, Le Libraire, et grand manitou du seul et unique magazine littéraire sur Radio-Canada, Bouquinville. Stanley Péan est né en Haïti. Tout bébé, il débarque avec ses parents près de Chicoutimi, au nord de Québec. La littérature québécoise est son cheval de bataille, même celle des débutants tentés par la vague de l'autofiction. Il y croit. Il la défend. Il semble faire son métier uniquement pour redorer le blason des écrivains de la province. « La littérature québécoise s'est affranchie du modèle français. Les auteurs ont compris et intégré "l'américanité" de leur vocabulaire, de leur structure narrative. Et puis, fait déterminant, l'émergence des voix de l'immigration asiatique, haïtienne, latino va encore bousculer cette langue. Ce ne sont pas des blagues, mais au Québec on s'est souvent posé la question de savoir si ces auteurs-là faisaient partie ou non de la littérature québécoise ! Un écrivain doit trouver SA langue. C'est cela la littérature, le reste, c'est pipeau. »
Le Québec et la France, par leur histoire et leur langue communes, sont de la même famille. Et comme dans toutes les familles, les deux cousins, même lointains, souffrent de quelques distorsions passionnelles : amour et haine, dépendance et jalousie... Certains osent dire -mais pas forcément dans leurs médias- que la présence de la France au Québec est, entre bonheur et lamentation, un « mal nécessaire ». Peut-être bien plus dangereuse en littérature que celle du vilain voisin, les Etats-Unis.
Martine Laval envoyée spéciale au Québec
(1) Du mercure sous la langue, éd. des Allusifs, 130 p., 14 € (lire Télérama n°2720 ou consultez notre encyclopédie America en cliquant ici ). Le Souffle de l'harmattan, éd. des Allusifs, 168 p., 15 € (lire Télérama n°2750 ou consultez notre encyclopédie America en cliquant ici).
Télérama n° 2783 - 17 mai 2003
La caravane passe, les chiens aboient /
vendredi, novembre 14, 2003
J'ai toujours rêvé de pouvoir l'utiliser en français !
Maintenant je sais que j'ai le droit, puisque c'est aussi français :
Miscellanées Substantif féminin pluriel. Recueil d'écrits divers. Sens vieilli mais plus joli : synonyme de mélange. ("miscellanée" peut être au singulier dans ce cas, et était généralement masculin au XIXe)
Merci IokanaaN !
Mais vous pouvez aussi baver sur :
Sélénite, sélénien (au féminin, sélénienne). Substantifs et adjectifs. Qui concerne la lune, lui appartient, relatif à un habitant supposé de la lune ou l'habitant supposé lui-même (lorsque substantivé). Ne dites plus : « je suis souvent dans la lune »... c'est d'un banal ! Dites plutôt : « Je suis sujet à des épisodes séléniens »
Ajoutez-y pour faire bonne figure :
Sélénite : habitant de la Lune
et Lunaute. Substantif. Astronaute
Merci à La Grande Rousse
Ces deux-là ont régulièrement "Un (nouveau) mot pour le dire", et on ne s'en lasse pas.
La caravane passe, les chiens aboient /
Miscellanées Substantif féminin pluriel. Recueil d'écrits divers. Sens vieilli mais plus joli : synonyme de mélange. ("miscellanée" peut être au singulier dans ce cas, et était généralement masculin au XIXe)
Merci IokanaaN !
Mais vous pouvez aussi baver sur :
Sélénite, sélénien (au féminin, sélénienne). Substantifs et adjectifs. Qui concerne la lune, lui appartient, relatif à un habitant supposé de la lune ou l'habitant supposé lui-même (lorsque substantivé). Ne dites plus : « je suis souvent dans la lune »... c'est d'un banal ! Dites plutôt : « Je suis sujet à des épisodes séléniens »
Ajoutez-y pour faire bonne figure :
Sélénite : habitant de la Lune
et Lunaute. Substantif. Astronaute
Merci à La Grande Rousse
Ces deux-là ont régulièrement "Un (nouveau) mot pour le dire", et on ne s'en lasse pas.
La caravane passe, les chiens aboient /
Hors cadre
Parce que le Droit de la Propriété Intellectuelle est un Droit d'Auteur, et que même la photo de paparazzi, oui, même elle, a le droit d'être protégée, de la même façon qu'est protégé le moindre article de n'importe quel tâcheron de pigiste.
Entre autres abus :
l'AFP vend au FN une photo de Marine Le Pen pour sa campagne. Évidemment sans consulter l'auteur de la photo, au mépris du Code de la propriété intellectuelle. Ce qui explique la grève des photographes de l'AFP ce week-end.
Ou encore mieux :
Il y a près d'un an, Air France Magazine sort alors un nouveau contrat qui stipule : " La cession définitive de tous les droits de propriété intellectuelle sur le reportage commandé, aucune rétribution en cas de réutilisation des photos, l'exclusivité pour toute exploitation de ce travail en dehors du magazine, une gestion exclusive des rémunérations et une responsabilité exclusive des photographes en cas de trouble ou de revendication de tiers au titre des personnes ou des biens photographiés ". [...] Avec la menace de ne plus travailler en cas de refus.
Air France Magazine qui est publié par Gallimard...
La caravane passe, les chiens aboient /
Entre autres abus :
l'AFP vend au FN une photo de Marine Le Pen pour sa campagne. Évidemment sans consulter l'auteur de la photo, au mépris du Code de la propriété intellectuelle. Ce qui explique la grève des photographes de l'AFP ce week-end.
Ou encore mieux :
Il y a près d'un an, Air France Magazine sort alors un nouveau contrat qui stipule : " La cession définitive de tous les droits de propriété intellectuelle sur le reportage commandé, aucune rétribution en cas de réutilisation des photos, l'exclusivité pour toute exploitation de ce travail en dehors du magazine, une gestion exclusive des rémunérations et une responsabilité exclusive des photographes en cas de trouble ou de revendication de tiers au titre des personnes ou des biens photographiés ". [...] Avec la menace de ne plus travailler en cas de refus.
Air France Magazine qui est publié par Gallimard...
La caravane passe, les chiens aboient /
Le cadavre bouge encore
La Biennale de poésie du Val-de-Marne tiendra du 13 au 27 novembre sa septième édition.
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Je suis loin d'être la seule à trouver que le français commence à manquer de mots
J'adopte même de suite "l’iloiement pour la façon populaire de s’adresser aux gens à la troisième personne : « Il reprendra bien un peu de gigot ? »", et la "cancrature [qui] indique le gribouillis « que l’on fait volontairement à la fin d’un mot pour dissimuler un accord suspect ».
Le Mokimanké de Jean-Loup Chiflet et Nathalie Kristy (Mot & Cie, 92 p., 9 €) est le Livrekivoumanke. Courrez l'acheter et remerciez Claude Duneton, que j'aime, que j'adore, que je bénis, et qui a écrit le seul livre intelligent jamais écrit sur notre belle langue française. Si si.
La caravane passe, les chiens aboient /
Le Mokimanké de Jean-Loup Chiflet et Nathalie Kristy (Mot & Cie, 92 p., 9 €) est le Livrekivoumanke. Courrez l'acheter et remerciez Claude Duneton, que j'aime, que j'adore, que je bénis, et qui a écrit le seul livre intelligent jamais écrit sur notre belle langue française. Si si.
La caravane passe, les chiens aboient /
Bestiaire
Il existe 1 100 contes recensés sur le thème de «la recherche de l'époux disparu». Une classification délirante de précision, établie par un Finlandais et un Américain, l'immatricule : AT 425.
Rassurez-vous, cette anthologie (chez José Corti, voir précédent post) sur les bêtes devenant prince ou princesse, Des Belles et des Bêtes. Anthologie de fiancés animaux, n'en compte, elle, que 41, de la plus connue comme La Belle et la Bête de Madame Leprince de Beaumont à toutes celles dont vous n'avez jamais pu entendre parler comme L’homme qui épousa une renarde (conte eskimo traduit de l’anglais pour le présent livre) ou Comment Yine’a-ne’ut épousa un chien (conte du grand nord sibérien). Un plaisir coupable pour les grands enfants amateurs de contes.
Et puisqu'on en est dans les contes de fées et les bestioles fantastiques, c'est le moment de parler de Pierre Dubois, le plus célèbre elficologue du monde (et il est à nous !) qui vient de publier le troisième tome de sa grande encyclopédie de féérie : La Grande Encyclopédie des Elfes (les précédents étaient à rebrousse-poil La Grande encyclopédie des Fées, et La Grande Encyclopédie des Lutins). Il est également l'auteur d'anthologies de contes de sorcières, par exemple. Outre que Pierre Dubois est aux petites fées ce que Dostoïevski est à la littérature russe (mmhh... Dieu ?), ses livres valent plus que largement le détour pour leurs dessinateurs, Roland (il dessine) et Christiane (elle met en couleur) Sabatier, qui, si vous avez mon âge, ont bercé votre enfance de leurs illustrationsdes contes du Chat Perché.
Quand il n'est pas en train de pourchasser le caribou ailé, Pierre Dubois est aussi scénariste de BD dont la plus connue est sans doute le dyptique Petrus Barbygère :
Les mots sont les étoiles des choses. […] Et dire que d'aucuns pisse-froid en jugent certains inusités, obsolètes, et les condamnent à l'oubli. Je crains qu'un jour, hélas, les dirigeants de l'asphalte n'obligent à leur rogner les ailes afin de pouvoir les introduire dans des machines sans rêve.
La caravane passe, les chiens aboient /
Rassurez-vous, cette anthologie (chez José Corti, voir précédent post) sur les bêtes devenant prince ou princesse, Des Belles et des Bêtes. Anthologie de fiancés animaux, n'en compte, elle, que 41, de la plus connue comme La Belle et la Bête de Madame Leprince de Beaumont à toutes celles dont vous n'avez jamais pu entendre parler comme L’homme qui épousa une renarde (conte eskimo traduit de l’anglais pour le présent livre) ou Comment Yine’a-ne’ut épousa un chien (conte du grand nord sibérien). Un plaisir coupable pour les grands enfants amateurs de contes.
Et puisqu'on en est dans les contes de fées et les bestioles fantastiques, c'est le moment de parler de Pierre Dubois, le plus célèbre elficologue du monde (et il est à nous !) qui vient de publier le troisième tome de sa grande encyclopédie de féérie : La Grande Encyclopédie des Elfes (les précédents étaient à rebrousse-poil La Grande encyclopédie des Fées, et La Grande Encyclopédie des Lutins). Il est également l'auteur d'anthologies de contes de sorcières, par exemple. Outre que Pierre Dubois est aux petites fées ce que Dostoïevski est à la littérature russe (mmhh... Dieu ?), ses livres valent plus que largement le détour pour leurs dessinateurs, Roland (il dessine) et Christiane (elle met en couleur) Sabatier, qui, si vous avez mon âge, ont bercé votre enfance de leurs illustrationsdes contes du Chat Perché.
Quand il n'est pas en train de pourchasser le caribou ailé, Pierre Dubois est aussi scénariste de BD dont la plus connue est sans doute le dyptique Petrus Barbygère :
Les mots sont les étoiles des choses. […] Et dire que d'aucuns pisse-froid en jugent certains inusités, obsolètes, et les condamnent à l'oubli. Je crains qu'un jour, hélas, les dirigeants de l'asphalte n'obligent à leur rogner les ailes afin de pouvoir les introduire dans des machines sans rêve.
La caravane passe, les chiens aboient /
Inutile d'en tirer la morale
Un roi d'Afrique a un fils. Le fils s'aperçoit que les uns aiment son père, que les autres le haïssent. Il dit à son père : «Quand je serai grand, je ferai l'unanimité.» Alors, le père décide de voyager avec lui et un cheval. A l'entrée du premier village, il met son fils sur le cheval. Des habitants crient : «C'est une honte ! Le jeune sur le cheval et ce vieil homme à pied !» A l'entrée du second village, le père monte sur le cheval. Des habitants crient : «C'est une honte ! Cet homme dans la force de l'âge sur le cheval, et ce pauvre enfant qui marche à côté !» Au troisième village, les deux sont sur le cheval. Des habitants crient : «C'est une honte ! Ces hommes en forme qui font mourir cette pauvre bête !» Au quatrième, le père et le fils portent le cheval. Alors, chaque habitant s'enferme chez soi en disant : «Gare ! Voilà deux fous qui portent un cheval sur le dos !»
Ainsi se termine l'interview de la co-éditrice des éditions José Corti, où elle parle de la collection "Merveilleux" qu'elle a créée, il y quelques années. Une collection de contes de fées qui n'en ont plus l'air après s'être glissés à l'intérieur de tous les autres genres, le merveilleux sous ses formes évoluées si on veut :
"Il y a trois états du conte : conte populaire collecté et retranscrit tel quel ; conte collecté et retravaillé par l'auteur ; conte inventé par l'auteur à partir d'une ou plusieurs sources. Ce sont les trois pistes de la collection. Il est souvent difficile de savoir ce qui relève du folklore et de l'invention d'un auteur. La poule et l'oeuf se reproduisent et s'influencent mutuellement. L'important, comme le dit Julien Gracq, est de ne jamais enfermer un texte dans son état civil.
Quel est l'état civil du conte ?
C'est malheureusement un genre réservé aux universitaires ou aux bonnes femmes.[...] Le conte est pourtant le récit fondamental."
Edit : signalons que réinterprêter les contes de fées est à la mode. On a vite oublié les tentatives de Catherine Millet (oui, je suis laide et dépréciée et je vais vous raconter ma vie formule Riquet à la houppe ; le titre étant Riquet à la houppe, Millet à la loupe : ça ne s'invente pas) et Christine Angot (vous ne vous y attendiez pas, mais je vais vour re-reraconter pour la 15 millionième fois mon inceste dans Peau d'âne), on s'attardera un peu plus sur celle de Marc Chevillard, auteur Minuit, qui nous refait Le Vaillant Petit Tailleur des Grimm (Bruno Bettelheim, dans Psychanalyse des contes de fées, avait interprété l'affaire comme la représentation du combat que le moi, le ça et le surmoi ne cessent de se livrer en nous), passant des dix pages traditionnelles à presque 300 de pirouettes stylistiques. Curiosité.
La caravane passe, les chiens aboient /
Ainsi se termine l'interview de la co-éditrice des éditions José Corti, où elle parle de la collection "Merveilleux" qu'elle a créée, il y quelques années. Une collection de contes de fées qui n'en ont plus l'air après s'être glissés à l'intérieur de tous les autres genres, le merveilleux sous ses formes évoluées si on veut :
"Il y a trois états du conte : conte populaire collecté et retranscrit tel quel ; conte collecté et retravaillé par l'auteur ; conte inventé par l'auteur à partir d'une ou plusieurs sources. Ce sont les trois pistes de la collection. Il est souvent difficile de savoir ce qui relève du folklore et de l'invention d'un auteur. La poule et l'oeuf se reproduisent et s'influencent mutuellement. L'important, comme le dit Julien Gracq, est de ne jamais enfermer un texte dans son état civil.
Quel est l'état civil du conte ?
C'est malheureusement un genre réservé aux universitaires ou aux bonnes femmes.[...] Le conte est pourtant le récit fondamental."
Edit : signalons que réinterprêter les contes de fées est à la mode. On a vite oublié les tentatives de Catherine Millet (oui, je suis laide et dépréciée et je vais vous raconter ma vie formule Riquet à la houppe ; le titre étant Riquet à la houppe, Millet à la loupe : ça ne s'invente pas) et Christine Angot (vous ne vous y attendiez pas, mais je vais vour re-reraconter pour la 15 millionième fois mon inceste dans Peau d'âne), on s'attardera un peu plus sur celle de Marc Chevillard, auteur Minuit, qui nous refait Le Vaillant Petit Tailleur des Grimm (Bruno Bettelheim, dans Psychanalyse des contes de fées, avait interprété l'affaire comme la représentation du combat que le moi, le ça et le surmoi ne cessent de se livrer en nous), passant des dix pages traditionnelles à presque 300 de pirouettes stylistiques. Curiosité.
La caravane passe, les chiens aboient /
Interlude
Ici commence le temps de l'anarchie universelle, de la liberté ; l'état naturel de la nature, le temps antérieur au monde.
Novalis, Fragments (José Corti 1992)
Lorsqu'on met certaines poésies en musique, pourquoi de les met-on pas en poésie ?
Novalis, Fragments
La caravane passe, les chiens aboient /
Novalis, Fragments (José Corti 1992)
Lorsqu'on met certaines poésies en musique, pourquoi de les met-on pas en poésie ?
Novalis, Fragments
La caravane passe, les chiens aboient /
Maman ne sait pas ce qu'est un blog
D'ailleurs, Maman ne sait même pas ce qu'est Google. Mais si par hasard, elle me trouvait quand même, il est plus que probable qu'elle se foutrait de ma gueule. Parce que Maman est adorable, parce que Maman pense que c'est très présomptueux de croire qu'il y a des gens qui pourraient être intéressés par ce que son petit bout de chou ("la puce", "le petit lapin", "l'oiseau des îles") pourrait avoir à dire, parce que Maman considère que si on écrit, quelque soit ce que l'on écrit, on doit être Rimbaud ou rien (véridique !). Merci Maman.
Pour éviter un tel état de faits, la puce avait déjà opté pour l'anonymat, le pseudonyme et l'usage d'un moteur de recherche que Maman ne connait pas, bien avant que Blogger se fende d'une politique de protection des bloggeurs affligés d'une Maman trop curieuse. Merci Blogger.
La caravane passe, les chiens aboient /
Pour éviter un tel état de faits, la puce avait déjà opté pour l'anonymat, le pseudonyme et l'usage d'un moteur de recherche que Maman ne connait pas, bien avant que Blogger se fende d'une politique de protection des bloggeurs affligés d'une Maman trop curieuse. Merci Blogger.
La caravane passe, les chiens aboient /
La musique adoucie les moeurs
En tout cas, pour au moins un an, elles ont un peu amélioré celles de Céline. Tombé amoureux d'un pianiste, il restera avec elle pendant un an et lui écrira des lettres d'abord amoureuses puis amicales qui vont être mises aux enchères, ce qui est une première concernant la correspondance de Céline.
Franchement, un homme qui vous quitte sur ces mots ne peut pas être tout à fait mauvais (même s'il en a diablement l'air) :
"Préserve-toi. Garde-toi bien. Méfie-toi de tes impulsions trop aventureuses. Ne tente pas le diable. Il détruit. Détruire n'est pas ton destin. Au revoir mon petit. Je t'embrasse bien fort".
Edit : Les résultats des enchères.
La caravane passe, les chiens aboient /
Franchement, un homme qui vous quitte sur ces mots ne peut pas être tout à fait mauvais (même s'il en a diablement l'air) :
"Préserve-toi. Garde-toi bien. Méfie-toi de tes impulsions trop aventureuses. Ne tente pas le diable. Il détruit. Détruire n'est pas ton destin. Au revoir mon petit. Je t'embrasse bien fort".
Edit : Les résultats des enchères.
La caravane passe, les chiens aboient /
jeudi, novembre 13, 2003
Pour s'en rappeler, c'est facile, c'est du pain presque blanc
Jusqu'à présent, les prix littéraires étrangers, on ne les mentionnait jamais sur les livres (à la rares exception du Pulitzer). Puis on s'est mis à en parler de plus en plus dans les quatrième de couverture, sans même se donner la peine d'expliquer à l'innocent quidam ce qu'ils représentaient exactement. Maintenant, tada !, signe du temps peut-être et de l'ennui que représente les prix littéraire français, on les met en bandeau comme les confrères gaulois. Le dernier Booker Prize -- justement décrit comme étant "le plus prestigieux prix littéraire anglais" -- est le premier à avoir eu droit à l'insigne honneur. Il y a deux raisons pour expliquer que d'un seul coup, cette année, le Booker Prize soit devenu aussi chic. D'abord, le livre (Le bouc émisphère en français) est publié chez Seuil et cette année, Le Seuil n'a eu aucun prix littéraire important (ce sont des choses qui arrivent et qui sont terribles! Vraiment terribles...). Ensuite, le livre ne devait pas marché très fort (vu que personne n'a encore remarqué dans les médias français qu'il est déjà traduit) et c'est un moyen comme un autre de lui redonner un peu de peps. Mais franchement, je n'ai vu personne se jeter sur ce bandeau comme si c'était une fontaine au milieu du désert.
Mais puisqu'on en est à faire la promo des livres anglais par les prix littéraires, autant mentionner le deuxième prix le plus important de Grande Bretagne (et en plus vous pourrez vous vanter d'avoir pu le découvrir grâce à moi, ce sera bon pour ma réputation) : le Whitbread. La sélection vient d'être annoncée, et ô surprise, mon petit Booker Prize est encore dans la liste : vous croyez que deux bandeaux ça fera trop ?
Le Whitbread est un prix multiple, comme le Femina ou le Médicis : il récompense 5 catégories (roman, premier roman, livre pour enfants, poésie -- on en écrit encore dans les pays anglo-saxons --, et essai), mais, et c'est ce qui fait son originalité, avec 6 prix. En plus des 5 gagnants dans chaque catégorie, un livre est choisi parmi eux comme étant LE livre de l'année.
La caravane passe, les chiens aboient /
Mais puisqu'on en est à faire la promo des livres anglais par les prix littéraires, autant mentionner le deuxième prix le plus important de Grande Bretagne (et en plus vous pourrez vous vanter d'avoir pu le découvrir grâce à moi, ce sera bon pour ma réputation) : le Whitbread. La sélection vient d'être annoncée, et ô surprise, mon petit Booker Prize est encore dans la liste : vous croyez que deux bandeaux ça fera trop ?
Le Whitbread est un prix multiple, comme le Femina ou le Médicis : il récompense 5 catégories (roman, premier roman, livre pour enfants, poésie -- on en écrit encore dans les pays anglo-saxons --, et essai), mais, et c'est ce qui fait son originalité, avec 6 prix. En plus des 5 gagnants dans chaque catégorie, un livre est choisi parmi eux comme étant LE livre de l'année.
La caravane passe, les chiens aboient /
Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, et les Docteurs ès pseudo-psycho de Saturne
Cette info est tout particulièrement dédiée au jeune garçon (oui !) de seize ans que j'ai vu hier dans le métro en train de lire Les Hommes viennent de Mars, les Femmes de Vénus (quelques petits problèmes pour comprendre ta copine ? ou pire, tu sors avec une folle qui t'a obligé à lire ça ?) : laisse tomber !
Le livre était déjà une connerie, maintenant c'est une connerie confirmée : pour la simple et bonne raison que le docteur qui a écrit ce torchon n'a jamais eu de diplôme.
Ah vraiment, c'est le jour des grandes déceptions aujourd'hui.
(Via MoorishGirl)
La caravane passe, les chiens aboient /
Le livre était déjà une connerie, maintenant c'est une connerie confirmée : pour la simple et bonne raison que le docteur qui a écrit ce torchon n'a jamais eu de diplôme.
Ah vraiment, c'est le jour des grandes déceptions aujourd'hui.
(Via MoorishGirl)
La caravane passe, les chiens aboient /
Sade amoureux
Sursautez pas comme ça, ça peut aussi arriver à des gens très bien !
Quatre lettres inédites ont été retrouvées qui retracent la folle passion du marquis pour la soeur de sa femme (c'est là qu'on le retrouve, le cher homme), mais on a bien du mal à reconnaître l'inventeur du sadisme dans la plus importante d'entre elles, composée dans un style mielleux et hypocrites bien loin des libertés qu'il prenait d'habitude. Mais peut-être que la belle Anne-Prospère de Launay méritait qu'il mette tant d'eau dans son vin... Ou peut-être Sade essayait-il simplement d'échapper à la sentence qui frappera cependant cet amour contre-nature : la prison à vie.
Je suis déçue : moi qui ai toujours cru qu'il avait été enfermé pour une bonne vieille histoire de cul, alors qu'il nous rejouait Abélard et Héloïse. Les Idoles ne sont plus ce qu'elles étaient.
La caravane passe, les chiens aboient /
Quatre lettres inédites ont été retrouvées qui retracent la folle passion du marquis pour la soeur de sa femme (c'est là qu'on le retrouve, le cher homme), mais on a bien du mal à reconnaître l'inventeur du sadisme dans la plus importante d'entre elles, composée dans un style mielleux et hypocrites bien loin des libertés qu'il prenait d'habitude. Mais peut-être que la belle Anne-Prospère de Launay méritait qu'il mette tant d'eau dans son vin... Ou peut-être Sade essayait-il simplement d'échapper à la sentence qui frappera cependant cet amour contre-nature : la prison à vie.
Je suis déçue : moi qui ai toujours cru qu'il avait été enfermé pour une bonne vieille histoire de cul, alors qu'il nous rejouait Abélard et Héloïse. Les Idoles ne sont plus ce qu'elles étaient.
La caravane passe, les chiens aboient /
mercredi, novembre 12, 2003
J'ai enfin été spammée par un truc intéressant
Très curieusement, sans avoir jamais donnée mon adresse e-mail à cette revue littéraire américaine -- LA revue littéraire américaine par excellence devrais-je dire, soit The Paris Review -- j'ai réussi à me faire spammée par eux à l'occasion de leur 50ème anniversaire : moi, dans ces conditions, je veux bien acceptée d'être spammée plus souvent, surtout pour une numéro spécial qui a tout ça d'invités spéciaux :
Norman Mailer, Cynthia Ozick, Don DeLillo, Mavis Gallant, Jonathan Franzen, Allan Gurganus, Edna O'Brien, John Irving, Christopher Logue, Ben Marcus, Susan Minot, John Updike, Robert Pinsky, Reynolds Price, Francine Prose, Charles Simic, Paul Auster, Jeannette Winterson, Charles Wright, Jeffrey Eugenides, Margaret Atwood, Richard Ford, Denis Johnson, Ian McEwan, Grace Paley, Jim Crace, Richard Powers, Jonathan Galassi, Philip Roth, Jim Shepard, Miranda July, Rick Moody, Joyce Carol Oates, ... (une table des matières complète)
Sauf que 1) je n'habite pas les USA, je ne suis pas vraiment la cliente idéale, quelque soit la manière dont vous m'avez trouvée, heu... votre boulot a été un peu baclé ; 2) sachant que la revue fait 12 $ aux USA, le temps qu'elle trouve un gentil petit navion pour traverser l'Atlantique et venir me faire de l'oeil dans les deux-trois seules librairies qui peuvent la vendre en France, elle sera passé à au moins 24 €, et comme je n'espère pas avoir droit à une ristourne spéciale parce que ma pomme est jolie (oui, ce soir, je suis très narcissique, ça vous pose un prolème ?), heu... je ne suis toujours pas la cliente idéale...
Bon rattrapons nous avec ce qu'il y a quand même sur le site, soit : une interview de Paul Auster, et une interview de Chinua Achebe, écrivain africain injustement méconnu en France, et dont les oeuvres sont devenues presqu'indisponibles. (Y'a-t-il encore des éditeurs dans ce pays ?)
On devra ce contenter de ce peu-là. Mais c'est rageant. Pour une fois que j'avais vraiment envie d'être spammée jusqu'à la gorge.
Edit : à l'occasion de ce cinquantenaire, la Paris Review avait déjà fait parler d'elle dans L'Express. George Plimpton, dont il est question dans l'article (la superstar George Plimpton) n'aura malheureusement pas eu le temps de vraiment vivre l'anniversaire de sa revue : il est mort quelques temps après le parution de l'article en question. Il avait cependant eu le temps de signer l'introduction du numéro anniversaire de la revue. Où il explique à sa manière pourquoi la revue s'appelle ainsi (elle a été créée à Paris) et donc pourquoi l'aigle debout sur un stylo plume (en haut de l'article) choisit pour être le symbole de la revue porte le bonnet phrygien. Heureusement qu'il ne s'agit pas d'une revue française : tout le monde se serait moquer de ce bonnet rouge. Pourtant, il est mignon cet aigle...
La caravane passe, les chiens aboient /
Norman Mailer, Cynthia Ozick, Don DeLillo, Mavis Gallant, Jonathan Franzen, Allan Gurganus, Edna O'Brien, John Irving, Christopher Logue, Ben Marcus, Susan Minot, John Updike, Robert Pinsky, Reynolds Price, Francine Prose, Charles Simic, Paul Auster, Jeannette Winterson, Charles Wright, Jeffrey Eugenides, Margaret Atwood, Richard Ford, Denis Johnson, Ian McEwan, Grace Paley, Jim Crace, Richard Powers, Jonathan Galassi, Philip Roth, Jim Shepard, Miranda July, Rick Moody, Joyce Carol Oates, ... (une table des matières complète)
Sauf que 1) je n'habite pas les USA, je ne suis pas vraiment la cliente idéale, quelque soit la manière dont vous m'avez trouvée, heu... votre boulot a été un peu baclé ; 2) sachant que la revue fait 12 $ aux USA, le temps qu'elle trouve un gentil petit navion pour traverser l'Atlantique et venir me faire de l'oeil dans les deux-trois seules librairies qui peuvent la vendre en France, elle sera passé à au moins 24 €, et comme je n'espère pas avoir droit à une ristourne spéciale parce que ma pomme est jolie (oui, ce soir, je suis très narcissique, ça vous pose un prolème ?), heu... je ne suis toujours pas la cliente idéale...
Bon rattrapons nous avec ce qu'il y a quand même sur le site, soit : une interview de Paul Auster, et une interview de Chinua Achebe, écrivain africain injustement méconnu en France, et dont les oeuvres sont devenues presqu'indisponibles. (Y'a-t-il encore des éditeurs dans ce pays ?)
On devra ce contenter de ce peu-là. Mais c'est rageant. Pour une fois que j'avais vraiment envie d'être spammée jusqu'à la gorge.
Edit : à l'occasion de ce cinquantenaire, la Paris Review avait déjà fait parler d'elle dans L'Express. George Plimpton, dont il est question dans l'article (la superstar George Plimpton) n'aura malheureusement pas eu le temps de vraiment vivre l'anniversaire de sa revue : il est mort quelques temps après le parution de l'article en question. Il avait cependant eu le temps de signer l'introduction du numéro anniversaire de la revue. Où il explique à sa manière pourquoi la revue s'appelle ainsi (elle a été créée à Paris) et donc pourquoi l'aigle debout sur un stylo plume (en haut de l'article) choisit pour être le symbole de la revue porte le bonnet phrygien. Heureusement qu'il ne s'agit pas d'une revue française : tout le monde se serait moquer de ce bonnet rouge. Pourtant, il est mignon cet aigle...
La caravane passe, les chiens aboient /
Parlons chiffres
Partons d'abord du postulat que ce n'est pas un auteur qui reçoit un prix littéraire français, mais une maison d'édition. Ou plutôt, certaines maisons d'éditions (Galligrasseuil, principalement, mais vous pouvez de plus en plus dire Albingalligrasseuil). Tout de suite on comprend mieux que ce n'est plus une histoire de prestige mais de sous. La preuve : les autres maisons d'édition qui n'ont pas la chance de faire partie du carré d'as misent tous leurs espoirs sur certains bouquins dans l'espoir fou de voir enfin leurs ventes s'envoler : cette année, le chercheur d'or s'appelait Actes Sud, avec comme champion Dans le guerre d'Alice Ferney (: avez-vous vu un autre livre Actes Sud bénéficier d'autant de pub cette année ?). La qualité de la maison d'édition n'est plus à prouver, mais les ventes suivent moins.
Dans cette optique, la seule chose qui reste des prix littéraire après la bataille, c'est les chiffres de tirage et les résultats des ventes : pour les seconds, on devra encore attendre, mais les premiers sont enfin officiels.
Conclusion, pour le Goncourt en tout cas, 235 000 exemplaires tirés jusqu'à maintenant, c'est l'espérance d'un Goncourt dans la moyenne (250 000, c'est, de la part de la maison d'édition, l'ambition d'en tirer encore 100 000 à 150 000 de plus, soit un Goncourt à plus de 300 000 exemplaires au total). Pas d'espérances surréalistes, puisque le dernier s'est tellement mal vendu qu'il restera dans les annales comme l'anti-Goncourt populaire, et surtout parce que le "scandale" de la remise trop précoce du prix a pu déstabiliser les amateurs, mais quand même suffisament, puisque c'est un retour au "vrai" roman fictionnel, avec plus d'aventures et moins de "moi-je"autofictionnel. A mon avis, c'est beaucoup trop attendre d'un livre qui a bénificié d'un nombre de critiques si impressionnant qu'elles se comptent sur les doigt d'une seule main. C'est très dangereux, même pour le Goncourt, de couronner un livre qui est passer presque totalement inaperçu. On verra bien.
Gallimard est plus posé, qui tire "seulement" 100 000 exemplaires du Complexe de Di, le dernier Daï Sijie, prix Femina. C'est sans doute un bon calcul, car Sijie survivra sur la durée à son prix et les ventes s'étaleront beaucoup plus que le Goncourt qui ne passera pas Noël : Balzac... s'était vendu à 600 000 exemplaires sans le moindre prix, juste sur la bonne parole (très forte) de Bernard Pivot.
Bon, puisqu'on en ait à se fader encore une fois le sujet du Goncourt, le mot de la fin reviendra à Lire qui s'est fendu d'un dossier complet sur le prix pour ses cent ans. A voir surtout pour les ventes des Goncourt à l'étranger (le célèbre New York Times accordait auparavant un grand article au Goncourt, maintenant il n'en parle même plus du tout : décadence des décadences !), les recalés, et les victimes du Goncourt.
Le mot de la fin est pour un perdant ravi de son sort, Raymond Dorgelès :
"Vous vous rendez compte, cette année-là, en 1919, j'étais en concurrence avec Marcel Proust! Heureusement que je n'ai pas eu le prix, on m'aurait accusé jusqu'à la fin des temps de le lui avoir volé!"
La caravane passe, les chiens aboient /
Dans cette optique, la seule chose qui reste des prix littéraire après la bataille, c'est les chiffres de tirage et les résultats des ventes : pour les seconds, on devra encore attendre, mais les premiers sont enfin officiels.
Conclusion, pour le Goncourt en tout cas, 235 000 exemplaires tirés jusqu'à maintenant, c'est l'espérance d'un Goncourt dans la moyenne (250 000, c'est, de la part de la maison d'édition, l'ambition d'en tirer encore 100 000 à 150 000 de plus, soit un Goncourt à plus de 300 000 exemplaires au total). Pas d'espérances surréalistes, puisque le dernier s'est tellement mal vendu qu'il restera dans les annales comme l'anti-Goncourt populaire, et surtout parce que le "scandale" de la remise trop précoce du prix a pu déstabiliser les amateurs, mais quand même suffisament, puisque c'est un retour au "vrai" roman fictionnel, avec plus d'aventures et moins de "moi-je"autofictionnel. A mon avis, c'est beaucoup trop attendre d'un livre qui a bénificié d'un nombre de critiques si impressionnant qu'elles se comptent sur les doigt d'une seule main. C'est très dangereux, même pour le Goncourt, de couronner un livre qui est passer presque totalement inaperçu. On verra bien.
Gallimard est plus posé, qui tire "seulement" 100 000 exemplaires du Complexe de Di, le dernier Daï Sijie, prix Femina. C'est sans doute un bon calcul, car Sijie survivra sur la durée à son prix et les ventes s'étaleront beaucoup plus que le Goncourt qui ne passera pas Noël : Balzac... s'était vendu à 600 000 exemplaires sans le moindre prix, juste sur la bonne parole (très forte) de Bernard Pivot.
Bon, puisqu'on en ait à se fader encore une fois le sujet du Goncourt, le mot de la fin reviendra à Lire qui s'est fendu d'un dossier complet sur le prix pour ses cent ans. A voir surtout pour les ventes des Goncourt à l'étranger (le célèbre New York Times accordait auparavant un grand article au Goncourt, maintenant il n'en parle même plus du tout : décadence des décadences !), les recalés, et les victimes du Goncourt.
Le mot de la fin est pour un perdant ravi de son sort, Raymond Dorgelès :
"Vous vous rendez compte, cette année-là, en 1919, j'étais en concurrence avec Marcel Proust! Heureusement que je n'ai pas eu le prix, on m'aurait accusé jusqu'à la fin des temps de le lui avoir volé!"
La caravane passe, les chiens aboient /
Porno
Moi je suis contre la pornographie parce que je trouve ça fondamentalement injuste que ce soit toujours trois gars qui se tapent une bonne femme, et jamais trois radasses qui se tringlent un pauvre innocent. Ou c'est peut-être parce qu'elles ont toujours l'air de vouloir nous faire croire qu'elles souffrent le martyre : rien qu'à les regarder, ça donne envie... Mais j'ai peut-être tort. Martin Amis, lui, a trouvé la vraie raison pour laquelle je n'aime pas le porno : parce que c'est du gaspillage de sperme !
"If babies were made by other means – like telepathy or sneezing, say – then women wouldn’t have a reason to object to pornography, because then it doesn’t attack their sort of raison d’etre: the power to give birth. And let’s be clear: What pornography deals with is the sexual act that peoples the world, an absolutely fundamental act. Women don’t object to gay pornography for that reason, I think, because nothing’s going to waste; it’s not to do with their primeval power."
Le bébé fait par télépathie ou par éternuement, c'est sûr, j'adorerais. D'ailleurs, si vous permettez, je vais mettre ça dans ma liste des choses à trouver pour le nouvel an : entre la poupée homme gongflable increvable et le toutou qui ne chie pas sur le trottoir juste en bas de mon immeuble. Pour l'auteur non-crétin non-mégalo non-sexiste, comme c'est un gros morceau, j'attendrai l'année prochaine.
(Via The Fold Drop)
La caravane passe, les chiens aboient /
"If babies were made by other means – like telepathy or sneezing, say – then women wouldn’t have a reason to object to pornography, because then it doesn’t attack their sort of raison d’etre: the power to give birth. And let’s be clear: What pornography deals with is the sexual act that peoples the world, an absolutely fundamental act. Women don’t object to gay pornography for that reason, I think, because nothing’s going to waste; it’s not to do with their primeval power."
Le bébé fait par télépathie ou par éternuement, c'est sûr, j'adorerais. D'ailleurs, si vous permettez, je vais mettre ça dans ma liste des choses à trouver pour le nouvel an : entre la poupée homme gongflable increvable et le toutou qui ne chie pas sur le trottoir juste en bas de mon immeuble. Pour l'auteur non-crétin non-mégalo non-sexiste, comme c'est un gros morceau, j'attendrai l'année prochaine.
(Via The Fold Drop)
La caravane passe, les chiens aboient /
Le jeu de mot est limite, alors je ne le ferais pas
Mais Lire ne s'en prive pas :
C'est tout de même une drôle de coïncidence que les deux plus grands nègres de la littérature française aient écrit ensemble une dizaine de livres immortels.
Si sans réfléchir vous avez devinez de qui il s'agit, vous aurez droit à une sucette (Chevalier Félon hors-concours).
Il s'agit bien sûr de Dumas et de son nègre, Auguste Maquet -- engagé par Dumas après qu'il (Dumas) fut devenu célèbre avec ses pièces de théâtre, mais avant la consécration de ses grands romans -- qui depuis l'anniversaire du je-ne-sais-combien-tenaire de Dumas commence enfin à faire parler de lui. Ce qu'il mérite puisqu'il a littéralement écrit tous les plus grands livres de Dumas : Alexandre donnait les idées et la trame principale, Maquet composait tout, malheureusement sans plus de talent que ça, et Dumas, en grand propriétaire, récupérait le canevas qu'il répètait intégralement, mais dans son style. C'est ce qui s'appelle vivre de ses rentes.
Une pièce de théâtre (Signé Dumas), au théâtre de Marigny, reprend depuis aujourd'hui cet original et passionnant postulat de départ.
La caravane passe, les chiens aboient /
C'est tout de même une drôle de coïncidence que les deux plus grands nègres de la littérature française aient écrit ensemble une dizaine de livres immortels.
Si sans réfléchir vous avez devinez de qui il s'agit, vous aurez droit à une sucette (Chevalier Félon hors-concours).
Il s'agit bien sûr de Dumas et de son nègre, Auguste Maquet -- engagé par Dumas après qu'il (Dumas) fut devenu célèbre avec ses pièces de théâtre, mais avant la consécration de ses grands romans -- qui depuis l'anniversaire du je-ne-sais-combien-tenaire de Dumas commence enfin à faire parler de lui. Ce qu'il mérite puisqu'il a littéralement écrit tous les plus grands livres de Dumas : Alexandre donnait les idées et la trame principale, Maquet composait tout, malheureusement sans plus de talent que ça, et Dumas, en grand propriétaire, récupérait le canevas qu'il répètait intégralement, mais dans son style. C'est ce qui s'appelle vivre de ses rentes.
Une pièce de théâtre (Signé Dumas), au théâtre de Marigny, reprend depuis aujourd'hui cet original et passionnant postulat de départ.
La caravane passe, les chiens aboient /
Droits de lecteurs
J.J. Aillagon présente aujourd'hui une nouvel version du droit d'auteur : de toute évidence à l'ouest rien de nouveau, si ce n'est la réaffirmation du droit d'auteur français contre le droit d'auteur européen, ce qui est pas mal, mais risque de ne pas tenir contre Bruxelles. M'enfin..
Une seule chose dans le nouveau texte semble d'importance :
Le projet de loi permettra également un meilleur accès aux oeuvres aux personnes handicapées, en facilitant leur traduction en braille ou sous forme de synthèse vocale.
Reste à savoir si cette bonne résolution sera enfin appliquée : ce ne serait pas trop tôt, mais malheureusement, faut pas rêver...
La caravane passe, les chiens aboient /
Une seule chose dans le nouveau texte semble d'importance :
Le projet de loi permettra également un meilleur accès aux oeuvres aux personnes handicapées, en facilitant leur traduction en braille ou sous forme de synthèse vocale.
Reste à savoir si cette bonne résolution sera enfin appliquée : ce ne serait pas trop tôt, mais malheureusement, faut pas rêver...
La caravane passe, les chiens aboient /
Prix de groupe
Encore une fois, les lycéens ont prouvé qu'ils étaint plus doués que leurs vieux croûtons d'aînés du jury du Goncourt : dans la minable sélection du Goncourt de cette année, ils ont récompensé le seul livre qui en valait vraiment la chandelle, soit Farrago de Yann Appery. Pour découvrir à quel point les lycéens préferrent, et de loin, les bons livres ou les livres originaux, il suffit d'aller voir leurs précédents choix. On n'est pas obligé de tout aimer, mais c'est toujours une liste plus intéressante à consulter que celle du vrai Goncourt.
Sinon, le Prix Interallié s'est pris les pieds dans la carpette, parce qu'il n'était pas pensable, oh non, que Beigbeder et son grand grand grand roman repartent de cette rentrée littéraire en carton-pâte sans au moins un prix littéraire. Voilà, c'est fait. Bouh !
(En passant, le prix Interallié récompense, en principe, des romans écrits par des journalistes : je serais ravie, si quelqu'un a la réponse à cette question, de savoir quand exacement Beigbeder a été journaliste. Juste pour enrichir ma Culture Gé.)
La caravane passe, les chiens aboient /
Sinon, le Prix Interallié s'est pris les pieds dans la carpette, parce qu'il n'était pas pensable, oh non, que Beigbeder et son grand grand grand roman repartent de cette rentrée littéraire en carton-pâte sans au moins un prix littéraire. Voilà, c'est fait. Bouh !
(En passant, le prix Interallié récompense, en principe, des romans écrits par des journalistes : je serais ravie, si quelqu'un a la réponse à cette question, de savoir quand exacement Beigbeder a été journaliste. Juste pour enrichir ma Culture Gé.)
La caravane passe, les chiens aboient /
Adoptez-moi !
La British Library a de plus en plus de mal à conserver ses livres anciens, par manque d'argent. A l'occasion de Noël, elle a donc lancé un appel aux âmes charitables et bibliophiles : le projet s'appelle adopt-a-book (page en français, s'il-vous-plait...), et permet contre une somme d'argent d'au moins 25£ de permettre d'aider à la restauration de ces livres, contre un certificat prouvant que l'on a bien adopter le livre (mais en commun avec plein d'autres). Le cadeau idéal, semble-t-il pour Noël. Reste que si vous voulez choisir votre livre, il faudra payer non pas 25, mais 1000£ (quelqu'un a 1000£ à me prêter pour adopter une première édition des Hauts de Hurlevent ? s'il-vous-plaaaiiit ?). Si vous n'avez pas les moyens, vous pouver toujours vous payer, pour 75£, une visite en amoureux des fonds de la British Library. Mais c'est toujours moins gratifiant que d'avoir pu adopter le livre de votre vie.
La liste complète des livres à adopter. Et non, Emily Brontë n'en fait pas partie (c'était une feinte), par contre, il y a du Byron, du Percy Bysse Shelley, du Mary Shelley, du Agatha Christie, du Wilkie Collins, The Indian Nectar, publié en 1662, l'ouvrage anglais le plus ancien sur le chocolat, et même un "Catalogue d'Antiquites Egyptiennes, Grecques, Romaines et Celtiques, formant la collection de feu M. Le Comte Choiseul-Gouffier".
Mazette ! S'il faut aller sauver les livres français en perfide Albion, mais où va-t-on ?
La caravane passe, les chiens aboient /
La liste complète des livres à adopter. Et non, Emily Brontë n'en fait pas partie (c'était une feinte), par contre, il y a du Byron, du Percy Bysse Shelley, du Mary Shelley, du Agatha Christie, du Wilkie Collins, The Indian Nectar, publié en 1662, l'ouvrage anglais le plus ancien sur le chocolat, et même un "Catalogue d'Antiquites Egyptiennes, Grecques, Romaines et Celtiques, formant la collection de feu M. Le Comte Choiseul-Gouffier".
Mazette ! S'il faut aller sauver les livres français en perfide Albion, mais où va-t-on ?
La caravane passe, les chiens aboient /
Séquence fait-divers célèbre et glauque (rien à voir avec Marie Trintignant)
Mon mémoire de Maîtrise portait sur les écrits de jeunesse (les juvenilias), et l'un des thèmes qui m'avait le plus frappé dans ce sujet était à quel point le fait de composer des juvenilias rendait incroyablement sensible à la folie : de tous les auteurs que je traîtais -- Jane Austen, les quatres enfants Brontë, et Gustave Flaubert -- Jane Austen était le seule qui avait plus ou moins échappé à cette "fatalité". (Je tiens à préciser que je n'ai pas de jugement négatif sur la pratique des juvenilias : j'ai choisi ce sujet parce que j'en avais moi-même écrit, et jusqu'à présent, je me porte mentalement très bien, merci !)
Pendant que je faisais des recherches sur les juvenilias en général, j'ai découvert le film de Peter Jackson, Créatures Célestes (que je recommande d'ailleurs, à voir pour tous ceux que Le Seigneur des Anneaux, du même Peter, gonfle un peu) : le film est la version romancée d'un fait-divers néo-zélandais très célèbre des années 50. Deux adolescentes -- Pauline Parker et Juliet Hulme -- tuèrent la mère de Pauline parce qu'elles la considéraient responsable d'avoir voulu les séparer. Ce qui m'avait attiré dans ce fait-divers très très sanglant était le fait que les deux adolescentes étaient connues pour s'être inventé un monde imaginaire sur lequel elles écrivaient des dizaines d'histoires.
Tout cela n'a d'intérêt pour ce blog que parce que, au moment de la sortie du film, un journaliste a décidé d'aller retrouver les vraies protagonistes de l'histoire, qui après leur sortie de prison, avaient eu droit de changer d'identité : la surprise fut de taille quand le journaliste a découvert que non seulement Juliet Hulme avait fini par devenir écrivain, mais qu'elle était également devenu un auteur de romans policiers fort connue -- Anne Perry (les séries victoriennes Charlotte et Thomas Pitt, et Monk).
Jusqu'à présent, Anne Perry avait toujours refusé de sortir de son silence pour parler de cela, d'autant plus que le sujet la mettait mal à l'aise : outre le meurtre, il y avait des rumeurs de relation lesbienne entre les deux adolescentes qui ne s'accordaient pas tellement avec son nouveau mode de vie mormon. Elle est pourtant aujourd'hui un peu sortie de sa réserve.
Il faut cependant rectifier deux-trois petites choses : elle met pratiquement tout sur le dos de Pauline Parker, ce qui est évidemment très facile. Il est certain que Parker ayant eu plus de caractère était la tête pensante du meurtre (ce sur quoi le film ne laisse planer aucun doute), mais Anne Perry a l'air de vouloir oublier (ce qui est peut-être le cas, d'ailleurs) que Mrs Parker a été tuée de 45 coups de pavé dans le crâne (je vous ai dit que c'était glauque et sanglant) et qu'il a toujours été clairement établi que les deux adolescentes s'étaient équitablement partagée la "tâche". L'interview de Perry est donc à prendre avec les pincettes qu'il convient.
Pour avoir un bon aperçu du film, de ses ressemblances/différences avec le cas, et du cas lui-même, The Borovnian Archives est peut-être le site le plus documenté sur le sujet.
La caravane passe, les chiens aboient /
Pendant que je faisais des recherches sur les juvenilias en général, j'ai découvert le film de Peter Jackson, Créatures Célestes (que je recommande d'ailleurs, à voir pour tous ceux que Le Seigneur des Anneaux, du même Peter, gonfle un peu) : le film est la version romancée d'un fait-divers néo-zélandais très célèbre des années 50. Deux adolescentes -- Pauline Parker et Juliet Hulme -- tuèrent la mère de Pauline parce qu'elles la considéraient responsable d'avoir voulu les séparer. Ce qui m'avait attiré dans ce fait-divers très très sanglant était le fait que les deux adolescentes étaient connues pour s'être inventé un monde imaginaire sur lequel elles écrivaient des dizaines d'histoires.
Tout cela n'a d'intérêt pour ce blog que parce que, au moment de la sortie du film, un journaliste a décidé d'aller retrouver les vraies protagonistes de l'histoire, qui après leur sortie de prison, avaient eu droit de changer d'identité : la surprise fut de taille quand le journaliste a découvert que non seulement Juliet Hulme avait fini par devenir écrivain, mais qu'elle était également devenu un auteur de romans policiers fort connue -- Anne Perry (les séries victoriennes Charlotte et Thomas Pitt, et Monk).
Jusqu'à présent, Anne Perry avait toujours refusé de sortir de son silence pour parler de cela, d'autant plus que le sujet la mettait mal à l'aise : outre le meurtre, il y avait des rumeurs de relation lesbienne entre les deux adolescentes qui ne s'accordaient pas tellement avec son nouveau mode de vie mormon. Elle est pourtant aujourd'hui un peu sortie de sa réserve.
Il faut cependant rectifier deux-trois petites choses : elle met pratiquement tout sur le dos de Pauline Parker, ce qui est évidemment très facile. Il est certain que Parker ayant eu plus de caractère était la tête pensante du meurtre (ce sur quoi le film ne laisse planer aucun doute), mais Anne Perry a l'air de vouloir oublier (ce qui est peut-être le cas, d'ailleurs) que Mrs Parker a été tuée de 45 coups de pavé dans le crâne (je vous ai dit que c'était glauque et sanglant) et qu'il a toujours été clairement établi que les deux adolescentes s'étaient équitablement partagée la "tâche". L'interview de Perry est donc à prendre avec les pincettes qu'il convient.
Pour avoir un bon aperçu du film, de ses ressemblances/différences avec le cas, et du cas lui-même, The Borovnian Archives est peut-être le site le plus documenté sur le sujet.
La caravane passe, les chiens aboient /
mardi, novembre 11, 2003
"La mémoire est le conte relatif à la vie quotidienne. "
"Pourquoi choisir de créer des situations qui ressemblent à des expériences scientifiques ?
C’est terriblement difficile de décrire avec des mots les sentiments humains. Les jolis mots, en général, sont concrets. Je ne ressens aucun charme dans des mots tels que "triste", "pénible" ou "content". Mais des mots tels que "microscope", "ovaire", "spécimen", "musée" me sont une merveilleuse source d’inspiration. Lorsque l’on décrit l’homme, il est inutile de vouloir s’introduire brusquement à l’intérieur de son cœur. C’est à partir de l’observation que tout commence."
Une très bonne interview de Yoko Ogawa, pour permettre à ceux qui ne la connaissent pas de cerner le personnage, mieux que tous les critqiues écritent sur ses livres. (Il est bon, par ailleurs, de noter que l'entretien a été traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle, la traduction officielle de Yoko Ogawa. Cela n'arrive pas souvent, et c'est une introduction encore meilleure à Yoko Ogawa -- en français)
En règle générale, Chronich'art et son Mag sont d'assez bons magazines culturels et donc littéraires.
La caravane passe, les chiens aboient /
C’est terriblement difficile de décrire avec des mots les sentiments humains. Les jolis mots, en général, sont concrets. Je ne ressens aucun charme dans des mots tels que "triste", "pénible" ou "content". Mais des mots tels que "microscope", "ovaire", "spécimen", "musée" me sont une merveilleuse source d’inspiration. Lorsque l’on décrit l’homme, il est inutile de vouloir s’introduire brusquement à l’intérieur de son cœur. C’est à partir de l’observation que tout commence."
Une très bonne interview de Yoko Ogawa, pour permettre à ceux qui ne la connaissent pas de cerner le personnage, mieux que tous les critqiues écritent sur ses livres. (Il est bon, par ailleurs, de noter que l'entretien a été traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle, la traduction officielle de Yoko Ogawa. Cela n'arrive pas souvent, et c'est une introduction encore meilleure à Yoko Ogawa -- en français)
En règle générale, Chronich'art et son Mag sont d'assez bons magazines culturels et donc littéraires.
La caravane passe, les chiens aboient /
Le soleil se marre aussi
HAVANA -- American writer Ernest Hemingway is back at one of his favorite watering holes in Cuba, leaning at the bar in front of his usual cocktail, a frozen daiquiri.
In memory of the countless hours the Nobel-Prize winning novelist and legendary drinker spent at the Floridita bar, a life-sized statue was placed Friday at the corner of the bar where Papa Hemingway always stood for a few drinks.
"We want him to be here forever".
Wouaaaaahhhhh !
La caravane passe, les chiens aboient /
In memory of the countless hours the Nobel-Prize winning novelist and legendary drinker spent at the Floridita bar, a life-sized statue was placed Friday at the corner of the bar where Papa Hemingway always stood for a few drinks.
"We want him to be here forever".
Wouaaaaahhhhh !
La caravane passe, les chiens aboient /
Le Dernier Dissident
Relativement peu connu en France, bien qu'au moins quatre (?) de ses livres aient été traduits en France, Gueorgui Vladimov, l'un des derniers (non, ils ne sont plus tellement nombreux encore en vie...) dissidents du régime satlinien, vient de mourir.
Il est assez connu parce qu'un des ses romans, Le fidèle Rouslan, avait été attribué, à sa publication dans le samizdat (système de publication clandestin d'URSS), à nombre d'auteurs connus, dont Soljenitsyne. La consécration pour un petit inconnu...
La caravane passe, les chiens aboient /
Il est assez connu parce qu'un des ses romans, Le fidèle Rouslan, avait été attribué, à sa publication dans le samizdat (système de publication clandestin d'URSS), à nombre d'auteurs connus, dont Soljenitsyne. La consécration pour un petit inconnu...
La caravane passe, les chiens aboient /
The Lord of the WW I
Une nouvelle biographie de Tolkien a été publiée en Angleterre. Elle a ceci de plus que les autres qu'elle évoque un aspect beaucoup trop oublié de l'oeuvre de Tolkien : le fait que sa participation à la première Guerre Mondiale a été sa plus grande influence, ce que l'on a rédécouvert récemment lorsque son fils (? petit-fils ?), Christopher Tolkien a fait son remarquable travail pour publier sous une forme à peu près lisible (et croyez-moi, ça reste encore très dur à lire !) le Livre des Contes Perdus (2 tomes chez Pocket SF).
Evidemment, le livre est comme par hasard publié en Novembre : de manière à pouvoir profiter autant des commémorations de 11, que de la sortie du troisième film en Décembre. Marketing, marketing, que ferait-on sans toi...
La caravane passe, les chiens aboient /
Evidemment, le livre est comme par hasard publié en Novembre : de manière à pouvoir profiter autant des commémorations de 11, que de la sortie du troisième film en Décembre. Marketing, marketing, que ferait-on sans toi...
La caravane passe, les chiens aboient /
Ma foi, on peut aussi être un connard et en avoir l'air
Ma journée commençait très bien, jusqu'à ce que je découvre que dans la nuit, un connard m'avait éjaculé dessus sans que je m'en aperçoive tout de suite. Fait comme ça, je vous assure que c'est très douloureux :
Wesh, big up aux imposteurs qui tiennent des blogz littéraires où ils se la pètent "Je suis Bernard Kouchner et je lis trop de livres, mouahaha je rulez" alors qu'en réalité, ces êtres pathétiques et dérangés copient/collent des quatrièmes de couverture ou pire, et comble de la lose, les résumés d'amazone.fr. Speciale cacedédi donc au Blog des Livres, à La Muselivre et aux centaines d'autres connards et connasses dont je n'ai eu la chance de croiser le blogz au hasard de mes pérégrinations sur le Net. Sans vous, je devrais continuer à arpenter les rayons de la FNAC, flânant nonchalamment à la recherche de ma prochaine lecture, innocent comme l'agneau dans la louverie (c'est l'endroit où dorment les loups), inconscient du terrible danger qui me guette à tout instant sous la forme typique du vendeur gay m'abordant en me demandant si "j'ai lu le dernier Beigbeder, c'est très fashion et caustique à la fois t'sais", un gros sourire aux lèvres et le doigt prêt à me perforer l'anus. Brrr, j'en tremble rien que d'y penser.
Et, ouais, Kouchner lit plein de livres.
Outre que je trouve très moyenne la méthode qui veut que l'on fasse fonctionner le lien que l'on vient de mettre dans sa vomissure de post pour être sûr que la pauvre âme concerné par ce passionnant avis en soit bien informée (oui, ça marche, on ne m'y reprendra plus), je voudrais dire quelques mots à l'illettré en question :
a) quel genre de type peut espérer faire passer un message sérieux sur la teneur et l'intelligence des autres blogs quand le sien s'appelle "Suce ma bite", hein ?
b) la connotation homophobe de ton post, mon cher Baltrou, a de si immondes relents que je te conseillerais d'aller plutôt en faire profiter tes chiottes que le web, qui sent souvent assez mauvais comme ça, merci.
c) avant de critiquer un blog, la moindre des choses, c'est d'essayer au moins de le lire, car, primo, je ne fais jamais de critiques littéraires, donc je ne vois pas à quel moment j'ai pu copier/coller du Amazon.fr (pour ce qu'ils ont comme critiques ceux-là !), deuxio, si tu avais vraiment prix la peine de lire ce blog, vraiment, hein, pas avec les deux yeux qui se croisent..., tu aurais vu que je déteste Beigbeder et tous ses congénères. D'ailleurs, c'est marrant, c'est même indiqué dans le sous-titre du blog, CONNARD !
d) je plains ta FNAC. Je sais pas , c'est peut-être une idée comme ça, mais t'as vraiment l'air d'être un merdeux prêt à faire chier tout ce qui a le malheur d'avoir l'air d'un employé.
e) je ne vois pas ce que Kouchner vient faire là-dedans. Vraiment pas.
f) les blogs (et pas blogz : illettré) littéraires n'existent pas pour forcer qui que ce soit à lire quoique ce soit. S'ils t'emmerdent, ne les lis pas et ferme ta gueule, ils peuvent intéresser des tas d'autres gens, en particulier un petit blog sympa comme le BlogDesLivres qui fait très modestement et sans prétentions la critique des livres qu'il (ou elle) a lu, et sans faire chier personne.
A bon entendeur, salut.
La caravane passe, les chiens aboient /
Wesh, big up aux imposteurs qui tiennent des blogz littéraires où ils se la pètent "Je suis Bernard Kouchner et je lis trop de livres, mouahaha je rulez" alors qu'en réalité, ces êtres pathétiques et dérangés copient/collent des quatrièmes de couverture ou pire, et comble de la lose, les résumés d'amazone.fr. Speciale cacedédi donc au Blog des Livres, à La Muselivre et aux centaines d'autres connards et connasses dont je n'ai eu la chance de croiser le blogz au hasard de mes pérégrinations sur le Net. Sans vous, je devrais continuer à arpenter les rayons de la FNAC, flânant nonchalamment à la recherche de ma prochaine lecture, innocent comme l'agneau dans la louverie (c'est l'endroit où dorment les loups), inconscient du terrible danger qui me guette à tout instant sous la forme typique du vendeur gay m'abordant en me demandant si "j'ai lu le dernier Beigbeder, c'est très fashion et caustique à la fois t'sais", un gros sourire aux lèvres et le doigt prêt à me perforer l'anus. Brrr, j'en tremble rien que d'y penser.
Et, ouais, Kouchner lit plein de livres.
Outre que je trouve très moyenne la méthode qui veut que l'on fasse fonctionner le lien que l'on vient de mettre dans sa vomissure de post pour être sûr que la pauvre âme concerné par ce passionnant avis en soit bien informée (oui, ça marche, on ne m'y reprendra plus), je voudrais dire quelques mots à l'illettré en question :
a) quel genre de type peut espérer faire passer un message sérieux sur la teneur et l'intelligence des autres blogs quand le sien s'appelle "Suce ma bite", hein ?
b) la connotation homophobe de ton post, mon cher Baltrou, a de si immondes relents que je te conseillerais d'aller plutôt en faire profiter tes chiottes que le web, qui sent souvent assez mauvais comme ça, merci.
c) avant de critiquer un blog, la moindre des choses, c'est d'essayer au moins de le lire, car, primo, je ne fais jamais de critiques littéraires, donc je ne vois pas à quel moment j'ai pu copier/coller du Amazon.fr (pour ce qu'ils ont comme critiques ceux-là !), deuxio, si tu avais vraiment prix la peine de lire ce blog, vraiment, hein, pas avec les deux yeux qui se croisent..., tu aurais vu que je déteste Beigbeder et tous ses congénères. D'ailleurs, c'est marrant, c'est même indiqué dans le sous-titre du blog, CONNARD !
d) je plains ta FNAC. Je sais pas , c'est peut-être une idée comme ça, mais t'as vraiment l'air d'être un merdeux prêt à faire chier tout ce qui a le malheur d'avoir l'air d'un employé.
e) je ne vois pas ce que Kouchner vient faire là-dedans. Vraiment pas.
f) les blogs (et pas blogz : illettré) littéraires n'existent pas pour forcer qui que ce soit à lire quoique ce soit. S'ils t'emmerdent, ne les lis pas et ferme ta gueule, ils peuvent intéresser des tas d'autres gens, en particulier un petit blog sympa comme le BlogDesLivres qui fait très modestement et sans prétentions la critique des livres qu'il (ou elle) a lu, et sans faire chier personne.
A bon entendeur, salut.
La caravane passe, les chiens aboient /
lundi, novembre 10, 2003
Ma vie en quelques mots
"J'ai toujours penser que celui qui veut se faire écrivain doit d'abord se rendre incompétent dans tout le reste."
Jospeh Epstein
(Via Collected Miscellany)
La caravane passe, les chiens aboient /
Jospeh Epstein
(Via Collected Miscellany)
La caravane passe, les chiens aboient /
Bon, oui, zut, faut bien le faire un jour ou l'autre
Trois bons auteurs américains ont récement faire paraître ou vont faire paraître un nouveau roman, qui, vu leur succès, devraient être traduits assez rapidement en France.
Chang-Rae Lee -- Aloft (C'est l'auteur des Sombres feux du passé et de La langue natale)
Jhumpa Mahiri -- The Namesake (L'auteur de L'interprête des maladies, accessoirement ancien Prix Pulitzer). Toutes les critiques
Toni Morrison -- Love (Pff ! Faut vraiment vous la présenter ?). Toutes les critiques
Voilà. Comme ça on ne pourra pas dire que je n'ai pas finalement fait mon boulot.
La caravane passe, les chiens aboient /
Chang-Rae Lee -- Aloft (C'est l'auteur des Sombres feux du passé et de La langue natale)
Jhumpa Mahiri -- The Namesake (L'auteur de L'interprête des maladies, accessoirement ancien Prix Pulitzer). Toutes les critiques
Toni Morrison -- Love (Pff ! Faut vraiment vous la présenter ?). Toutes les critiques
Voilà. Comme ça on ne pourra pas dire que je n'ai pas finalement fait mon boulot.
La caravane passe, les chiens aboient /
Parce qu'il y a un maire à Saint-Trop' ?!!
J'en suis toute ébaubie. Moi qui croyais que c'était une ville morte, comme dans les westerns, en dehors des visites estivales de notre Johnny intranational...
En tout cas, monsieur le maire de droite d'une ville de merde de la riviera française de merde (Franchement, vous êtes déjà allez à Saint-Tropez ? Bon) est extrêmement choqué. Je dirais même plus shoking ! Dans son premier roman, Christian Millau (oui, celui du Gault et Millau, le guide de bouffe : il n'y a pas de petite reconversion, seulement des petits chicaneurs) décrit un village de côte d'azur imaginaire (et là lisez bien tropézien) où le maire en place est un voyou qui ferait tout pour garder son trône. Et comme naturellement, monsieur le maire de Saint-Trop' est un con, il s'est reconnu de lui-même et se déclare près à attaquer en justice le méchant, méchant nauteur qui fait du vilain vilain mal à sa réputation.
Moi, je me demande quel est celui qui fait le plus de mal à sa réputation pure et sans tâche : celui qui écrit un livre tellement inconnu au bataillon qu'il n'y a que les anglais (dont la première règle de vie est : "Gaussons-nous des français !") pour le remarquer, ou le crétin qui ose mettre le doigt dessus de manière à ce que le monde entier sache que, oui, c'est effectivement de lui qu'il s'agit ?
France, cher pays de mon enfance...
(Via Confessions of an Idiosyncratic Mind)
La caravane passe, les chiens aboient /
En tout cas, monsieur le maire de droite d'une ville de merde de la riviera française de merde (Franchement, vous êtes déjà allez à Saint-Tropez ? Bon) est extrêmement choqué. Je dirais même plus shoking ! Dans son premier roman, Christian Millau (oui, celui du Gault et Millau, le guide de bouffe : il n'y a pas de petite reconversion, seulement des petits chicaneurs) décrit un village de côte d'azur imaginaire (et là lisez bien tropézien) où le maire en place est un voyou qui ferait tout pour garder son trône. Et comme naturellement, monsieur le maire de Saint-Trop' est un con, il s'est reconnu de lui-même et se déclare près à attaquer en justice le méchant, méchant nauteur qui fait du vilain vilain mal à sa réputation.
Moi, je me demande quel est celui qui fait le plus de mal à sa réputation pure et sans tâche : celui qui écrit un livre tellement inconnu au bataillon qu'il n'y a que les anglais (dont la première règle de vie est : "Gaussons-nous des français !") pour le remarquer, ou le crétin qui ose mettre le doigt dessus de manière à ce que le monde entier sache que, oui, c'est effectivement de lui qu'il s'agit ?
France, cher pays de mon enfance...
(Via Confessions of an Idiosyncratic Mind)
La caravane passe, les chiens aboient /
Les enfants finnissent toujours par avoir le dernier mot
Déjà traduit en plus de 60 langues, dont le latin, Harry Potter version hindi a dû subir un dernier test avant d'atteindre l'imprimerie: la maison d'édition a fait appel un jeune lecteur de 11 ans, auquel un chapitre a été soumis pour vérifier qu'il plairait aux enfants. Akhilesh Pandey a finalement donné son feu vert, mais après moult suggestions...
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
"C'est eux qui ont tort et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux pas mourir"
Belle initiative à l'occasion du 11 Novembre : enfin l'intégrale du "Voyage au Bout de la Nuit" de Céline intégralement (oui, je sais, je me répète) enregistrée sur CD, soit 16 CD, 1.000 minutes d'enregistrement, "le plus grand livre sonore en langue française jamais réalisé" pour venir à bout des 500 pages du roman, le tout lu par Denis Podalydès (des frères Poda, dont le dernier film était l'adaptation de La Chambre Jaune de Leroux)
Dommage que les livres audios ne soient presque disponibles (en magasins) que sur Paris et à des prix défiant l'imagination. Seize CD ! Qui va pouvoir se les payer !
La caravane passe, les chiens aboient /
Dommage que les livres audios ne soient presque disponibles (en magasins) que sur Paris et à des prix défiant l'imagination. Seize CD ! Qui va pouvoir se les payer !
La caravane passe, les chiens aboient /
Si vous aimez lire en anglais les auteurs japonais
Il y a ici une nouvelle de Haruki Murakami (que je suppose inédite, mais je n'ai pas vérifié).
Moi, j'ai horreur de ça (lire par 2 langues interposées, je veux dire) : c'est déjà assez frustrant de devoir lire une langue aussi étrangère au français que le japonais en traduction, sans aller me torturer à la lire en anglais, essayer de la repenser en français, et ainsi perdre tout le sens, le style, etc.
C'est un sujet qui peut paraître un peu stéril, la double traduction, mais c'est oublier que pendant très longtemps, beaucoup de livres ont été traduits en français, ou dans une langue étrangère à partir d'une autre traduction et non de l'original, ou inversement traduit du français dans d'autres langues. Un des plus anciens et célèbres exemple de cela est le cas des Mille-et-une-nuits. Découvertes et traduites en français par Antoine Galland au 17ème, et découvertes et traduites ensuite dans l'Europe entière à partir de cette malheureusement très traitresse traduction. Il faudra attendre le 19ème siècle avant que les autres pays d'Europe fassent leurs propres traductions.
Le sujet est particulièrement en accord avec le début de ce post, puisqu'au 20ème siècle se phénomène s'est perpétué en France sous forme d'oeuvres japonaises traduites depuis l'anglais plutôt que depuis l'original. Aujourd'hui encore, certaines oeuvres écrites en langues ou dialectes indiens (malheureusement trop nombreux pour que chacun est un traducteur français) sont souvent traduites d'après la traduction anglaise.
The Complete Review Quarterly a un article sur le sujet (il s'agit du cas américains) avec des exemples.
La caravane passe, les chiens aboient /
Moi, j'ai horreur de ça (lire par 2 langues interposées, je veux dire) : c'est déjà assez frustrant de devoir lire une langue aussi étrangère au français que le japonais en traduction, sans aller me torturer à la lire en anglais, essayer de la repenser en français, et ainsi perdre tout le sens, le style, etc.
C'est un sujet qui peut paraître un peu stéril, la double traduction, mais c'est oublier que pendant très longtemps, beaucoup de livres ont été traduits en français, ou dans une langue étrangère à partir d'une autre traduction et non de l'original, ou inversement traduit du français dans d'autres langues. Un des plus anciens et célèbres exemple de cela est le cas des Mille-et-une-nuits. Découvertes et traduites en français par Antoine Galland au 17ème, et découvertes et traduites ensuite dans l'Europe entière à partir de cette malheureusement très traitresse traduction. Il faudra attendre le 19ème siècle avant que les autres pays d'Europe fassent leurs propres traductions.
Le sujet est particulièrement en accord avec le début de ce post, puisqu'au 20ème siècle se phénomène s'est perpétué en France sous forme d'oeuvres japonaises traduites depuis l'anglais plutôt que depuis l'original. Aujourd'hui encore, certaines oeuvres écrites en langues ou dialectes indiens (malheureusement trop nombreux pour que chacun est un traducteur français) sont souvent traduites d'après la traduction anglaise.
The Complete Review Quarterly a un article sur le sujet (il s'agit du cas américains) avec des exemples.
La caravane passe, les chiens aboient /
McCon
Un célèbre dictionnaire anglo-saxon (le Merriam-Webster's Collegiate Dictionary) vient de s'attirer les foudre de McDonald's pour avoir introduit un nouveau terme dans sa nouvelle édition : le "McJob", un terme inventé par le canadien Douglas Coupland dans son roman Génération X (10/18) pour désigner "un travail sous payé et sans avenir". McDonalds proteste contre ce qui est, je cite, "une claque en plein visage pour les 12 millions d'hommes et de femmes" qui travaillent pour eux.
C'est terrible, vous ne trouvez pas, de perdre de si magnifiques illusions ? Bad bad Coupland...
(Via MobyLives)
La caravane passe, les chiens aboient /
C'est terrible, vous ne trouvez pas, de perdre de si magnifiques illusions ? Bad bad Coupland...
(Via MobyLives)
La caravane passe, les chiens aboient /
Ils sont acides, mais ils m'aiment bien quand même !
Je suis quand même passée dans la colonne de gauche du très sélect Complete Review (voir là pour comprendre de quoi je parle) : c'est donc la définitive consécration ! Youki !
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
"Mais la vérité c'est que vous êtes écrivain parce que vous êtes fait comme ça."
"the truth is that you are a writer, because you are made that way. Which has been said before, I know - but what does it mean?
For example, you are not quite made a writer in the way that you are made blue-eyed, or diabetic. Writing is more of an inbuilt disposition - some children, suitably triggered, will grow up to perpetrate random murders: others, suitably triggered, will become heroin addicts, or clerics: still others will write. The trigger for writing appears to be very finely tuned - it may be sprung by chance qualities of light, coincidences, or any of the unpredictable odds and ends mixed up in the simple presence of everyday life....
I might also point out that being born a writer can often feel paralysingly similar to being nothing identifiable at all, given that writing is an unlikely and ephemeral occupation, rarely respected until it has produced considerable fruit...
A.L. Kennedy, dans le Guardian. L'intégralité de ce texte, une conférence au Festival du Livre d'Edimbourgh, peut être trouvé ici.
Je ne saurais trop recommender d'aller voir les critiques de ses livres répertoriées sur son site sous trois catégories : bonnes, mauvaises, stupides...
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
For example, you are not quite made a writer in the way that you are made blue-eyed, or diabetic. Writing is more of an inbuilt disposition - some children, suitably triggered, will grow up to perpetrate random murders: others, suitably triggered, will become heroin addicts, or clerics: still others will write. The trigger for writing appears to be very finely tuned - it may be sprung by chance qualities of light, coincidences, or any of the unpredictable odds and ends mixed up in the simple presence of everyday life....
I might also point out that being born a writer can often feel paralysingly similar to being nothing identifiable at all, given that writing is an unlikely and ephemeral occupation, rarely respected until it has produced considerable fruit...
A.L. Kennedy, dans le Guardian. L'intégralité de ce texte, une conférence au Festival du Livre d'Edimbourgh, peut être trouvé ici.
Je ne saurais trop recommender d'aller voir les critiques de ses livres répertoriées sur son site sous trois catégories : bonnes, mauvaises, stupides...
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
dimanche, novembre 09, 2003
Les Belles Etrangères
Cette année, les Belles Etrangères (du 17 au 30 Novembre) seront consacrée à l'Algérie. Les Belles Etrngères, c'est d'habitude une bonne occasion de découvrir des auteurs étrangers peu, ou pas traduits en France, et en tout cas mal réprésentés. L'an dernier, avec l'Inde, le résultat avait été à la hauteur des espérances, en tout cas au niveau des auteurs présentés lors des manifestations : pas sûr, cepandant, que cela ait beaucoup aidé à développer la littérature indienne en France qui reste malgré tout très marginalement représentée.
Espéront que cette année, ils ne se prendront pas dans la marche avec l'Algérie : c'est un pays que nous avons tendance (à tort, me semble-t-il) à considérer comme très représenté en France en matière de littérature. Espérons qu'ils verront au-delà des auteurs déjà connus... (Remarquez, cependant, qu'il n'y a dans la liste qu'un seul auteur non-traduit en français... Autant pour les inconnus.)
Ajoutons, par ailleurs, que ce choix de l'Algérie a été fait parce que cette année est l'année de l'Algérie en France (Ah bon ?).
Enfin, les Editions de L'Aube, comme chaque année, éditent pour l'occasion un recueil d'écrivains algériens.
La caravane passe, les chiens aboient /
Espéront que cette année, ils ne se prendront pas dans la marche avec l'Algérie : c'est un pays que nous avons tendance (à tort, me semble-t-il) à considérer comme très représenté en France en matière de littérature. Espérons qu'ils verront au-delà des auteurs déjà connus... (Remarquez, cependant, qu'il n'y a dans la liste qu'un seul auteur non-traduit en français... Autant pour les inconnus.)
Ajoutons, par ailleurs, que ce choix de l'Algérie a été fait parce que cette année est l'année de l'Algérie en France (Ah bon ?).
Enfin, les Editions de L'Aube, comme chaque année, éditent pour l'occasion un recueil d'écrivains algériens.
La caravane passe, les chiens aboient /
samedi, novembre 08, 2003
Alzheimer Holmes
Les parodies et pastiches de Sherlock Holmes sont tellement nombreuses qu'ils sont devenues un genre en soit, et visiblement, il a encore de beaux jours devant lui : un contrat pour deux livres vient d'être signé par un auteur américain. Si l'idée de départ -- un vieux Holmes de 93 ans -- peut-être intéressante, le reste me donne plutôt envie de pleurer et de me taper la tête contre le mur : que peut-il rester de Sherlock Holmes dans un personnage qui "perd sa légendaire mémoire et est improprement sujet aux émotions ?
Holmes? Des émotions ! Mais ils veulent m'assassiner !
(Via Confessions of an Idiosyncratic Mind -- pourquoi les blogs français n'ont jamais des noms pareils ?)
La caravane passe, les chiens aboient /
Holmes? Des émotions ! Mais ils veulent m'assassiner !
(Via Confessions of an Idiosyncratic Mind -- pourquoi les blogs français n'ont jamais des noms pareils ?)
La caravane passe, les chiens aboient /
Bienvenue dans le cercle très fermé des auteurs qui ignorent le nom de leur oeuvre
I looked at him. He looked back expectantly. I paused. My mind was filled with a terrible blank. What the fuck was the title of my story? I knew it, I was sure I knew it. Come on, come on, you've just read the proofs. You've just written your own contributor's note. This is your publisher. You must know. It's impossible for you not to know.
"I can't remember," I replied.
So there we were; a publisher who didn't recognise one of his writers' names, and a writer who couldn't remember the title of his own - his only - work. Welcome to the literary life.
Julian Barnes aime se foutre de sa gueule, et on ne peut qu'apprécier en retour : cela donne ce joli morceau de bravoure.
La caravane passe, les chiens aboient /
"I can't remember," I replied.
So there we were; a publisher who didn't recognise one of his writers' names, and a writer who couldn't remember the title of his own - his only - work. Welcome to the literary life.
Julian Barnes aime se foutre de sa gueule, et on ne peut qu'apprécier en retour : cela donne ce joli morceau de bravoure.
La caravane passe, les chiens aboient /
Les éditeurs font du boulot de merde
On ne le dira jamais assez (et c'est bien dommage). Il y a quelques jours, MoorishGirl découvrait que l'édition en Inde (en anglais) de The Namesake, le premier roman de Jhumpa Lahiri (L'interprête des maladies) était truphée d'erreur typographiques, de mots manquants et autres aberrations. Comme explication, la maison d'édition a simplement expliqué qu'un employée avait envoyé le mauvais fichier informatique, celui non corrigé. Ce ne serait pas aussi grave si il n'avait pas eu 6000 exemplaires vendus. 6000 exemplaires, ça ne se vend pas en 10 minutes, c'est énorme comme chiffre : cela leur laissait largement le temps de se rendre compte plus tôt de la gourde. Ben non.
Bon, ben en tout cas, cela fera des éditions rares pour les bibliophiles. Toujours voir le bon côté des choses.
Acte 2 : cette fois, ce n'est plus en Inde, c'est en France que ça se passe, et c'est encore plus gros. Le tome quatre de Sandman, la BD scénarisée par Neil Gaiman (je ne m'y connais pas, alors je vous renvoie à un spécialiste, qui vous dira pourquoi, déjà, l'ordre de publication des albums est un scandale) est sorti récemment : la sortie de cette BD, c'est un évènement. Outre que Gaiman est un auteur de SF très connu et très bon, la BD elle-même est culte partout où elle a été publiée. C'est peu dire qu'elle était attendue avec impatience par les amateurs. Pas de bol : une bonne partie des albums avaient des pages entièremment en espagnol. En espagnol, je vous demande un peu !
Un petit désolé, en plus, ça leur aurait arraché la gueule !
(Via Iokanaan)
La caravane passe, les chiens aboient /
Bon, ben en tout cas, cela fera des éditions rares pour les bibliophiles. Toujours voir le bon côté des choses.
Acte 2 : cette fois, ce n'est plus en Inde, c'est en France que ça se passe, et c'est encore plus gros. Le tome quatre de Sandman, la BD scénarisée par Neil Gaiman (je ne m'y connais pas, alors je vous renvoie à un spécialiste, qui vous dira pourquoi, déjà, l'ordre de publication des albums est un scandale) est sorti récemment : la sortie de cette BD, c'est un évènement. Outre que Gaiman est un auteur de SF très connu et très bon, la BD elle-même est culte partout où elle a été publiée. C'est peu dire qu'elle était attendue avec impatience par les amateurs. Pas de bol : une bonne partie des albums avaient des pages entièremment en espagnol. En espagnol, je vous demande un peu !
Un petit désolé, en plus, ça leur aurait arraché la gueule !
(Via Iokanaan)
La caravane passe, les chiens aboient /
Franchement, on l'a toujours su que Jane Austen était un dévergondée
Mais maintenant, une spécialiste de l'auteur a "retrouvé" les scènes de baise coupées des livres de l'incorrigible vieille fille. Forcément hilarant.
Remarquez, je ne suis pas sûre que ce soit une grande avancée dans l'étude de l'oeuvre de Jane : j'ai touours pensé qu'elle avait très clairement fait comprendre que Marianne et Willoughby (Raison et Sentiment) baisaient comme des castors. C'est ça, aussi, le romantisme exacerbé.
(Via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
Remarquez, je ne suis pas sûre que ce soit une grande avancée dans l'étude de l'oeuvre de Jane : j'ai touours pensé qu'elle avait très clairement fait comprendre que Marianne et Willoughby (Raison et Sentiment) baisaient comme des castors. C'est ça, aussi, le romantisme exacerbé.
(Via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
Vive-le-Vaillante
J'ai oublié de le mentionner, mais ce week-end (jusqu'à Dimanche soir), il y a le salon du livre de Brive-La-Gaillarde . Surtout connu pour avoir tenu contre vents et tempêtes et afficher au compteur 22 années de bonheur sans nuages (sic sic). D'ailleurs, c'est un salon du livre tout ce qu'il y a de non concensuel : tenez, cette année par exemple, le Prix de la Langue Française -- "créé en 1986 par la Ville de Brive-la-Gaillarde, ce prix récompense l’œuvre d’une personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique qui a contribué, de façon importante, par le style de ses ouvrages ou son action, à illustrer la qualité et la beauté de la langue française" -- est cette année remis à Mr Dominique de Villepin, toujours, rappelons-le, Ministre en exercice. Alors, c'est peut-être le moins pourri des Ministres de notre cher, cher gouvernement, et son livre est peut-être tout ce qu'il y a de plus potable, mais ils sont vraiment obliger de lui cirer les pompes avec leurs langues, les jurés ?
Oh, pardon ! : jurés littéraires, lècheurs de bottes : pléonasme.
La caravane passe, les chiens aboient /
Oh, pardon ! : jurés littéraires, lècheurs de bottes : pléonasme.
La caravane passe, les chiens aboient /
On ne peut vraiment pas faire les choses dans l'ordre qu'on veut
Je viens de me faire taper sur les doigts par MoorishGirl parce que je n'avais pas mentionné l'expo Cocteau au Centre Pompidou (la version anglaise de la même page -- considérablement plus maigrichonne, et surtout sans images ! -- pour mon public internationnale). Zut ! C'était prévu, mais à ma manière !
Je comptais y aller, et en parler après, mais voilà, je me suis fait griller la priorité... Tant pis, je maintiens mon agenda. J'en parlerai à nouveau plus longuement quand j'aurai des choses à dire, na !
Si vous voulez y allez vous aussi, sachez que l'exposition est exceptionnellement visible les jeudi en nocturne jusqu'à 23 heures.
La caravane passe, les chiens aboient /
Je comptais y aller, et en parler après, mais voilà, je me suis fait griller la priorité... Tant pis, je maintiens mon agenda. J'en parlerai à nouveau plus longuement quand j'aurai des choses à dire, na !
Si vous voulez y allez vous aussi, sachez que l'exposition est exceptionnellement visible les jeudi en nocturne jusqu'à 23 heures.
La caravane passe, les chiens aboient /
C'était une feinte ;-)))
Finalement, j'ai réussi à me trouver une connexion internet dans le trou où je me suis réfugiée, et je vais donc pouvoir continuer à vous ennuyer pendant mon long week-end !
Alors, heureux ?
La caravane passe, les chiens aboient /
Alors, heureux ?
La caravane passe, les chiens aboient /
vendredi, novembre 07, 2003
Je vous abandonne un peu, mais pas trop
Je pars en week-end de 4 jours (11 novembre oblige... euh pardon, 11 novembre merci) : n'attendez pas de nouvelles de la Muselivre avant au moins mercredi. Je sais, je vais vous manquer incroyablement, mais tous les bloggueurs de la planète seront là pour redonner du volume à votre morale en berne.
Profitez-en pour lire tous ces jolis livres qui vous font les yeux doux dans votre bibliothèque et que vous trouvez toujours un bonne raison d'éviter.
La caravane passe, les chiens aboient /
Profitez-en pour lire tous ces jolis livres qui vous font les yeux doux dans votre bibliothèque et que vous trouvez toujours un bonne raison d'éviter.
La caravane passe, les chiens aboient /
Draco et les origamis
J'y peux rien, j'adore le gamin (16 ans quand même maintenant) qui interprête Draco Malfoy dans l'adaptation ciné de Harry Potter : j'ai jamais vu une interprétation aussi fidèle à ce que j'imaginais du personnage en lisant le livre. Alors si maintenant il me prend par les sentiments et fait des origamis...
(Via The Leaky Cauldron)
La caravane passe, les chiens aboient /
(Via The Leaky Cauldron)
La caravane passe, les chiens aboient /
Epouse-moi, ou je rentre au couvent
Le Mercure de France est, dès qu'il s'agit de lettres et mémoires de personnages célèbres, un plaisir coupable dont il ne faut pas se priver : cette fois ils publient les Lettres d'amour (? et quel amour !) de Madame Roland, morte sur la guillotine.
Derrière d'adorables (sic) "J’aurais voulu que tu m’aimasses assez pour ne pas m’obliger de t’aimer autant et pour me permettre de te craindre moins", se cache en fait un jeune fille manipulatrice : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'art de se faire épouser par un aristocrate quadragénaire assez savant, quand vous êtes une jeune fille désargentée et un peu trop fière d'elle-même. N'empêche qu'à la fin, c'est toujours les méthodes extrêmes qui font lâcher les hommes : épouse-moi, ou je rentre au couvent ! Ah! les femmes...
La caravane passe, les chiens aboient /
Derrière d'adorables (sic) "J’aurais voulu que tu m’aimasses assez pour ne pas m’obliger de t’aimer autant et pour me permettre de te craindre moins", se cache en fait un jeune fille manipulatrice : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'art de se faire épouser par un aristocrate quadragénaire assez savant, quand vous êtes une jeune fille désargentée et un peu trop fière d'elle-même. N'empêche qu'à la fin, c'est toujours les méthodes extrêmes qui font lâcher les hommes : épouse-moi, ou je rentre au couvent ! Ah! les femmes...
La caravane passe, les chiens aboient /
La guerre de 14/03
La Der des Ders n'en finit pas de faire parler d'elle cette année : avec entre autres Les âmes grises de Claudel, et Dans la guerre de Ferney, elle est devenue le dernier sujet "in" du monde littéraire. Jérome Garçin, dans Le Nouvel Obs cite encore deux textes qui sont sortis sur le sujet : Elisa, de Jacques Chauviré, qui brode sur ses propres souvenirs, et qui rien que pour cette phrase là, «En 1920, tout enfant était encore quelque peu militaire.», mérite que l'on s'y attarde, et Un ténébreux de Jean-Louis Ezine, qui raconte l'histoire d'un cycliste après 1918.
Bon, maintenant, il faudrait apprendre à la finir cette guerre.
La caravane passe, les chiens aboient /
Bon, maintenant, il faudrait apprendre à la finir cette guerre.
La caravane passe, les chiens aboient /
Charitée chrétienne bien ordonnée...
Dans une Q&R de l'Independant, Philip Pullman a décidé de remettre les pendules à l'heure quand à son dégoût des Chroniques de Narnia, de CS Lewis (Folio Junior, et pour Noël, ils les ont aussi sorties en grand format illustré : marketing, marketing...) : au cours de nombreuses interviews, il avait laissé entendre que Lewis avait eu tord d'introduire sa philosophie chrétienne dans le livre et dans faire la base de l'histoire, ce qui était une opinion troublante de la part d'un auteur dont la trilogie (La Croisée des Mondes) a, elle, une philosophie athée plus qu'assumée. Mais il faudrait toujours se rappeler que les journalistes ne nous laissent entendre que ce qu'ils veulent bien écrire, et un peu de controverses, c'est bon pour leur beurre... Donc :
You famously criticised CS Lewis for incorporating Christian values into his books for children, and yet you do the same with atheism in your books. Isn't this a double standard?
Now, let's get to the bottom of this one. I have never criticised CS Lewis for incorporating Christian values into his work - far from it. My criticism is of the lack of Christian values in his work: the lack of charity, for example, and the presence instead of such qualities as misogyny, racism and hatred of all progressive and enlightened thought. He even sneers at people because of their belief in vegetarianism. I mean, really. Whatever else you say about CS Lewis, don't try and make the claim that he was a great Christian writer.
(Via The Complete Review)
La caravane passe, les chiens aboient /
You famously criticised CS Lewis for incorporating Christian values into his books for children, and yet you do the same with atheism in your books. Isn't this a double standard?
Now, let's get to the bottom of this one. I have never criticised CS Lewis for incorporating Christian values into his work - far from it. My criticism is of the lack of Christian values in his work: the lack of charity, for example, and the presence instead of such qualities as misogyny, racism and hatred of all progressive and enlightened thought. He even sneers at people because of their belief in vegetarianism. I mean, really. Whatever else you say about CS Lewis, don't try and make the claim that he was a great Christian writer.
(Via The Complete Review)
La caravane passe, les chiens aboient /
jeudi, novembre 06, 2003
Je ne suis pas revencharde
J'ai été refusée deux fois à ce DESS, mais les élèves n'en sont pas responsables, alors je vais faire comme si de rien n'était :
Les élèves du DESS d’édition de la Sorbonne recherchent des auteurs pour la réalisation d’un recueil de textes courts (300 à 1500 mots environ, soit un maximum de 5 pages) édité et distribué à l’occasion du Salon du Livre de Paris qui aura lieu du 19 au 24 mars 2004 et invitent les auteurs pleutiL à leur adresser leurs textes.
Le thème est le suivant: LA VIE INSOLITE DES OBJETS.
- Forme et ton libres (fiction, essai, prose, poésie…)
- Adressez vos manuscrits avec vos coordonnées complètes avant le 1er décembre 2003 à cette adresse :
Université Sorbonne Paris IV
UFR de Littérature Française et Comparée
À l’attention des élèves du DESS d’édition
Bureau F048 escalier E, 2ème étage
1, rue Victor Cousin, 75005 Paris
- Ou par mail à : laviedesobjets@yahoo.fr
(Via PleutiL)
La caravane passe, les chiens aboient /
Les élèves du DESS d’édition de la Sorbonne recherchent des auteurs pour la réalisation d’un recueil de textes courts (300 à 1500 mots environ, soit un maximum de 5 pages) édité et distribué à l’occasion du Salon du Livre de Paris qui aura lieu du 19 au 24 mars 2004 et invitent les auteurs pleutiL à leur adresser leurs textes.
Le thème est le suivant: LA VIE INSOLITE DES OBJETS.
- Forme et ton libres (fiction, essai, prose, poésie…)
- Adressez vos manuscrits avec vos coordonnées complètes avant le 1er décembre 2003 à cette adresse :
Université Sorbonne Paris IV
UFR de Littérature Française et Comparée
À l’attention des élèves du DESS d’édition
Bureau F048 escalier E, 2ème étage
1, rue Victor Cousin, 75005 Paris
- Ou par mail à : laviedesobjets@yahoo.fr
(Via PleutiL)
La caravane passe, les chiens aboient /
Tout le monde m'aime, j'adore !
La petite communauté internationnale (mais surtout américaine) des bloggueurs littéraires (si si ça existe, la preuve en est le blog sur lequel vous êtes !) est en effervescence : le très sérieux Literary Blog The Complete Review a publié un article sur le sujet et surtout la liste exhaustive (?) des bloggueurs immanquables : et votre serviteur (ouais, -eur, pas -euse et surtout pas -ante) en fait partie ! "Le jour de glooooiiiiire est arrivééééé...!" Merci !
Ils ont l'air d'avoir apprécié mon sous titre (Blog littéraire contre l'onanisme germanopratin comme sport de combat : ben, ça résume le personnage, non?), mais leur description de mon site est un peu acide : "Excellent coverage even (or rather: especially) of English-language literary doings -- but in French." Si vous viviez dans le désert littéraire qu'est la France, vous aussi vous regarderiez ailleurs : je suis allergique à la production française actuelle, je fais avec comme je peux...
Après ce coup d'éclat, quelques bloggueurs, dont des membres de la très sélecte top liste, ont mentionné cette ridicule page d'humeurs comme leur "preferee du moment" : que MoorishGirl qui est aussi ma préférée, Maud Newton (qui étant la première que j'ai vu a eu droit à son billet perso, en anglais et tout, avec les fautes de langue) et LanguageHat en soient remerciés comme il se doit.
Profitons de ce parfait moment pour reparler de ma malheureuse colonne de gauche, pleine de super-liens super-géniaux vers ces super-bloggueurs de la super-littérature : je suis sûr que la Bookslut, le Babu de Kitabkahana, MobyLives, et même ArtJournal seront ravis de votre visite. Allez internautes, bloggueurs, français : instruisez-vous intelligemment, et en plus vous serez bien reçu, puisque tout le monde m'aime !
La caravane passe, les chiens aboient /
Ils ont l'air d'avoir apprécié mon sous titre (Blog littéraire contre l'onanisme germanopratin comme sport de combat : ben, ça résume le personnage, non?), mais leur description de mon site est un peu acide : "Excellent coverage even (or rather: especially) of English-language literary doings -- but in French." Si vous viviez dans le désert littéraire qu'est la France, vous aussi vous regarderiez ailleurs : je suis allergique à la production française actuelle, je fais avec comme je peux...
Après ce coup d'éclat, quelques bloggueurs, dont des membres de la très sélecte top liste, ont mentionné cette ridicule page d'humeurs comme leur "preferee du moment" : que MoorishGirl qui est aussi ma préférée, Maud Newton (qui étant la première que j'ai vu a eu droit à son billet perso, en anglais et tout, avec les fautes de langue) et LanguageHat en soient remerciés comme il se doit.
Profitons de ce parfait moment pour reparler de ma malheureuse colonne de gauche, pleine de super-liens super-géniaux vers ces super-bloggueurs de la super-littérature : je suis sûr que la Bookslut, le Babu de Kitabkahana, MobyLives, et même ArtJournal seront ravis de votre visite. Allez internautes, bloggueurs, français : instruisez-vous intelligemment, et en plus vous serez bien reçu, puisque tout le monde m'aime !
La caravane passe, les chiens aboient /
Je n'écrirai pas mon mémoire de DEA en malaisien
Zut pour la diffusion internationale de ce monument sur les fantômes (comme représentation de l'inconscient) dans la littérature.
Le gouvernement malaisien, connu pour ses dons de censure, a décidé d'interdire les livres parlant de fantômes et de surnaturel, tout "ce qui a pour but de faire peur". Car "ils vont créer des images malsaines dans la têtes des lecteurs et les influencer". Mais rassurez-vous, Harry Potter ne sera pas interdit, parce qu'on ne voit pas le fantôme de (attention, si vous n'avez pas lu le tome 5, fermer votre ordinateur, enfermez-vous dans votre chambre et enterrez-vous sous la couette) de Sirius Black : ce sont donc des livres "bénins". Ouf, on est rassuré. Finalement les malaisiens sont moins cons que les fondamentalistes américains.
(Via MobyLives)
La caravane passe, les chiens aboient /
Le gouvernement malaisien, connu pour ses dons de censure, a décidé d'interdire les livres parlant de fantômes et de surnaturel, tout "ce qui a pour but de faire peur". Car "ils vont créer des images malsaines dans la têtes des lecteurs et les influencer". Mais rassurez-vous, Harry Potter ne sera pas interdit, parce qu'on ne voit pas le fantôme de (attention, si vous n'avez pas lu le tome 5, fermer votre ordinateur, enfermez-vous dans votre chambre et enterrez-vous sous la couette) de Sirius Black : ce sont donc des livres "bénins". Ouf, on est rassuré. Finalement les malaisiens sont moins cons que les fondamentalistes américains.
(Via MobyLives)
La caravane passe, les chiens aboient /
Privez-moi de ma Carte Bleue
Et de mon carnet de chèques aussi, pendant que vous y êtes.
Je viens de casser définitivement les pieds de ma malheureuse table de nuit (colonne de gauche, descendez, vous verrez, c'est LA) en rajoutant deux livres à ma liste de lecture : Susan Minot et Marcia Davenport. Je ne sais pas me retenir.
La caravane passe, les chiens aboient /
Je viens de casser définitivement les pieds de ma malheureuse table de nuit (colonne de gauche, descendez, vous verrez, c'est LA) en rajoutant deux livres à ma liste de lecture : Susan Minot et Marcia Davenport. Je ne sais pas me retenir.
La caravane passe, les chiens aboient /
Maud Newton intends to made me blush and laugh at the same time : success !
This post is written directly in english to help all my former Florida's state school readers understand all the blushing thanks I'm sending them. Maud Newton, the best and most prolific (and I'm outrageously jealous of that, Dame Maud) literary blogger of the East Cost has named me the best French-language literary weblog : jeez' ! I think I'm above all and unfortunately the only one (shame on Frenchmen), I have no merit ! Still, it's indescriptibly gratifiant.
For the laugh, I just try to read myself via Babel Fish translator and... hurgh ! It's not that bad, but sometimes I fall from my chair of laughing, 'cause it was so alien ! For example, when I talk of Vendela Vida and her bablling about fonts, I use the french term "Police de character", which after informatic reflexion and regurgitation became "bill of character" ; or better, the name of the newspaper "The Figaro" became "The Barber".
Surealism, not dead.
Thanks, thanks, thanks.
PS : I don't think that americans are ignorant !
La caravane passe, les chiens aboient /
For the laugh, I just try to read myself via Babel Fish translator and... hurgh ! It's not that bad, but sometimes I fall from my chair of laughing, 'cause it was so alien ! For example, when I talk of Vendela Vida and her bablling about fonts, I use the french term "Police de character", which after informatic reflexion and regurgitation became "bill of character" ; or better, the name of the newspaper "The Figaro" became "The Barber".
Surealism, not dead.
Thanks, thanks, thanks.
PS : I don't think that americans are ignorant !
La caravane passe, les chiens aboient /
Son mari est prétentieux, elle est tout simplement stupide
Madame Dave Eggers (dont nous avons longuement parlé un jour où le Nouvel obs lui avait gentiment offert sa scène pour faire son show), Vendela Vida, dont le roman sort bientôt (ou est déjà sorti) en France, a un avis passionnant sur un problème d'importance mondiale... les polices de caractères :
"I do like the idea of there not being any design on the book jacket and just reading every book in the same font. I do think fonts influence the way you read things. Some books by young women who are very talented—the fonts that are chosen are not the best fonts, they are too frilly, and they make you not look at the writing as seriously as the writer intended but not that the font suggests."
Je ne lirai pas le reste de l'article, cette partie me suffit amplement.
(Via, toujours, Kitabkhana : bah, j'y peux rien si le Babu dit tout plein de trucs passionnants)
La caravane passe, les chiens aboient /
"I do like the idea of there not being any design on the book jacket and just reading every book in the same font. I do think fonts influence the way you read things. Some books by young women who are very talented—the fonts that are chosen are not the best fonts, they are too frilly, and they make you not look at the writing as seriously as the writer intended but not that the font suggests."
Je ne lirai pas le reste de l'article, cette partie me suffit amplement.
(Via, toujours, Kitabkhana : bah, j'y peux rien si le Babu dit tout plein de trucs passionnants)
La caravane passe, les chiens aboient /
Rien ne se perd
Surtout la connerie de certains éditeurs : en 1982, Juan Goytisolo, un écrivain espagnol qui a longtemps vécu à Paris à cause du franquisme imagina dans un roman (Paysages après la bataille) un Paris où le nom des rues serait en arabe. L'éditeur (que l'auteur a la gentillesse de ne pas nommer : méritait pas tant) en a presque fait une crise cardiaque. "But a culture which doesn't accept enrichment from marginal cultures is doomed." Oui, malheureusement : ou tout simplement raciste.
(Via Kitabkhana)
L'article mentionne aussi que Goytisolo a connu Jean Genet, fidèle à lui-même : "Genet was like a Malamiti, one of those Sufi mystics who believed in order to attain moral perfection, one did everything to be despised, pride being the worst sin," he recalls. "He sang in praise of treason, homosexuality, the Algerian independence struggle, everything a provocation, but always with the deepest moral rigour."
La caravane passe, les chiens aboient /
(Via Kitabkhana)
L'article mentionne aussi que Goytisolo a connu Jean Genet, fidèle à lui-même : "Genet was like a Malamiti, one of those Sufi mystics who believed in order to attain moral perfection, one did everything to be despised, pride being the worst sin," he recalls. "He sang in praise of treason, homosexuality, the Algerian independence struggle, everything a provocation, but always with the deepest moral rigour."
La caravane passe, les chiens aboient /
'cause celebration
On ne vient plus sur mon site qu'en tappant sur Google des requêtes purement littéraires : si c'est pas la consécration, ça !
La plus courue : "un long dimanche de fiançailles" (beaucoup de cinéphiles pour grossir les rangs sûrement) et dernièrement "agonie d'agape".
Je vous aime tous !
La caravane passe, les chiens aboient /
La plus courue : "un long dimanche de fiançailles" (beaucoup de cinéphiles pour grossir les rangs sûrement) et dernièrement "agonie d'agape".
Je vous aime tous !
La caravane passe, les chiens aboient /
Voilà un homme qui a compris à quoi servait d'être un artiste
I realize that some of you may have come in hopes of hearing tips on how to become a professional writer. I say to you, “If you really want to hurt your parents, and you don’t have the nerve to be a homosexual, the least you can do is go into the arts.
Kurt Vonnegut
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
Kurt Vonnegut
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
Twin set
"Ma curiosité va vers ceux qui se sont coupés du monde, qui n'y trouvent pas leur place, qui sont tombés dans les filets de la société qui vivent dans une exclusion consentie ou non, qui ont souvent le coeur littéralement brisé."
Spécialiste du roman bizarre, Edward Carey vient de publier en France son deuxième roman, presque dans l'indifférence générale : Ava et Irva, l'histoire de deux jumelles un peu remuées du bocal. Pour connaître un peu mieux le personnage, mieux vaut retourner voir les interviews et critiques qui avaient salué la sortie de son premier roman, L'Observatoire.
La caravane passe, les chiens aboient /
Spécialiste du roman bizarre, Edward Carey vient de publier en France son deuxième roman, presque dans l'indifférence générale : Ava et Irva, l'histoire de deux jumelles un peu remuées du bocal. Pour connaître un peu mieux le personnage, mieux vaut retourner voir les interviews et critiques qui avaient salué la sortie de son premier roman, L'Observatoire.
La caravane passe, les chiens aboient /
Toucher le velours du bout des doigts
La couverture représente une opulente demi-mondaine 1900 largement dénudée, la jarretelle aguichante, et la 4e de couverture suggère lourdement un roman coquin (Sarah Waters est «l'héritière des Libertins», nous dit-on). On a rarement vu un tel hiatus entre la présentation d'un livre et son contenu réel. On peut donc imaginer, soit que l'éditeur n'a pas eu le temps de le lire (ce qui peut arriver), soit ne l'a pas très bien compris (ce qui serait plus grave).
Le Figaro a raison de se moquer, sans oublier de faire la critique (bonne et mitigée, ouais, c'est possible en même temps) du troisième roman de Sarah Waters, Du bout des doigts (son premier, Caresser le velours, était sur ma précédente table de nuit qui, je le rappelle en passant, se trouve dans le colonne de gauche). Sitartmag était plus enthousiaste.
Cette semaine, en tout ca, Libé s'est fendu d'une petite interview, après nous avoir précisé que la traductrice Erika Abrams pour trouver des morts comme «grinche», «fafiot», «mornifle» ou «carambolage» ("Selon le Grand Robert : «grinche» : voleur ; «fafiot» : billet ; «mornifle» : gifle ou argent (en argot) ; «carambolage» : le fait de posséder une femme. ") "a puisé, comme c'est le cas pour les traductions de Dickens, dans la langue des Mystères de Paris d'Eugene Sue et des Mémoires de Vidocq.". L'interview s'attarde évidemment beaucoup sur la culture gay du 19ème, puisque c'est un des thèmes principaux des romans de Sarah Waters, mais elle a aussi d'autres opinions qui devraient ravir certains, moi entre autres :
"Les paysages gothiques sont vraiment ceux de l'esprit et de l'émotion. Ce qui explique, d'ailleurs, leur grande puissance évocatrice."
Soyez romantiques sans complexes.
La caravane passe, les chiens aboient /
Le Figaro a raison de se moquer, sans oublier de faire la critique (bonne et mitigée, ouais, c'est possible en même temps) du troisième roman de Sarah Waters, Du bout des doigts (son premier, Caresser le velours, était sur ma précédente table de nuit qui, je le rappelle en passant, se trouve dans le colonne de gauche). Sitartmag était plus enthousiaste.
Cette semaine, en tout ca, Libé s'est fendu d'une petite interview, après nous avoir précisé que la traductrice Erika Abrams pour trouver des morts comme «grinche», «fafiot», «mornifle» ou «carambolage» ("Selon le Grand Robert : «grinche» : voleur ; «fafiot» : billet ; «mornifle» : gifle ou argent (en argot) ; «carambolage» : le fait de posséder une femme. ") "a puisé, comme c'est le cas pour les traductions de Dickens, dans la langue des Mystères de Paris d'Eugene Sue et des Mémoires de Vidocq.". L'interview s'attarde évidemment beaucoup sur la culture gay du 19ème, puisque c'est un des thèmes principaux des romans de Sarah Waters, mais elle a aussi d'autres opinions qui devraient ravir certains, moi entre autres :
"Les paysages gothiques sont vraiment ceux de l'esprit et de l'émotion. Ce qui explique, d'ailleurs, leur grande puissance évocatrice."
Soyez romantiques sans complexes.
La caravane passe, les chiens aboient /
1000 feuilles
J'ai toujours rêvé de le lire : l'autre roman de l'Abbé Prévôt, Histoire de M. Cleveland, fils naturel de Cromwell, plus de 1000 pages d'aventures comme seul savait les écrire notre homme d'église libertin.
On est donc plongé dans la fiction sans ménagement, sommés d'y croire aveuglément. Et ça vaut d'ailleurs mieux, parce qu'avec la grotte, les îles, les bons sauvages et les vilains cannibales, la recette du sushi tiède («couchée dessus pendant une heure ou deux, pour diminuer leur crudité par ma chaleur naturelle»), l'inceste (enfin, presque) et les érudits libertins que Prévost y déploie, comme disait Diderot dans Jacques, «cela [pue] le Cleveland à infecter». Passée l'hallucination, Cleveland pose des questions d'histoire littéraire, qui vont du système narratif jusqu'au jansénisme du héros en passant par la nature de sa mélancolie, car le philosophe anglais ne résistera au suicide qu'en achoppant à la contradiction entre nature et raison.
Malheureusement, les Edition de Jean Sgard et Philippe Stewart. Desjonquères (???), ça ne doit pas être si facile que ça à trouver, surtout quand on ne sait même pas ce que c'est.
La caravane passe, les chiens aboient /
On est donc plongé dans la fiction sans ménagement, sommés d'y croire aveuglément. Et ça vaut d'ailleurs mieux, parce qu'avec la grotte, les îles, les bons sauvages et les vilains cannibales, la recette du sushi tiède («couchée dessus pendant une heure ou deux, pour diminuer leur crudité par ma chaleur naturelle»), l'inceste (enfin, presque) et les érudits libertins que Prévost y déploie, comme disait Diderot dans Jacques, «cela [pue] le Cleveland à infecter». Passée l'hallucination, Cleveland pose des questions d'histoire littéraire, qui vont du système narratif jusqu'au jansénisme du héros en passant par la nature de sa mélancolie, car le philosophe anglais ne résistera au suicide qu'en achoppant à la contradiction entre nature et raison.
Malheureusement, les Edition de Jean Sgard et Philippe Stewart. Desjonquères (???), ça ne doit pas être si facile que ça à trouver, surtout quand on ne sait même pas ce que c'est.
La caravane passe, les chiens aboient /
Très Caustique Boyle (c'est pas de moi, snif!)
J'en avais déjà parlé, maintenant le nouveau roman de TC Boyle est enfin traduit en français. En tout cas, ça ressemble à s'y méprendre à du pur TC Boyle :
Car Boyle redouble de drôlerie vacharde quand il lance ses banderilles contre ces allumés où règne Norm Sender, le supergourou boosté aux amphétamines. A ses côtés, il y a Ronnie, le baba aux sandales ajourées, Sky Dog, le musico en pattes d'eph', Marco, le routard perché sur la branche d'un vieux chêne, Alfredo, l'ascète constipé, Lydia, la vestale fluo, Mendocino, le gros bouddha engoncé dans sa salopette crasseuse, Lester, le rasta qui se prend pour Hendrix, Star, qui prône l'amour libre entre deux pétards.
La caravane passe, les chiens aboient /
Car Boyle redouble de drôlerie vacharde quand il lance ses banderilles contre ces allumés où règne Norm Sender, le supergourou boosté aux amphétamines. A ses côtés, il y a Ronnie, le baba aux sandales ajourées, Sky Dog, le musico en pattes d'eph', Marco, le routard perché sur la branche d'un vieux chêne, Alfredo, l'ascète constipé, Lydia, la vestale fluo, Mendocino, le gros bouddha engoncé dans sa salopette crasseuse, Lester, le rasta qui se prend pour Hendrix, Star, qui prône l'amour libre entre deux pétards.
La caravane passe, les chiens aboient /
Oui, je vais encore cracher sur les prix littéraires
Ils auraient pas pu couronner ça, ces couillons ? C'est original, ça au moins. Comme ça ils auraient pas eu à nous faire chier 15 jours trop tôt.
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
mercredi, novembre 05, 2003
Lanark
Cependant quand vous mentionnez son nom dans le Londres littéraire d'aujourd'hui vous faites face à d'étranges regards. 'J'ai toujours voulu le lire', diront les gens ; ou 'C'est plutôt culte, non ?' ou 'He's into his sex and art, I think (je plaide coupable de non-tradution) ; et est-ce qu'il ne fait pas des trucs avec la typographie ?', et à l'occasion, un 'J'ai entendu dire que c'était très écossais' irrité. La seule chose que vous n'entendez pas, jamais, c'est ; 'Oui, je crois que j'ai lu Lanark.' Si vous l'avez lu, vous ne l'oubliez pas, jamais.
L'interview la plus récente d'Alasdair Gray du Guardian est peut-être la meilleure présentation du personnage que l'on puisse trouver. Devenu célèbre depuis que son premier roman Lanark a révolutionné la littérature (vraiment !), Alasdair Gray n'est pourtant encore que peu connu en France. Artiste complet (comme on dit), il illustre ses romans de ses propres dessins ou ses dessins de ses propres romans.
Lanark est un livre qu'il vaut mieux éviter de décrire : les critiques s'y heurtent avec plus ou moins de bonheur. Même un extrait ne pourra pas vous aider, car Lanark, "texte polymorphe et inattendu, balayant un spectre allant du récit réaliste à la science-fiction, apparaît comme un roman d'une noirceur peu commune. Touffu dans son intrigue aux détours inévitables, le texte nécessite un effort conséquent de lecture. Il est des pavés qu'il vaut mieux entamer après son retour de la plage. Une longue semaine de pluie serait le temps idéal pour se consacrer à celui-ci."
Un petit site assez complet sur Alasdair Gray vous parlera de ses autres oeuvres. Notez qu'un autre de ses romans (sont plus récent) est sorti en début d'année : Le Faiseur d'Histoires. Une seule autre de ses oeuvres est traduite en français : Pauvres créatures: épisodes de la jeunesse du Docteur Archibald McCandless Officier de Santé Publique Ecossais (une critique de Monde est visible sur cette page Alapage).
La caravane passe, les chiens aboient /
L'interview la plus récente d'Alasdair Gray du Guardian est peut-être la meilleure présentation du personnage que l'on puisse trouver. Devenu célèbre depuis que son premier roman Lanark a révolutionné la littérature (vraiment !), Alasdair Gray n'est pourtant encore que peu connu en France. Artiste complet (comme on dit), il illustre ses romans de ses propres dessins ou ses dessins de ses propres romans.
Lanark est un livre qu'il vaut mieux éviter de décrire : les critiques s'y heurtent avec plus ou moins de bonheur. Même un extrait ne pourra pas vous aider, car Lanark, "texte polymorphe et inattendu, balayant un spectre allant du récit réaliste à la science-fiction, apparaît comme un roman d'une noirceur peu commune. Touffu dans son intrigue aux détours inévitables, le texte nécessite un effort conséquent de lecture. Il est des pavés qu'il vaut mieux entamer après son retour de la plage. Une longue semaine de pluie serait le temps idéal pour se consacrer à celui-ci."
Un petit site assez complet sur Alasdair Gray vous parlera de ses autres oeuvres. Notez qu'un autre de ses romans (sont plus récent) est sorti en début d'année : Le Faiseur d'Histoires. Une seule autre de ses oeuvres est traduite en français : Pauvres créatures: épisodes de la jeunesse du Docteur Archibald McCandless Officier de Santé Publique Ecossais (une critique de Monde est visible sur cette page Alapage).
La caravane passe, les chiens aboient /
"Ce qui m'a le plus frappée dans ce Goncourt? La chambre d'hôtel."
Le 12 novembre sera remis le Goncourt des lycéens. Petit prix sympa généralement bien attibué, mais après avoir lu les réflexions de certains lycéens, je déchante un peu (pourtant ça commençait bien !) :
Cette année, nombre de lycéens se sont rués sur Le 31 du mois d'août, de Laurence Cossé (Gallimard), sans doute parce que le livre évoquait lady Di. Windows on the World, de Frédéric Beigbeder (Grasset), s'est aussi arraché. Pourtant, quelques semaines après, lors d'une rencontre, à Avignon, avec des élèves de la région Paca, le verdict était abrupt, au moins pour la terminale commerciale d'un lycée de Nîmes: «On s'est fait avoir, ces deux livres sont des coups!» s'insurge Christophe. Et Sophie, une jolie blonde qui avoue n'avoir lu que deux romans dans sa vie, d'ajouter: «J'ai préféré Un garçon d'Italie, de Philippe Besson. Il aborde des thèmes actuels: la sexualité, le droit à la différence, la relation aux morts. Le livre est clair, surprenant.»
[...]
Mais qu'en reste-t-il après? [...] parfois rien du tout, comme l'explique cette jeune fille de terminale: «J'ai lu Dans la guerre, d'Alice Ferney. J'ai aimé ce roman, mais je ne pense pas que j'en ouvrirai un autre de moi-même. Et puis, c'est cher, les livres!» Toujours avec franc-parler, une jurée envoyée à Rennes l'an dernier dresse son bilan: «Ce qui m'a le plus frappée dans ce Goncourt? La chambre d'hôtel. C'est la première fois que j'en avais une pour moi seule!»
La caravane passe, les chiens aboient /
Cette année, nombre de lycéens se sont rués sur Le 31 du mois d'août, de Laurence Cossé (Gallimard), sans doute parce que le livre évoquait lady Di. Windows on the World, de Frédéric Beigbeder (Grasset), s'est aussi arraché. Pourtant, quelques semaines après, lors d'une rencontre, à Avignon, avec des élèves de la région Paca, le verdict était abrupt, au moins pour la terminale commerciale d'un lycée de Nîmes: «On s'est fait avoir, ces deux livres sont des coups!» s'insurge Christophe. Et Sophie, une jolie blonde qui avoue n'avoir lu que deux romans dans sa vie, d'ajouter: «J'ai préféré Un garçon d'Italie, de Philippe Besson. Il aborde des thèmes actuels: la sexualité, le droit à la différence, la relation aux morts. Le livre est clair, surprenant.»
[...]
Mais qu'en reste-t-il après? [...] parfois rien du tout, comme l'explique cette jeune fille de terminale: «J'ai lu Dans la guerre, d'Alice Ferney. J'ai aimé ce roman, mais je ne pense pas que j'en ouvrirai un autre de moi-même. Et puis, c'est cher, les livres!» Toujours avec franc-parler, une jurée envoyée à Rennes l'an dernier dresse son bilan: «Ce qui m'a le plus frappée dans ce Goncourt? La chambre d'hôtel. C'est la première fois que j'en avais une pour moi seule!»
La caravane passe, les chiens aboient /
Faut toujours se méfier des profs d'art plastique
Ca commence tout bêtement par le prof de dessin qui confisque son journal intime à une élève de quatorze qui le faisait passer à une copine pour qu'elle le lise. Sauf que ce n'est pas un simple journal intime, et on n'est pas dans une jolie petite ville de la campagne française : on est aux USA, pays de la paranoïa et des massacres dans les lycées, à peine à quelques kms du tristement célèbre lycée de Colombine, et ce journal est un recueil de nouvelles. Malheureusement, l'une de ces nouvelles décrit une collégienne rêvant qu'elle tue un professeur. Qu'est-ce qu'on fait dans ce beau pays paranoïaque d'une gamine qui a l'air d'avoir des fantasmes de meurtres ( je dis bien "à l'air" : je rappelle que c'est une nouvelle) : l'envoit-on chez un psychiatre, une psychologue, une assistante sociale ? Que non. On la vire sans autre forme de procès : comme ça, si elle avait vraiment été un peu dépressive, elle aurait eu une bonne raison de revenir tuer sa prof de dessin.
Moralité : si tu veux faire écrivain, attend d'avoir passer ton bac.
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
Moralité : si tu veux faire écrivain, attend d'avoir passer ton bac.
(Via Maud Newton)
La caravane passe, les chiens aboient /
Bon, ben finalement, je suis conne
Et puis c'est tout.
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Sois pas timide
Ce soir, il y a Paris-Carnet. Je vais peut-être y aller. Mais si j'y vais, timide comme je suis, je suis capable de rester plantée devant la porte du bar pendant trois plombes et de repartir sans être rentrer en passant tout mon chemin du retour à me traîter de conne. Parce que je connais personne. Parce que j'aime pas le bière (ni l'alcool en général). Parce que, ouais, souvent, je suis un peu conne.
Dis Chevalier, t'y vas des fois à Paris-Carnet ?
Ce soir, je vais peut-être à Paris-Carnet. En gros, si vous voyez une fille avec une espece de ciré jaune qui s'enfuie en courant, c'est que je serais allée à Paris-Carnet.
La caravane passe, les chiens aboient /
Dis Chevalier, t'y vas des fois à Paris-Carnet ?
Ce soir, je vais peut-être à Paris-Carnet. En gros, si vous voyez une fille avec une espece de ciré jaune qui s'enfuie en courant, c'est que je serais allée à Paris-Carnet.
La caravane passe, les chiens aboient /
Sartre, pas mort
Q: How many existentialists does it take to screw in a lightbulb?
A: Two. One to screw it in and one to observe how the lightbulb
itself symbolizes a single incandescent beacon of subjective
reality in a netherworld of endless absurdity reaching out toward a
maudlin cosmos of nothingness.
(Via Fleur.net)
La caravane passe, les chiens aboient /
A: Two. One to screw it in and one to observe how the lightbulb
itself symbolizes a single incandescent beacon of subjective
reality in a netherworld of endless absurdity reaching out toward a
maudlin cosmos of nothingness.
(Via Fleur.net)
La caravane passe, les chiens aboient /
Sa jolie maison de montagne
Via Brain Not found, l'histoire de ce bloggueur qui a redécouvert un article d'un équivalent anglais de "Maisins et Jardons" faisant une charmante petite apologie du Führer et de ses goûts en matière de décoration et de fleurs coupées. Le plus inimaginable reste les réactions de rejet, les attaques et même les applaudissements néo-nazis qu'il a subi pour avoir "oser" publier cette triste page d'histoire. Le dit magazine, qui existe toujours et appartient à Time Warner, a essayé de l'empêcher de continuer à publier l'article pour cause de droit d'auteur (qu'est-ce qui faut pas entendre) : le bloggueur a gagné, cependant.
Une pétition a été lancé par les organisations d'étude de l'Holocauste et de "la faillite des médias occidentaux" à reconnaître la menace nazi dans les années 30 pour que l'article puisse continuer d'être publié.
La caravane passe, les chiens aboient /
Une pétition a été lancé par les organisations d'étude de l'Holocauste et de "la faillite des médias occidentaux" à reconnaître la menace nazi dans les années 30 pour que l'article puisse continuer d'être publié.
La caravane passe, les chiens aboient /
40/0
J'hésite : père indigne, mari dégueulasse (ben oui, baiser avec une serveuse de restaurant pendant que sa femme accouche, c'est quand même profondément immonde), ou tout simplement l'homme le plus con de la terre qui publie son autobiographie, dont on sait maintenant pourquoi elle se vend (et ce n'est pas pour entendre parler de Tennis).
(Via Moorish Girl)
La caravane passe, les chiens aboient /
(Via Moorish Girl)
La caravane passe, les chiens aboient /
Jalousie
Alors que les ventes de livres vont (paraît-il) mal en France, malgré une orgie de publication à chaque rentrée plus indécente, le mois de Septembre a été plutôt bon aux USA (surtout pour les livres pour enfants). Voilà pour les imbéciles qui m'ont sorti que les Américains étaient illettrés.
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Fairy tales are more than true : not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten.
G. K. Chesterton
(Enfin l'occasion de mentionner ce blog de citations qui, il y a quelque temps, m'a fait l'honneur d'apprécier les oeufs de mon Goethe Je lui retourne la politesse : Guillemets)
PS : j'ai failli vous mettre : "A mesure que je vieillis, je crois de plus en plus à mes propres opinions", de Paul Valéry, puis je me suis dit : un peu d'humilité, Heileen, que diable ! Mais quand même.
La caravane passe, les chiens aboient /
G. K. Chesterton
(Enfin l'occasion de mentionner ce blog de citations qui, il y a quelque temps, m'a fait l'honneur d'apprécier les oeufs de mon Goethe Je lui retourne la politesse : Guillemets)
PS : j'ai failli vous mettre : "A mesure que je vieillis, je crois de plus en plus à mes propres opinions", de Paul Valéry, puis je me suis dit : un peu d'humilité, Heileen, que diable ! Mais quand même.
La caravane passe, les chiens aboient /
Et en plus, il ne croit pas aux fantômes
La trilogie de Philip Pullman, La Croisée des Mondes, va être adaptée au théâtre. Si cette nouvelle ne vous a pas fait bondir au plafond, c'est que vous n'avez pas lu la trilogie (ce à quoi vous allez remédier sur l'heure, allez grouillez-vous !) : outre qu'il s'agit d'un texte énorme presque impossible à réduire à son plus simple appareil (du coup la pièce fera paraît-il six heures : beaucoup trop court !), il s'agit surtout de fantasy, mettant en scène des ours polaires en armures qui parlent, des personnages grands comme la paume de la main chevauchant des libellules, de la "poussière" représentant le principe divin (en fait c'est un peu plus compliqué ; lisez ces livres nom d'un chien), et surtout des daemons, des animaux représantant l'âme et la concience des héros, changeant constamment de forme selon l'humeur de leur "maître" ou les circonstances. Un casse-tête, non ?
Pour en savoir plus (et hurler en découvrant que les héros de douze ans sont joués par des acteurs d'une vingtaine d'années).
Dans la même veine, un article de L'Observer fait aussi quelques petits commentaires sur la pièce mais pour mieux embrayer sur le sujet autrement plus intéressant des "crossover novels", ces romans écrits pour les enfants, et lus également par les adultes :
"Adam Phillips, the critic and pychoanalyst, suggests that childhood does resemble for some adults a 'foreign country' which they revisit through children's books, hoping to find they still speak the language. He is fascinated by the reasons adults elect to read children's books. He thinks we idealise authors who achieve what we don't have ourselves, an 'immaculate communication' with children. These authors, he adds, may have their own version of this fantasy and hope, through their writing, to become a 'spellbinding parent who can entrance the child'. Such authors have become 'cultural icons', he adds. (No wonder Madonna is trying to get on the bandwagon.)
Hytner does not reject the 'crossover' novel as a category; he seems to entertain a brisk nostalgia for adolescence, saying: 'I genuinely believe teenagers ask the big questions that we have no time to ask for most of the rest of our lives.' He thinks that what makes the Pullman trilogy so 'exciting and specifically teenage is the ferment of big, metaphysical ideas'. He loves the way that 'narrative excitement in the books is matched by intellectual excitement'. He hastens through a list: 'Why are we here? Is there a God? If so, why is he so indifferent to our welfare? What constitutes a moral act? And does the end justify the means - all the big questions are there.' "
C'est également le moment de mentionner que Philip Pullman sort une "suite" à cette trilogie : une nouvelle évoquant l'héroïne de l'histoire quatre ans après les trois livres. Lyra's Oxford (accompagné d'une carte de l'Oxford imaginaire du livre) ne sortira pas en France avant mars ou avril 2004. En attendant le déjà célèbre Book of Dust qu'il est en train d'écrire, véritable encyclopédie de son monde.
(Via The Complete Review)
Et Last But Not Least, Philip Pullman a écrit un article sur les fantômes en littérature pour Halloween : de la difficulté d'écrire quelque chose de crédible quand soit-même on ne peut pas y croire.
(Via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
Pour en savoir plus (et hurler en découvrant que les héros de douze ans sont joués par des acteurs d'une vingtaine d'années).
Dans la même veine, un article de L'Observer fait aussi quelques petits commentaires sur la pièce mais pour mieux embrayer sur le sujet autrement plus intéressant des "crossover novels", ces romans écrits pour les enfants, et lus également par les adultes :
"Adam Phillips, the critic and pychoanalyst, suggests that childhood does resemble for some adults a 'foreign country' which they revisit through children's books, hoping to find they still speak the language. He is fascinated by the reasons adults elect to read children's books. He thinks we idealise authors who achieve what we don't have ourselves, an 'immaculate communication' with children. These authors, he adds, may have their own version of this fantasy and hope, through their writing, to become a 'spellbinding parent who can entrance the child'. Such authors have become 'cultural icons', he adds. (No wonder Madonna is trying to get on the bandwagon.)
Hytner does not reject the 'crossover' novel as a category; he seems to entertain a brisk nostalgia for adolescence, saying: 'I genuinely believe teenagers ask the big questions that we have no time to ask for most of the rest of our lives.' He thinks that what makes the Pullman trilogy so 'exciting and specifically teenage is the ferment of big, metaphysical ideas'. He loves the way that 'narrative excitement in the books is matched by intellectual excitement'. He hastens through a list: 'Why are we here? Is there a God? If so, why is he so indifferent to our welfare? What constitutes a moral act? And does the end justify the means - all the big questions are there.' "
C'est également le moment de mentionner que Philip Pullman sort une "suite" à cette trilogie : une nouvelle évoquant l'héroïne de l'histoire quatre ans après les trois livres. Lyra's Oxford (accompagné d'une carte de l'Oxford imaginaire du livre) ne sortira pas en France avant mars ou avril 2004. En attendant le déjà célèbre Book of Dust qu'il est en train d'écrire, véritable encyclopédie de son monde.
(Via The Complete Review)
Et Last But Not Least, Philip Pullman a écrit un article sur les fantômes en littérature pour Halloween : de la difficulté d'écrire quelque chose de crédible quand soit-même on ne peut pas y croire.
(Via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
Finalement, on est tous d'accords
"C'est comme les Oscars, dit T.C. Boyle. Il y a cinq finalistes en fiction, essai, poésie et littérature pour enfants. Nous y allons tous en costard ou en robe et ils tirent le gagnant d'un chapeau."
(Via Moorish Girl)
La caravane passe, les chiens aboient /
(Via Moorish Girl)
La caravane passe, les chiens aboient /
Parce que c'est mieux en la citant
"La mort est la séparation de l'âme et du corps. Ca, c'est ce que dit le catéchisme. Pas très honnête le catéchisme. Comme si au moment de la mort, tout se passait gentiment, équitablement. A droite, l'âme. A gauche, le corps. Préservés l'un et l'autre, et satisfaits, se saluant : adieu esprit, good bye matière. Dieu du haut de son balcon saluant la séparation. L'idéal quoi. Mais moi, je sais que cela ne se passe pas ainsi. A la mort le corps est détruit, l'âme non. Pourquoi ? C'est injuste. J'ai douze ans et demi. Depuis l'âge de huit ans, je prie Dieu de faire une exception pour moi, je Lui dis Seigneur (je L'appelle souvent Seigneur, je m'imagine que, flatté, Il m'écoutera avec plus d'indulgence) je Lui dis donc Seigneur, faîtes une exception pour moi. Puisque vous êtes Tout-Puissant, détruisez mon âme plutôt que mon corps, je ne désire pas devenir poussière, limon, c'est un joli mot, limon, mais tant pis, moi je préfère rester un corps, garder ma peau, mes os, mes jambes. Je saurai me passer d'une âme, Seigneur, privez-moi de conscience, de souvenirs, d'imagination, enlevez-moi les mots, mais laissez-moi les sens."
Christine de Rivoyre, "Boy"
Si cet incipit ne vous donne pas envie de jeter ne serait-ce qu'un coup d'oeil à ce livre, alors vous êtes à désespérer.
(Comme ça, en passant, ce livre est le seul de l'auteur à avoir été traduit en anglais : vous en faîtes ce que que vous voulez de cette info...)
La caravane passe, les chiens aboient /
Christine de Rivoyre, "Boy"
Si cet incipit ne vous donne pas envie de jeter ne serait-ce qu'un coup d'oeil à ce livre, alors vous êtes à désespérer.
(Comme ça, en passant, ce livre est le seul de l'auteur à avoir été traduit en anglais : vous en faîtes ce que que vous voulez de cette info...)
La caravane passe, les chiens aboient /
mardi, novembre 04, 2003
Ma nouvelle table de nuit
Les pieds sont déjà cassés, et elle a commencé à s'enfoncer dans le plancher, comme dans des sables mouvants. C'est la faute à Gibert : trop de livres que je voulais depuis longtemps d'occas'. Beaucoup trop.
Ô ironie, l'un de mes choix est un ancien Goncourt (je ne le savais pas en l'achetant). Vous avez le droit de me lyncher, mais seulement après la fin de ma lecture quand je saurai ce qu'il vaut. (Une sucette à celui qui réussit à deviner de quel livre il s'agit)
La caravane passe, les chiens aboient /
Ô ironie, l'un de mes choix est un ancien Goncourt (je ne le savais pas en l'achetant). Vous avez le droit de me lyncher, mais seulement après la fin de ma lecture quand je saurai ce qu'il vaut. (Une sucette à celui qui réussit à deviner de quel livre il s'agit)
La caravane passe, les chiens aboient /
"La littérature est maintenant une zone dangereuse" (Michael Ondaatje)
Si seulement un livre pouvait rester un secret, être ciselé à l'écart dans une chambre. Car rien ne va s'améliorer après cela. Il y a bien sûr le plaisir de le partager, mais... mais... quand un livre est publié, il entre dans une planète publique qui pourrait être Oz, ou Gotham, ou peut-être Matrix. Il entre dans une salle des miroirs, et aucun de ces miroirs n'est fiable.
Michaael Ondaatje (auteur entre autres du Patient Anglais et du Fantôme d'Anil) discute de la confusion de plus en plus fréquente entre l'acte d'écrire et les capacités d'amuseurs publics des écrivains.
(Pardon, je m'excuse, ma traduction est pourrie,... pardon... c'est le premier paragraphe de l'article, vaut mieux le lire en anglais, et encore pardon...)
(Via ArtsJournal)
La caravane passe, les chiens aboient /
Michaael Ondaatje (auteur entre autres du Patient Anglais et du Fantôme d'Anil) discute de la confusion de plus en plus fréquente entre l'acte d'écrire et les capacités d'amuseurs publics des écrivains.
(Pardon, je m'excuse, ma traduction est pourrie,... pardon... c'est le premier paragraphe de l'article, vaut mieux le lire en anglais, et encore pardon...)
(Via ArtsJournal)
La caravane passe, les chiens aboient /
"La civilisation commence avec la distillation" (Faulkner)
Mais les alcooliques font de grands personnages littéraires. Ils sont motivés par une quête (quest-driven : si ma traduction est fausse dites le moi) et tragiques, marqués par une destiné à laquelle ils ne peuvent échapper, et pleins de passion.
(Oui, je suis dans un trip titre en forme de citation, ça vous gêne ? J'aurais pu choisir plus mauvais que Baudelaire et Faulkner, et Kafka hier, remarquez bien.)
La caravane passe, les chiens aboient /
(Oui, je suis dans un trip titre en forme de citation, ça vous gêne ? J'aurais pu choisir plus mauvais que Baudelaire et Faulkner, et Kafka hier, remarquez bien.)
La caravane passe, les chiens aboient /
"Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire." (Baudelaire)
Un blog (non non non non non un carnet pardon pardon pardon, ne me frappez pas !) sur la langue française : ses merveilles, ses douceurs, ses problèmes face à l'anglais. Découvrez un nouveau mot presque tous les jours : moi je suis aux anges d'avoir enfin découvert quelqu'un d'autre qui sait ce que veut dire coruscant( : Adjectif. Brillant, étincelant, scintillant).
Dans le même registre, un petit site de logiciels informatiques (?????) nous aide un peu pour nos problèmes de grammaire (les questions qui ont commencé à vous titiller quand malheureusement vous n'aviez plus de cours de grammaire comme : ça s'appelle comment le oe compacté, comme dans coeur, que je ne peux pas faire sur mon Blogger, mmmh ?).
(Tout cela via Language Hat, site anglo saxon (re-??????), à qui je me permet de faire remarquer que non (horreur!), le français n'est pas du Latin Très Tardif ! Manquerait plus que ça. Si c'était le cas, je n'aurais jamais souffert autant en cours de latin.)
La caravane passe, les chiens aboient /
Dans le même registre, un petit site de logiciels informatiques (?????) nous aide un peu pour nos problèmes de grammaire (les questions qui ont commencé à vous titiller quand malheureusement vous n'aviez plus de cours de grammaire comme : ça s'appelle comment le oe compacté, comme dans coeur, que je ne peux pas faire sur mon Blogger, mmmh ?).
(Tout cela via Language Hat, site anglo saxon (re-??????), à qui je me permet de faire remarquer que non (horreur!), le français n'est pas du Latin Très Tardif ! Manquerait plus que ça. Si c'était le cas, je n'aurais jamais souffert autant en cours de latin.)
La caravane passe, les chiens aboient /
Quand j'serai grande, j'serai auteur à plein temps ; et quand j'serai p'tite,... eh ben, j'boufferai de la vache maigre....
Le plus surprenant dans cet article est qu'il suggère vraiment ce traîtement n'est réservé qu'aux auteurs de livres pour enfants :
So most of the people who write and illustrate children's books have other sources of income; many have day jobs as teachers and librarians, others rely on generous spouses.
Sachant qu'en France, on considère qu'il n'existe qu'une toute petite centaine d'auteurs qui peuvent vivre de leur "art" (et les guillemets sont là pour rappeler que ces gens sont surtout Bernard Lenteric, Christian Jacq, et avant sa ruine, Paul-Loup Sulitzer), je me demande ce qui ne va pas chez nous : peut-être finalement que la France, malgré son honorable population de 60 millions d'habitants n'est pas la grande nation de lecteurs que l'on a toujours voulu nous faire croire (ô rage ! ô déception !).
Ou peut-être tout simplement que les auteurs français sont payés comme des merdes par des éditeurs qui s'en foutent comme de la queue d'une cerise tant qu'ils peuvent faire de l'argent sur leur dos. Et peut-être est-ce aussi pour ça que tous les auteurs français qui ont du plomb dans la tête rêvent de recevoir le prix Goncourt et les fabuleuses ventes qui vont avec.
Ô monde cynique !
La caravane passe, les chiens aboient /
So most of the people who write and illustrate children's books have other sources of income; many have day jobs as teachers and librarians, others rely on generous spouses.
Sachant qu'en France, on considère qu'il n'existe qu'une toute petite centaine d'auteurs qui peuvent vivre de leur "art" (et les guillemets sont là pour rappeler que ces gens sont surtout Bernard Lenteric, Christian Jacq, et avant sa ruine, Paul-Loup Sulitzer), je me demande ce qui ne va pas chez nous : peut-être finalement que la France, malgré son honorable population de 60 millions d'habitants n'est pas la grande nation de lecteurs que l'on a toujours voulu nous faire croire (ô rage ! ô déception !).
Ou peut-être tout simplement que les auteurs français sont payés comme des merdes par des éditeurs qui s'en foutent comme de la queue d'une cerise tant qu'ils peuvent faire de l'argent sur leur dos. Et peut-être est-ce aussi pour ça que tous les auteurs français qui ont du plomb dans la tête rêvent de recevoir le prix Goncourt et les fabuleuses ventes qui vont avec.
Ô monde cynique !
La caravane passe, les chiens aboient /
Prix de consolation
On lui a promis tous les prix de la rentrée, il n'en a eu aucun. Finalement, c'est le Renaudot qui s'y colle, dernier des prix "importants" de l'automne, et cela sent vraiment le coup de rattrapage : Les âmes grises de Phillipe Claudel méritaient peut-être mieux que ça. De ne pas avoir un de ces foutus prix de merde, par exemple.
Attendons de voir ce que va donner le Goncourt des Lycéens, maintenant. Parce que eux peuvent être à peu près pris au sérieux.
La caravane passe, les chiens aboient /
Attendons de voir ce que va donner le Goncourt des Lycéens, maintenant. Parce que eux peuvent être à peu près pris au sérieux.
La caravane passe, les chiens aboient /
Simple question d'arrogance
"Le cadeau un peu miraculeux que représente le prix Goncourt est plus important que celui que représenteront les autres prix."
Les jurées du Goncourt se sont lâchés hier, date officielle de remise de leur prix. Ils ont tenté d'expliquer la raison de la tentative (et échec) de tsunami de salle de bain qu'ils ont essayer de provoquer il y a dix jours en remettant le Goncourt plus tôt. François Nourissier, célèbré depuis toujours pour son humilité naturelle que tout le monde lui envie, a fait comprendre (voir ci-dessus) que leur rang de jurés Goncourt les élévait carrément à celui de Dieux parmi ces insectes que sont les auteurs.
Mais attention !, le Goncourt est si important, si unique, si... (je sèche), qu'il ne peut pas récompenser un livre déjà reconnu par ses pairs : si leur auteur venait à être récompensé (allez prenons au hasard le cas de cette année) par l'Académie Française, il faudrait que les jurés, quoi de plus naturel, renient leur choix et choisissent un autre gagnant. Parce que bien sûr, il n'est pas question de récompenser un bon livre, mais de faire simplement briller le blason du Goncourt. Qui a bien pu suggérer un jour que c'était une question de littérature? Ou même d'intégrité.
Parce que ne croyez pas que les jurés eux-mêmes prennent tout ce cirque au sérieux (sauf Nourissier) : maintenant, il votent même par téléphone portable, depuis la Tunisie (comme Michel Tournier cette année). Ce serait vraiment trop leur demander d'interompre leurs vacances pour quelque chose d'aussi trivial. Quoique, maintenant que j'y réfléchi, Tournier n'était probablement plus en vacances, hier, date officielle de remise du prix...
Allez, va, le mot de la fin revient à Edmonde Charles-Roux : "Sommes-nous insolents? Peut-être. Ludiques? Peut-être aussi". Sûrement, oui.
La caravane passe, les chiens aboient /
Les jurées du Goncourt se sont lâchés hier, date officielle de remise de leur prix. Ils ont tenté d'expliquer la raison de la tentative (et échec) de tsunami de salle de bain qu'ils ont essayer de provoquer il y a dix jours en remettant le Goncourt plus tôt. François Nourissier, célèbré depuis toujours pour son humilité naturelle que tout le monde lui envie, a fait comprendre (voir ci-dessus) que leur rang de jurés Goncourt les élévait carrément à celui de Dieux parmi ces insectes que sont les auteurs.
Mais attention !, le Goncourt est si important, si unique, si... (je sèche), qu'il ne peut pas récompenser un livre déjà reconnu par ses pairs : si leur auteur venait à être récompensé (allez prenons au hasard le cas de cette année) par l'Académie Française, il faudrait que les jurés, quoi de plus naturel, renient leur choix et choisissent un autre gagnant. Parce que bien sûr, il n'est pas question de récompenser un bon livre, mais de faire simplement briller le blason du Goncourt. Qui a bien pu suggérer un jour que c'était une question de littérature? Ou même d'intégrité.
Parce que ne croyez pas que les jurés eux-mêmes prennent tout ce cirque au sérieux (sauf Nourissier) : maintenant, il votent même par téléphone portable, depuis la Tunisie (comme Michel Tournier cette année). Ce serait vraiment trop leur demander d'interompre leurs vacances pour quelque chose d'aussi trivial. Quoique, maintenant que j'y réfléchi, Tournier n'était probablement plus en vacances, hier, date officielle de remise du prix...
Allez, va, le mot de la fin revient à Edmonde Charles-Roux : "Sommes-nous insolents? Peut-être. Ludiques? Peut-être aussi". Sûrement, oui.
La caravane passe, les chiens aboient /
lundi, novembre 03, 2003
388£/mot
JK Rowling a gagné 125 millions de livres cette année, ce qui paraît-il met la côte de chaque mot de l'Ordre du Phénix (environ 750 page en version britannique, et 900 dans la future version française) à 388£.
Chez moi le mot est beaucoup plus abordable : je vous le fais à 15 centimes d'euros l'un. Si vous êtes intéressé, adressez une lettre courtoise à la Webmastrice qui la prendra en considération.
La caravane passe, les chiens aboient /
Chez moi le mot est beaucoup plus abordable : je vous le fais à 15 centimes d'euros l'un. Si vous êtes intéressé, adressez une lettre courtoise à la Webmastrice qui la prendra en considération.
La caravane passe, les chiens aboient /
"Ma dernière volontée sera fort simple : je demande que tu brûles tout"
Ainsi parlait Kafka à son célèbre exécuteur testamentaire qui refusa catégoriquement : heureusement pour nous. Mais Kafka est loin d'avoir été le seul à formuler une telle requête. Les cas d'oeuvres, de manuscrits, de brouillons qui auraient dû restés inconnus sont nombreux : Virgile, par exemple, voulait que l'on détruise son Enéide (il n'avait pas réussi à le faire lui-même). Dernièrement, c'est un des carnets de brouillons de Thomas Hardy (Tess D'Urberville, Jude l'obscur) que sa femme oublia de détruire avec le reste de ses papiers personnels qui s'offre le plaisir de la publication : le 'Facts' Notebook.
Cette publication est une chance que beaucoup d'auteurs ont préferré ne pas laisser à la postérité : laisser à son exécuteur testamentaire le soin de choisir, c'est déjà prendre en compte qu'il puisse ne pas obéir à vos voeux, et d'un certaine manière accepter cette fatalité. C'est pourquoi beaucoup d'auteurs ont préferré s'atteler eux-même au sale boulot, et on ne cessera jamais de regretter que Gogol ai décidé de brûler la seconde partie des Ames mortes...
(Via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
Cette publication est une chance que beaucoup d'auteurs ont préferré ne pas laisser à la postérité : laisser à son exécuteur testamentaire le soin de choisir, c'est déjà prendre en compte qu'il puisse ne pas obéir à vos voeux, et d'un certaine manière accepter cette fatalité. C'est pourquoi beaucoup d'auteurs ont préferré s'atteler eux-même au sale boulot, et on ne cessera jamais de regretter que Gogol ai décidé de brûler la seconde partie des Ames mortes...
(Via Bookslut)
La caravane passe, les chiens aboient /
"It is extraordinary, an act of illiterates, to give prizes for literature."
Geoffrey Grigson (poète et critique canadien)
La caravane passe, les chiens aboient /
Geoffrey Grigson (poète et critique canadien)
La caravane passe, les chiens aboient /
Dix petits acteurs
L'adaptation des Dix petits nègres d'Agatha Christie au Théâtre du Palais Royal, ce doit être formidable. Sauf que a) je ne vois pas trop l'intérêt de changer le titre en "Devinez-qui ?" (urgh !), ils ont peur de quoi ? que SOS racisme les attaque pour usage abusif du mot nègre ? (ils ont même changé le nom de l'île : ce n'est plus l'île du nègre ou de la tête de nègre, mais l'île du chat... Franchement !) et b) est-ce qu'il était vraiment obligé dans la dépêche de quasiment désigner l'assassin du doigt ?
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
Quand je serai référencée à la BNF
La British Library, Temple anglais de la forme écrite, a décidé que les pages web britanniques faisaient autant partie du patrimoine littéraire ("nation's published heritage", je n'invente rien) que Dickens. Il va donc falloir sélectionner le meilleur des quelques 2,9 millions de pages co.uk. Curieusement, l'article de la BBC a l'air de penser que se sont les journaux (les blogs ?) qui risquent d'intéresser la BL. Alors évidemment, moi je me mine le moral : mon blog sera-t-il assez digne du Panthéon français de l'art écrit lorsque celui-ci se lancera dans la même entreprise de fous furieux, ou resterai-je à jamais inconnue des thésards de l'an 4000 ?
La caravane passe, les chiens aboient /
La caravane passe, les chiens aboient /
100 ans, sans les dents
Il a fallut attendre que le Goncourt ait 100 ans pour qu'il soit découvert à l'étranger (en l'occurence en Angleterre), et plutôt que de reconnaître qu'il a pu un jour récompenser quelque bons auteurs (Proust, Malraux, Gary/Ajar, Gracq, Barbusse,... Si on regarde bien, on doit en trouver une bonne vingtaine, ce qui sur 100 ans n'est finalement pas si mal : pour une liste complète, merci Yahoo!News), il préferre suivre l'exemple français et cracher dans la soupe. Cela ne me gênerait pas (puisque le Goncourt est vraiment devenu la merde que l'on sait) si ce n'était pas encore une encore une facile occasion de critiquer les français en ayant l'air de ne pas y toucher : regardez les, ces cons, incapables d'avoir un prix correct, gnagnagnagna... Pas un moment, il n'est venu à l'esprit du journaliste de faire remarquer que le "plus prestigieux--et plus décrié-- prix littéraire français" était largement contrebalancé par les autres prix (pas seulement le Femina, le Renaudot, ou le Médicis, mais aussi l'Interrallié, le prix Décembre, ou tout simplment le Goncourt des Lycéens). A entendre tout le bruit fait autour du Goncourt, on a vraiment l'impression que ce serait une entreprise de salut publique que de rétablir sa valeur, alors que les autres prix font déjà ça très bien. Parler de prix littéraires français revient toujours à tourner en rond dans un cercle tout petit ; à la fin, avec un peu de chance, on a oublié que le sujet du débat était en fait la littérature.
Ps : à la fin de l'article, Christine Ferrand, la nouvelle éditrice de Livre-Hebdo, s'inquiète que le Goncourt de cette année puisse mal se vendre à cause de la présence du nom de Brecht (alias, "littérature difficile") dans le titre. La pauvre innocente a vraiment l'air de croire que les gens qui ont l'habitude d'acheter le Goncourt savent qui était Brecht : il faudrait penser à venir vivre parmi les humains, ma bonne dame...
La caravane passe, les chiens aboient /
Ps : à la fin de l'article, Christine Ferrand, la nouvelle éditrice de Livre-Hebdo, s'inquiète que le Goncourt de cette année puisse mal se vendre à cause de la présence du nom de Brecht (alias, "littérature difficile") dans le titre. La pauvre innocente a vraiment l'air de croire que les gens qui ont l'habitude d'acheter le Goncourt savent qui était Brecht : il faudrait penser à venir vivre parmi les humains, ma bonne dame...
La caravane passe, les chiens aboient /
dimanche, novembre 02, 2003
Quizzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Quizz inchiable (mais c'est amusant de tester son ignorance insondable) pour ceux qui connaissent les titres anglais des livres. J'ai trouvé les réponses 8 (Out of Africa de Karen Blixen, je crois), 15 (Moon Tiger, de Penelope Lively, et là je suis sûre), 16 (The Moonstone --La Pierre de Lune en français-- de Wilkie Collins), 21 (A Confederacy of Dunces --La conjuration des imbéciles-- de John Kennedy Toole, quoique j'avoue n'avoir pas compris la référence à la guerre de Sécession : j'ai dû lire ce livre il y a trop longtemps), 22 (G de John Berger ? ; K de Buzzati ? ; les possibilitées sont infinies), et 24 (The Life of Pi de Yann Martel). 6 sur 24 (non 5, la 22 ne compte pas) c'est un score ridicule. Honte sur moi. Si vous en trouvez d'autres, informez-moi.
PS : le 2 est peut-être Le faucon maltais (pas lu, parce que non, on ne peut pas tout lire) : étant le titre de roman policier le plus bizarre que je connaisse...
La caravane passe, les chiens aboient /
PS : le 2 est peut-être Le faucon maltais (pas lu, parce que non, on ne peut pas tout lire) : étant le titre de roman policier le plus bizarre que je connaisse...
La caravane passe, les chiens aboient /
Le chef-d'oeuvre inachevé
Il faudrait d'ailleurs n'avoir jamais écrit soi-même pour croire qu’il peut exister un achèvement absolu.
Michel Butor
Existe-t-il des œuvres que l’on puisse dire achevées ? Loin de constituer l’exception (décès de l’auteur, abandon d’un brouillon ou mutilation accidentelle du manuscrit), il se pourrait bien que l’inachèvement soit l’une des lois paradoxales de la création littéraire, et l’un des traits constitutifs de la " littérarité " des œuvres. Au vrai, on a trois bonnes raisons de le penser.
Pour en savoir plus (c'est passionnant), allez lire le texte de Butor et l'analyse critique correspondante sur l'excellentissime site de théorie littéraire Fabula.
La caravane passe, les chiens aboient /
Michel Butor
Existe-t-il des œuvres que l’on puisse dire achevées ? Loin de constituer l’exception (décès de l’auteur, abandon d’un brouillon ou mutilation accidentelle du manuscrit), il se pourrait bien que l’inachèvement soit l’une des lois paradoxales de la création littéraire, et l’un des traits constitutifs de la " littérarité " des œuvres. Au vrai, on a trois bonnes raisons de le penser.
Pour en savoir plus (c'est passionnant), allez lire le texte de Butor et l'analyse critique correspondante sur l'excellentissime site de théorie littéraire Fabula.
La caravane passe, les chiens aboient /
Ah, George, George, ce n'est pas sérieux
George Sand à Musset :
Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée
Et maintenant, relire une ligne sur deux, les phrases en gras...
La caravane passe, les chiens aboient /
Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée
Et maintenant, relire une ligne sur deux, les phrases en gras...
La caravane passe, les chiens aboient /
samedi, novembre 01, 2003
Et vice versa
"Le Goncourt est au Renaudot ce que le Femina est au Médicis alors même que le Femina comparé au Goncourt éclaire le Renaudot dans son étroit rapport au Médicis, lequel, pourtant, marque son indéfectible lien au Goncourt, dans le hors-champ paradoxal du Femina, particulièrement en contrepoint du Renaudot !"
Luc Lang, romancier
(Sinon, celle-là est vraie : "95 % des lauréats sont tombés dans l'oubli. Mais cela ne prouve rien. Voilà : il faut se faire à l'idée que le prix Goncourt ne prouve rien" Jean-Marie Laclavetine, romancier
Et celle-là est "belle" : "Le Goncourt qui a joué un vrai rôle dans ma vie, c'est Le Dernier des justes, d'André Schwarz-Bart (1959). Lu à l'Ecole normale supérieure et, surtout, au lycée de Beauvais où, dans une classe, j'avais trouvé, au tableau noir, l'inscription "Rallumez les fours". En réponse, j'en ai lu l'intégrale aux élèves, pour les faire craquer. Ils craquèrent." Catherine Clément, romancière)
Le reste des citations est dans cet article de Télérama sur le Goncourt : et non, il ne vous apprendra pas en exclusivié le nom du gagnant de l'année prochaine)
La caravane passe, les chiens aboient /
Luc Lang, romancier
(Sinon, celle-là est vraie : "95 % des lauréats sont tombés dans l'oubli. Mais cela ne prouve rien. Voilà : il faut se faire à l'idée que le prix Goncourt ne prouve rien" Jean-Marie Laclavetine, romancier
Et celle-là est "belle" : "Le Goncourt qui a joué un vrai rôle dans ma vie, c'est Le Dernier des justes, d'André Schwarz-Bart (1959). Lu à l'Ecole normale supérieure et, surtout, au lycée de Beauvais où, dans une classe, j'avais trouvé, au tableau noir, l'inscription "Rallumez les fours". En réponse, j'en ai lu l'intégrale aux élèves, pour les faire craquer. Ils craquèrent." Catherine Clément, romancière)
Le reste des citations est dans cet article de Télérama sur le Goncourt : et non, il ne vous apprendra pas en exclusivié le nom du gagnant de l'année prochaine)
La caravane passe, les chiens aboient /